Chapitre 8

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Je me retournai brusquement, comme si je voulais vérifier que je ne venais pas d'imaginer cette voix et ce bruit. Driss se tenait bien derrière, les mains dans les poches et un sourire au coin des lèvres. Il était magnifique, il portait son pantalon slim gris qui lui faisait de belles fesses et un pull Kenzo qui mettait en valeur ses pectoraux gonflés. Et son visage, comment le décrire ? Des yeux brillants, un visage doux avec une mâchoire marquée, de beaux cheveux bruns et une petite barbe de 3 jours plus que craquante.

Je crois qu'il constata à ce moment que je le contemplais, puisqu'il se rapprocha de moi, et m'enlaça par la taille. Je me sentais protégée, il me regardait du haut de son mètre 80, nos corps se touchaient. J'eus l'impression d'être sa petite perle rare. Je levai la tête, émerveillée par tant de charme, et nos lèvres se trouvèrent à nouveau à quelques centimètres. Attends, Amanda, tu comptes vraiment lui redonner tout de suite ce qu'il veut ? 

Alors que nos corps s'entremêlaient et que nos lèvres se rapprochaient, je baissai la tête et brisai la douceur du moment, ignorant royalement le désir qui me rongeait.

- Tu comptes les rappeler ? commença-t-il, alors que la connexion entre nos corps partait en fumée. 

- J'en sais rien, le principal intéressé a entendu ce que je voulais lui dire.

J'optai ainsi pour le ton sec et impersonnel. Ce moment, je me suis démenée pour l'avoir, et je ne comptais pas le gâcher en flanchant si vite. 

- Amanda, ça va au-dessus de toi et moi, l'occasion que tu as maintenant, des millions de personnes rêvent de l'avoir. Tu as 18 ans, trouve une amie avec qui partir et signe pour commercialiser ta musique. Tu verra ce que l'avenir te réserve. 

Il avait un ton extrêmement doux et attentionné. La lumière du petit matin scintillait sur sa peau mate comme une aura de douceur, une bénédiction sur un être qui me parut si sain. Mais d'ailleurs, comment il a su pour cette histoire à dormir debout ? 

- Comment tu sais tout ça ? lui demandai-je d'un ton réprobateur, renversant une énième fois l'ambiance de la discussion.

- Guillaume est un copain depuis longtemps, oui je ne traîne pas souvent avec lui mais je ne vois aucun problème à le voir en ville ou au lycée, je ne vis pas en fonction du regard des autres. Il m'a tout dit, que tu voulais faire un rap pour me faire réagir, il m'a appelé hier soir pour me parler du producteur, et aussi que tu le prenais pour ton serviteur. Quand je te disais que ça allait être difficile Amanda, c'est que tu ne vis que pour le regard des autres pour l'instant, que tu es une vraie ado. Moi j'ai pas eu le loisir de vivre comme un ado.

J'étais vexée par leur petit complot, mais je voulais aussi découvrir Driss, je le trouvais de plus en plus intéressant, mature. 

Aussi, malgré mon caractère trempé et ma fâcheuse manie à détester le fait d'avoir tord, j'eus le sentiment qu'il avait raison sur mon compte. Je m'en voulais pour Guillaume. C'est étrange, la souffrance de Driss m'attirait presque, il était si mystérieux. 

Dans l'un de mes coups de tête habituels, je réussis cette fois à lui faire ouvrir la bouche d'étonnement. 

- Très bien, tu pars avec moi.

Il eut ensuite un petit rire nerveux. 

 

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Dans la peau d'une divaOù les histoires vivent. Découvrez maintenant