Chapitre VII

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Lundi matin est arrivé trop vite à mon goût, Carlos aussi. À 8h30 précise il s'est présenté devant ma porte, il m'a à peine dit bonjour avant de me demander de lui remettre les documents signés.


Une fois que ce fût fait, deux malabars sont apparus de je ne sais où, le visage dissimulé derrière des foulards, m'ont tenus les bras, avant que Carlos ne me mette un sac sur la tête.


- N'ayez craintes nous n'allons rien vous faire, mais comprenez, qu'on ne peut pas vous laisser voir le trajet pour accéder à notre repaire. Le trajet n'est pas long. Vous n'êtes pas claustrophobe rassurez-moi ?


- Non. Mais c'est très gentil à vous de me le demander.


Le trajet a duré une éternité, en tout c'est ce que je me suis dit. Puis tout à coup, la voiture s'est arrêtée et Carlos m'a tenu par le bras pour m'aider à descendre. On a marché un peu, j'ai entendu une porte s'ouvrir et se refermer, une chaise a été déplacée, et on m'a fait m'y asseoir. On m'a enlevé le sac de la tête, et on m'a apporté des viennoiseries et du jus d'orange.


- Je suis désolé pour ça, mais c'est une obligation vis-à-vis de notre sécurité, on ne peut pas se permettre de laisser à n'importe qui le moyen d' accéder à notre repaire. Prenez votre déjeuner, on a une longue journée devant nous.


Après avoir avalé ma nourriture, Carlos m'a amené dans une pièce au fond d'un couloir, pour y accéder nous sommes passés devant plusieurs membres du gang, qui malgré le fait qu'ils portaient des masques, me faisaient plus peur les uns que les autres.


Arrivé dans la dite pièce, j'ai constaté qu'il s'agissait en fait d'une grande salle aménagée. Carlos m'a devancé pour me faire visiter, mais il s'est arrêté net au milieu de la pièce. Arrivé à sa hauteur, j'ai constaté qu'un homme vêtu d'une tenue de combat noire, et d'un masque de paintball était assis derrière le bureau.


- Eh bien Carlos, ne reste pas planté là, fais les présentations.


Dis l'homme au masque à mon accompagnateur.


- Monsieur, si je puis me permettre, vous n'êtes pas censé...


- Carlos... Les présentations, c'est un ordre.


- Ebony, voici le leader des Calaveras Negras, c'est lui qui fait régner l'ordre ici, et vous êtes très chanceux qu'il ait accepté de vous ouvrir nos portes, et surtout de vous adresser la parole.


M'annonça Carlos droit comme un I.


- Enchanté de vous rencontrer, monsieur...?


- Ne lui demandez pas son nom ! Vous n'avez pas à le sav-


- Carlos, soit poli envers notre invité. Tu peux m'appeler Clyde. Je suis certain qu'on va faire du très bon travail tous les deux, et que l'émission sera un succès !


- Monsieur ! Il n'a pas à connaître votre nom, ce n'était pas dans le contrat ! Je suis votre porte parole, je dois être votre intermédiaire.


- Je vais lui faire visiter. Tu peux y aller Carlos.


- Mais monsieur...


Le chef du Cartel, tout en gardant ses mains gantées sur mes épaules, s'est tourné vers Carlos, avant de lui parler en espagnol, sur un ton sec et glacial. Et je vous jure que c'est la première fois, que je voyais quelqu'un rendre l'espagnol flippant.


Carlos s'est contenté de légèrement se courber, avant de sortir de la pièce sans même m'adresser un regard.


- Voilà qui est bien mieux! Commençons la visite. Ici c'est ton bureau, tu y trouveras tout ce qu'il te faut pour travailler. Des livres, le Wi-Fi, une photocopieuse, une imprimante, un canapé si tu es fatigué. C'est joli hein !? En parlant de joli ! Comment trouves tu ton appartement ? Je l'ai fait construire uniquement pour toi.


- Oh euh c'est très gentil, il est vraiment très beau. Merci.


- Tant mieux. Viens je vais te montrer le reste.


Clyde m'a fait faire le tour de leur espèce de villa secrète pendant 45 bonnes minutes, sous les regards médusés de ses hommes de main. Et en fait, mise à part le fait que tout le monde semble avoir super peur de lui, il est plutôt gentil, pour le moment...


Arriver à la fin de la journée, je n'avais rien fait de concret, j'avais pris deux trois notes et posé quelques questions, mais mis à part ça, je n'en ai pas foutu une. Quand Carlos est venu me chercher, car il était l'heure de partir, son boss a absolument tenu à ce que je mange parce qu'il était tard.


En plaisantant j'ai mentionné à Clyde, que je n'étais pas contre le fait de voir sa tête, et sa réponse m'a un peu fait flipper.


- Oh mais ça viendra chaton. Bientôt...


Chaton... Chaton... OK...


De retour à l'appartement, j'ai salué Carlos qui ne m'avait pas adressé la parole durant tout le voyage, j'ai refermé la porte, et je suis allé me coucher.

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