J'ouvre faiblement mes yeux. Ma gorge sèche me fait mal comme si j'avalais des lames de rasoir, mes paupières sont lourdes et j'ai du mal à maintenir mes yeux ouverts. Mon estomac se tord dans tous les sens et hurle la famine, les cordes qui me retiennent les poignets dans le dos, m'ont mise la peau à vif. Ma respiration est faible et sifflante. Cela fait trois jours que je suis captive dans la cale avec les tonneaux, attachée à un poteau. Trois jours sans me laver, portant toujours les mêmes vêtements. Trois jours sans bouger, la faim et la soif me tiraillant. On ne me donne que du pain et du jambon avec un verre d'eau seulement le midi. Jamais je n'ai aussi peu mangé.
J'adore manger, je suis très gourmande et je ne prends aucun kilos. Ma sœur m'envie, elle aussi est gourmande mais puisque elle grossit facilement elle mange comme un moineau. Une chose de plus qui lui permet de me haïr. Ma sœur me haïs, moi je n'y prête aucune attention. Pour moi elle fait partie des murs depuis bien longtemps. C'est une fille haineuse qui veut toujours être au-dessus de tout le monde, se croyant plus forte que mes parents et moi. Pourtant elle est faible, pleure à la moindre remarque, elle est capricieuse, boudinée (malgré les innombrables régimes), non sportive, bête comme ses pieds et nulle en tout. Elle veut absolument me ressembler. Je suis la fille belle, mature, désirable, intelligente, au corps parfait (merci maman!), forte et adorée de mon père.
Avant j'aimais ma sœur, avant qu'elle ne soit adolescente. Maintenant je l'ignore. Dès qu'elle eut atteint l'âge de dix ans, elle voulut me ressembler, mais n'y arrivant pas elle développa une haine envers moi. Quelle pauvre fille. Quand j'avais compris ce qu'elle voulait je me suis demandée pourquoi ? Personnellement je m'en fiche d'être la plus belle, tant que je suis bien dans ma peau. La nature m'a gâtée et pas elle. Il y a des femmes bien plus enviables que moi. Mais bon moi je me contrefiche de ressembler à une princesse où à une souillon, tous ce que je veux c'est vivre, rien de plus.
Une porte s'ouvre et trois pirates entrent. Un porte une bassine assez grande pour contenir une personne, un autre deux seaux d'eau, le dernier - je lui jette un regard plein de haine en reconnaissant celui qui m'avait appelé poupée – porte une boîte de la taille d'un bras.
- Prépare-toi, ce soir tu dînes avec le capitaine et sa fille, dit ce dernier.
Alors comme ça la blonde est la fille du capitaine.
L'un des pirates vient à moi après avoir versé ces seaux pour m'enlever mes liens aux poignets. Ces derniers sont dans un état pitoyable. Ils partent sans demander leur reste.
Je me lève et m'étire de tout mon long. Mes articulations grincent et craquent. Je ne sens plus mes membres engourdis. Je fais quelques pas dans la pièce pour réactiver la circulation sanguine dans mon corps. Après ça, je fixe la bassine. Faut-il vraiment que je doive me laver dans ses conditions ? Je grimace et commence à détacher ma robe. Ce n'est pas une chose facile, entre mes doigts tremblant, mes douleurs musculaires et les multiples fermetures à dégrafer. Je termine enfin ma tâche. J'entre dans l'eau tiède avec lenteur. Mon corps nu est couvert de marques à cause de ma robe trop serrée et que j'ai portée trop longtemps. Je me frotte le corps avec l'eau – même pas de savon... -, je me détache les cheveux rapidement pour les « laver » et les rattache un peu après en chignon lâche.
Je sort de la bassine. Je n'ai rien pour m'essuyer et je commence à geler. Je pris la boîte et l'ouvre. Dedans se trouve une robe blanche arrivant à hauteur des genoux. Le bas de la robe a des motifs de flammes noirs cousus. Il y a aussi des bottes noires, un manteau de fourrure noir s'arrêtant au niveau des côtes et des gants en cuir dans la boîte. Je cherche les sous-vêtements mais je ne trouve qu'une culotte. Je la mets, me dirige vers mon ancienne robe et déchire une partie du tissu que je me mets pour faire office de soutien-gorge. Et enfin j'enfile la tenue complète qui m'a été donnée. Je coiffe mes cheveux en natte. Même si je ne suis plus sur le continent de Coldia, je respecte toujours les règles que l'on m'a inculquée dès mon plus jeune âge. Les femmes ne doivent pas avoir les cheveux détachés, elles ne doivent pas avoir de relations avant le mariage et doivent se marier à dix-neuf ans.
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Rebelle
Science FictionOlivia vit dans une société coupé du reste du monde. Capturée lors d'une attaque de Rebelles, elle doit choisir dorénavant dans quel camp elle doit se battre. Elle est alors écartelée entre le refus de croire que son peuple est l'auteur de la destru...
