Bon, désolée, c'est le tout dernier chapitre que j'ai en réserve ! Je suis encore plus désolée parce qu'il n'est même pas entièrement écrit, en vérité, il est à peine entamé mais je préfère le publier quand même !
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Ses livres coincés entre ses bras et sa poitrine, ses cheveux grossièrement rassemblés en un chignon déstructuré par sa démarche pressée et ses joues rougies par cet effort, Clarke n'a qu'une idée en tête : arriver à l'heure à son premier cours de l'année. Du haut de ses treize ans, la jeune fille fait sa rentrée dans ce qui correspondait au neuvième grade aux États-Unis, à la troisième en France, au secondaire trois au Québec, avant le Cataclysme. Aujourd'hui, les classes n'ont plus vraiment de noms désignés.
Ayant passé une classe, Clarke se sent un peu anxieuse à l'idée d'être en cours avec des enfants plus âgés qu'elle. Son angoisse n'a pas le temps de s'intensifier puisqu'elle arrive finalement devant sa classe. Son corps se précipite à l'intérieur de la salle quand, sans qu'elle ne puisse réagir, toutes ses affaires se retrouvent par terre.
— Tu peux pas faire attention !
Le regard de Clarke s'élève jusqu'à tomber sur l'émetteur de cette remarque. Ses sourcils se froncent devant le garçon s'affichant devant elle. Quelques mèches de ses cheveux bouclés retombent sur son front, camouflant quelques millimètres de ses pupilles cuivrées dans lesquelles dansent une lueur de défi. Sans qu'elle ne puisse l'expliquer, le cœur de Clarke s'accélère dans sa poitrine. Un tout nouveau sentiment éclôt en elle : un subtil mélange entre l'intimidation et l'exaspération causée par son comportement provocateur.
Sans prendre la peine de répondre à sa réflexion, elle se baisse, ramassant ses livres. Un grognement s'échappe de sa bouche lorsque le garçon envoie valser son bouquin avec un coup de pied. « Ça t'amuses, abruti ? », bougonne-t-elle en sa direction.
Les lèvres de l'intéressé se relèvent en un sourire satisfait.
— Plutôt, oui, répond-t-il d'un calme agaçant. Princesse.
Un grommellement s'évade à nouveau de la bouche de Clarke qui s'attèle une nouvelle fois à ramasser ses affaires.
— Attends... Tu viens de m'appeler « abruti » ? remarque le garçon dans un froncement de sourcils.
Les commissures des lèvres de la jeune fille se redressent.
— Et toi, tu viens de m'appeler « princesse » constate-t-elle en se relevant.
Leurs yeux se rencontrent, illuminés par l'agacement, le jeu auquel ils jouent et par quelque chose qu'aucun des deux n'arrivent encore à identifier. Leur contact visuel est écourté par le rappel à l'ordre de leur professeur.
— Au fait, mon nom c'est pas « l'abruti » mais Bellamy, lui glisse-t-il en allant s'asseoir à sa place.
— Et moi ce n'est pas « princesse » mais Clarke.
Elle imite Bellamy puisqu'elle s'installe finalement sur la dernière chaise libre qui se trouve être juste derrière lui. « D'accord, princesse », entend-t-elle finalement. Son pied vient cogner contre le tibia de son voisin qui lui jette un regard noir par dessus son épaule.
— Oups, est la seule excuse que Clarke adresse à un Bellamy exaspéré.
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Des flashs de sa première rencontre avec le jeune homme s'affichent dans l'esprit de Clarke alors que des bribes de phrases sont perçues par ses oreilles. Finalement, tous ses sens sont tournés vers ce souvenir, se rappelant cette sensation terriblement enivrante : le fait de se sentir vivante. À mi-chemin entre l'endormissement et l'éveil, les paupières de Clarke s'entrouvrent, mitraillées par la lumière — aussi faible soit-elle — fonçant tout droit vers ses pupilles à peine visibles. Plus le sommeil s'éloigne, plus son souvenir semble s'évaporer avec lui. Ses yeux finissent par s'ouvrir complètement, lui offrant une vue sombre sur le vaisseau dans lequel elle se trouve. Il lui faut quelques minutes pour reconstituer le puzzle de la situation et pour se rendre compte qu'elle se trouve bien sur Terre.
Ses sourcils se froncent lorsqu'elle sent une pression au niveau de ses doigts. Son regard balaye la pièce jusqu'à se poser sur Bellamy, la tête apposée contre son ventre, sa main entortillée à la sienne. Bien qu'il soit assoupi, son visage n'a pas l'air tranquille pour autant. Au contraire, une expression inquiète déforme ses traits.
C'est avec un Bellamy à moitié endormi sur elle, avec un esprit torturé et une douleur sourde au niveau du bas de son ventre toujours sensible que la réalité s'abat sur Clarke, lui perçant le crâne tellement elle est cruelle.
L'insupportable réalité, c'est que Bellamy ne mérite pas toutes ses souffrances. La vérité, c'est que cette souffrance, c'est elle qui lui inflige. Il l'a accusé de trahison, certes, mais Clarke l'a laissé faire, causant encore plus de dégâts à la fin. Parce qu'en plus de la détester elle, il se haït lui-même. Elle ne peut pas se résoudre à lui imposer une nouvelle épreuve, un nouveau déchirement.
Pour couronner le tout, ils se trouvent désormais sur Terre, ce qui fait que leur vie pourrait être plus courte qu'ils ne le souhaiteraient. Encore une souffrance supplémentaire. Non, c'est impossible. Elle doit le préserver, se détacher de lui, disparaître de sa vie, s'effacer de son cœur, même si lui ne sera jamais gommé du sien.
Ses lèvres se déposent sur son front tandis qu'une larme dégouline le long de sa joue. Une fois sa bouche séparée de la peau de Bellamy, Clarke se promet de se montrer forte, de se forger une carapace indestructible. Il le faut, pour lui. Cette larme est la dernière qui s'échappait de son œil. Sur cette planète, une nouvelle personne allait naître. Et Clarke ferait tout pour que cette personne répare les dégâts qu'elle a causé dans le cœur de Bellamy. La seule chose qui peut servir de remède à cet organe brisé, c'est le temps. Probablement une vie entière. Ce nouveau départ lui donnerait tout le temps nécessaire, en commençant par couper les ponts avec lui, en brisant le chemin entre leurs deux cœurs complètement à la merci l'un de l'autre.
— Princesse... murmure Bellamy en appuyant ses lèvres contre la main de Clarke.
Sa mâchoire se serre en pensant aux paroles dures et froides qui vont bientôt sortir de sa bouche. « Une dernière chute pour mieux se relever ensuite. », pense-t-elle en se convaincant que le laisser partir est la meilleure alternative.
— Je ne peux pas... chuchote Clarke d'une voix dépourvue d'émotions.
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Believe in Earth
Fanfic« Clarke et Bellamy s'offrent mutuellement une émotion très importante qui peut faire la différence entre la vie et la mort, entre la haine et l'amour, entre la tristesse et la joie : l'espoir. » « Je t'aime tout le temps, chaque seconde de chaque m...