RÈGLE N°3

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NE PAS TROP CHAHUTER

— Qu'est-ce qu'on va faire ? demanda tout à coup Joe.

Trois heures. Ça faisait trois heures qu'on était bloqués dans cette foutue cave. Et dans le noir en prime.

Je le sais parce qu'on avait quand même eu le temps de voir le soleil se coucher à travers les petites vitres de la pièce. Bon, et aussi parce que mon père avait eu la bonne idée d'accrocher une horloge solaire derrière la porte. Il était tout juste onze heures. Mes parents ne rentreraient pas avant minuit. Et on n'avait aucun espoir pour que la famille de Joe ou celle de Willy s'aperçoivent de leur disparition.

— Qu'est-ce que tu veux faire ? lui répondis-je.

— Je... Je sais pas... Mais on ne peut pas rester là ! Il faut qu'on fasse quelque chose !

— Comme quoi, Einstein ? rétorqua alors Willy. Il y a un fou furieux qui nous attend en haut !

— La faute à qui à ton avis !? répliqua Joe. Si t'avais pas fait ta blague débile !...

— Oh, parce que c'est ma blague maintenant ?! Raconte pas n'importe quoi, Joachim, t'étais aussi partant pour le faire à la base !!

— M'inclus pas dans ta merde !! Personne t'a demandé d'accuser ce type d'être un pervers pédophile !!!

— Qu'est-ce que t'essaye de me dire, sale fiotte ?! Que c'est à cause de moi que ce malade s'est pointé ici ?!

— Ça suffit punaise !!! hurlai-je.

Les deux se turent et me dévisagèrent. Bon, eh bien ils m'obéissaient, j'avoue que je ne m'y attendais pas à ça par contre. Il fallait que j'enchaîne avec un truc bien, un truc intelligent qui allait réussir à tous nous unir, un truc que seul le personnage principal dirait :

— Moi aussi je flippe.

Crétin. Crétin crétin crétin. La lumière de l'extérieur fit briller les larmes qui perlaient au coin des yeux de Joe. J'entendis le chien de ma voisine qui aboyait. Willy se mit à soupirer. Bon, et bah pour le discours inspirant, on pouvait repasser.

— Mes parents vont finir par rentrer, enchaînai-je. Ils vont appeler la police et...

— La police ! s'écria tout à coup Joe en sautant sur ses pieds. J'ai pas mon téléphone, mais toi tu dois bien avoir le tien Will ! Tu peux appeler la police !!

Toujours assis au sol, mon ami tourna la tête vers lui et lui lança un regard dédaigneux.

— Tu crois vraiment que c'est pas la première chose à laquelle j'ai pensé, imbécile. J'ai oublié mon téléphone chez moi.

Je levai les yeux au ciel. On était pas mal-barrés ! Je pouvais toujours essayer de monter pour atteindre la vitre de la cave, mais je n'avais pas trente-six mille choix possibles ensuite. Soit j'arrivais par un heureux miracle à casser la fenêtre, soit je me fracturais le coude. Au choix. Ou sinon il y avait aussi la possibilité que le vieux taré se trouve juste de l'autre côté. Encore mieux.

De toute façon, vu la taille de la fenêtre, au mieux on aurait seulement pu passer nos bras à l'extérieur. On pouvait toujours se mettre à crier au secours, mais Mme Reyfild était ma seule voisine la plus proche, et allez savoir pourquoi, mais je doutais de nos chances de survie si notre seule espoir était une vieille femme de quatre-vingts ans, sourde comme un pot.

— Laissez tomber. C'est foutu, on peut pas sortir d'ici, soufflai-je en me laissant tomber sur les fesses.

— Alors quoi ?! On attend bien sagement ici que l'autre malade et sa femme viennent nous crever ?! s'énerva tout à coup Joe.

HéloïseDes histoires addictives. Découvrez maintenant