9. Recherches

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Cette nuit là, Sawako dormit dans les bras d'Aomine. Lui ne ferma pas l'œil. Il passa ces longues heures à la regarder, à scruter son visage endormi et à repenser à ce qu'elle avait dû vivre. Il avait envie de retrouver ce mec, de le retrouver et de le fracasser. Ce n'est que quand les premiers rayons du soleil filtrèrent entre les rideaux qu'Aomine sombra enfin dans le sommeil.

Sawako se réveilla peu de temps après. Elle se sentait étrange après avoir autant pleuré, après avoir parler de sa relation avec Genki pour la première fois et après avoir embrassé Aomine. Est-ce que ce qui c'était passé entre eux la veille signifiait qu'ils étaient en couple ? Si oui, est-ce que c'était vraiment une bonne idée ? La jeune femme ne voulait pas mêler le policier à toute cette histoire mais elle avait aussi très envie d'être avec lui. Il la rendait complètement folle. Tout ça formait un tourbillon d'émotions qu'elle avait du mal à gérer.
Elle se retourna dans le lit pour jeter un œil au réveil sur la table de nuit et son regard croisa celui d'une jeune fille d'environ seize ans avec un joli visage fin encadré de longues mèches roses et un sourire lumineux. Sur la photo, la rose était assise entre les jambes d'Aomine qui avait posé son menton sur le haut de son crâne et qui semblait décidé à l'embêter. De toute évidence, ils étaient très proches pourtant il n'avait jamais parlé d'une telle personne. Pourquoi ?

Sawako se leva le plus discrètement possible pour ne pas réveiller le brun. Mais ce dernier semblait dormir profondément et à l'exception d'un petit grognement en se retournant sur le ventre, il ne broncha pas. La jeune femme s'aventura dans la cuisine pour trouver de quoi se faire un café et revint dans le salon avec une tasse fumante entre les mains. Elle déambula dans la pièce pour découvrir peu à peu l'univers d'Aomine Daiki, son doigt effleurant les DVDs, les CDs, les magazines. Posé sur une étagère, un cadre avec une photo montrait des adolescents en train de rire, la Génération Miracle probablement, accompagnés de la même jeune fille aux cheveux roses. Sawako tomba alors sur un exemplaire de Basket Magazine avec Aomine en couverture. Elle le feuilleta pour lire rapidement l'article qui vantait les talents du brun et l'annonçait comme l'un des futurs grands du basket-ball. D'ailleurs, vers la porte d'entrée, un ballon orange et un sac de sport prouvaient que le Aomine Daiki de la Génération Miracle n'avait pas complètement disparu.
Pourquoi ne pas avoir continuer dans cette voie toute tracée pour lui? Lui qui était considéré comme un monstre imbattable, l'As de la GM.
Sawako reposa les yeux sur le visage adolescent d'Aomine et sur ses immenses yeux bleus saphir. Il était déjà beau, gamin, avec cet air sûr de lui. Lors d'un vrai match, elle imagina facilement à quel point il devait être impressionnant étant donné, l'aura de puissance qu'il dégageait au quotidien. Elle aurait vraiment aimé le voir jouer sur un parquet sérieusement au moins une fois.

- Sawako ? Qu'est-ce que tu fais avec ces vieux trucs ? demanda la voix ensommeillée d'Aomine dans son dos.

La brune sursauta légèrement et le dévisagea quelques secondes avant de réaliser qu'elle tenait toujours dans ses mains le cadre photo et le magazine.

- Excuse-moi, dit-elle en reposant précipitamment les objets. Je...je me demandais juste pourquoi tu avais arrêté le basket ? Tout le monde te voyait déjà devenir pro et...

- J'ai grandi, c'est tout. C'est la vie et ça s'arrête là... la coupa t-il avant de bailler bruyamment. Tu travailles aujourd'hui ?

- Oui, d'ailleurs, je ne vais pas t'embêter plus longtemps et je vais y aller, annonça t-elle en allant reposer la tasse dans l'évier. Merci encore de m'avoir hébergé, hier soir...

- Sawako, en parlant d'hier soir. Ce qui s'est passé entre nous...

C'est ce qui me semblait, songea la brune les yeux fermés en attendant que le couperet tombe. Je me suis fait des illusions, il voulait seulement être gentil, me consoler...

- Tu regrettes ? finit par demander Aomine.

- Quoi ? s'étonna Sawako. Non ! Absolument pas ! Et toi ?

Il s'avança vers elle, si proche qu'elle dû lever la tête pour le regarder dans les yeux, et il glissa l'une de ses mèches noires derrière son oreille avant de lui susurrer :

- Tu veux que j'te montre tout de suite à quel point je regrette pas ?

Le brun enlaça sa taille fine pour la plaquer contre lui et se pencha pour l'embrasser avec passion. Sawako laissa ses doigts caresser de bas en haut les bras musclés qui la serraient et se laissa porter par le baiser. Il embrassait terriblement bien et elle perdit rapidement pied, en voulant plus. Mais Aomine lâcha ses lèvres, la laissant à bout de souffle et légèrement déboussolée. 

- Je...euh...je dois aller...bosser... marmonna t-elle en titubant jusqu'à la porte d'entrée sous le regard à la fois fier et amusé d'Aomine.

La journée de Sawako se déroula comme un vendredi ordinaire, si ce n'est que ses pensées ne cessaient de dériver vers ce baiser fantastique et vers un brun ténébreux qui devait passer sa journée à roupiller ou affalé sur son canapé.
 
  

- Attends, Aomine ! Ce que tu me demandes de faire...tu sais que je n'ai pas le droit !

- Allez, Tanao...j'te le revaudrais ! insista Aomine en civil, adossé contre le mur dans un des bureaux de son poste de police. Ce type est un connard de première qui prend son pied en tabassant des femmes ! J'te jure que je ferais rien, je veux le surveiller c'est tout...

La dénommée Tanao était une femme d'une trentaine d'années, rousse aux yeux verts et au visage rempli de douceur, qui travaillait avec Aomine dans les bureaux du poste. Elle était très douée en informatique et réussissait à trouver l'adresse, où tout autre renseignement, sur n'importe qui. Malgré leur différence d'âge, elle trouvait son jeune et athlétique collègue sexy à tomber et avait beaucoup de mal à lui dire non.

- Je te connais, Aomine, répliqua Tanao. Je sais ce que ça veut dire pour toi surveiller... tu te rappelles le barman de ce bar en centre-ville ! T'as failli perdre ton job à cause de ça...

- Bien sûr que j'm'en souviens ! Cette enfoiré servait de l'alcool à des mineurs... c'est à cause de lui que...Il s'interrompit brusquement. Mais j'assume ce que j'lui ai fait et si il fallait je recommencerais !

- Je vois, soupira la rousse. Qu'est-ce que tu veux savoir sur... Comment il s'appelle ton gars déjà ?

- Kazehaya Genki. Je veux la totale, son adresse, son boulot, sa famille, son casier et où il est vit à Tokyo.

- J'espère qu'elle en vaut la peine, pour risquer ton job...et le mien! lâcha Tanao en commençant à pianoter sur son ordinateur. Au fait, je sais que tu bosses pas aujourd'hui mais j'ai autre chose qui pourrait t'intéresser...

- Quoi ?

- On a finit de faire les recherches sur les types louches qui traînent autour du bar que tu surveilles. Ça pas été facile, puisque la première agression supposée remonte à presque cinq ans et que le témoignage n'était pas très clair...mais on a réussi à trouver quelques pistes à creuser. T'emballes pas, hein ! C'est que des suppositions pour le moment...

- Ok, mais dis le moi dès que vous avez quelques choses de concret, marmonna Aomine déçu de voir que rien n'avançait de ce côté là.

- Tiens, voilà tes infos sur ce Kazehaya, dit Tanao en lui tendant une enveloppe en papier kraft. Évites de nous attirer des ennuis, Aomine, d'accord ?

- Mouais... merci encore !

En sortant du poste, le brun jeta un coup d'œil à l'heure et décida d'aller rendre visite à Satsuki, avant d'aller retrouver Sawako à son travail. Il préférait être prudent et ne pas laisser d'occasion à cette ordure de l'approcher.

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