Quand la terre gronde et le monde brule, quand s’embrase la terre et vibre la douleur, quand la boue saccagée remplace la verdure ordonnée, quand le globe est secoué par la rage incontrôlée de milliards d’êtres humains, se lèvent les chiens de guerre. Qui sont les chiens de guerre ? Il sont vous, moi, lui. Ce sont des gens normaux. Mais quand le sang appelle, ils se lèvent, plus assoiffés que les autres. Leur raison les quitte. La vie et la mort ne deviennent subitement que les concepts abstraits qu’ils ont toujours étés. Et la banalité devient la rage. Les chiens de guerres se ruent au combat, exultant, debout sous la mitraille, courant sur les baïonnettes. Et ils hurlent de joie en pensant au sang qui versera. Celui de l’ennemi ou le leur. Peu importe. Du sang est du sang. Et le chien de guerre ne veut que ça. Le triste employé de bureau devient l’effroyable monstre.
