Spasmes
Appel à minuit
En transe
Tu m'abandonnes
Je me jette contre la cloison de mon lit
Tu me laisses dans le flou
Des marques sur mon cou
Tu me jettes pour elle
Sur mes bras
Pour ses cheveux roux
Sur mes joues
Que je n'ai pas
Dans mes larmes
Pour sa patience
Baisse les armes
Que je n'ai pas
Cris étouffés
Pour cette colère
Dans l'oreiller
Que j'ai trop en moi, peut-être
Mourir, ce soir.
Une plage déserte
Du sable humide
Derniers adieux
Derniers baisers
Tu t'éloignes dans l'écume
Dans l'âme des sirènes
Et je suis seul sur cette plage
Dans les grains dorés il pleut.
Lever ce matin,
Du sang partout dans ma taie
J'ai trébuché entre-deux pas,
J'ai manqué de tomber au sol,
Je suis aspiré par un gouffre
Sans fin
Tenir dans la tempête
Tenir devant maman
Tenir devant les cours qui s'enchaînent
Tenir dans les couloirs
Tenir devant les crises
La dissociation
Tout lâcher à la cantine,
Je ne mange rien
Des traces de pluie sur ma manche,
Elle me caresse le dos
Tente de me ramener au monde
Chat
Seule voix m'appelant
Elle ne voit pas
Les bandages
L'écume du sel
La lame de la veille
Goût amer sur mes lèvres.
Sortie.
Je les vois s'embrasser
Sourires s'échangeant
Couteau dans les poumons
Les feuilles d'automne qui tombent
Dans la nuit
Sur le sol et mon cœur qui te crie
De bien vouloir m'attendre,
Je t'en supplie,
Pas sans toi, j'avais dit
Tu étais la seule raison, après tout ça
Après les coups,
Après les cris,
Après la violence,
Abusive, psychologique, sexuelle
Des autres
Toi, seule douceur, coup fatal
J'ai cru y passer
J'ai cru mourir
Me pourir les veines
Me tordre dans le caniveau
M'effacer dans le torrent de l'averse
Et puis il y a eu
Les kilos
Qui sont emportés
D'abord un,
Puis deux,
Puis trois,
Puis dix,
Puis douze,
Mes vêtements ne me vont plus,
Les vestiaires me font peur,
Pas que maman voie ça non,
Pas que les autres sentent mes os qui craquent,
Mon squelette qui se brise,
Ma charogne qui empeste,
Mon cadavre qui se précipite vers la spirale sans fond,
Je chute, interminable
Alice avait pourtant atterri non ?
J'ai l'impression d'être en retard
Avoir loupé le dernier train
Attendre éternellement dans la gare
Que tu veuilles bien m'emmener encore sur les rails
Octobre arrive
Pointe le bout de son nez
J'essuie ces larmes dans mon manteau
Arrive avec peut-être quelque chose de nouveau
Tu les remarque
Peut-être
Me serre dans tes bras
J'espère sans doute trop
Ça va aller,
Mais
Ça va aller, chat
Ce sourire là
Je te le promets
Ces cheveux qui flottent
Là que je le remarque
Elle a les yeux bleus
Je ne l'avais jamais vu avant
Avant aujourd'hui
Quand elle pose sa tête
Sur mes genoux
Elle me dit qu'elle est bien là,
Qu'elle ne veut plus bouger,
Que je lui tiens chaud,
Peut-être suis-je utile en ce monde finalement
Utile à quelque chose
Ou à quelqu'un,
Elle sourit
J'aime bien son rire
Non
J'adore son rire
Elle est jolie quand elle sourit.
Un arrêt de bus
Je sais qu'elle est là
Qu'elle reçoit tout ce que je lui envoie
C'est quelque chose de nouveau tu sais
Je ne suis pas habitué à tomber amoureux
Je ne l'ai vécu qu'une seule fois
J'ai peur
J'ai peur que la seconde tu ne la partages pas
Que ce mince petit espoir soit de nouveau bouffé et englouti par la mer
T'éloignes pas s'il te plaît
Pas maintenant
Alors elle me dit oui, elle dit oui et ça semble surréaliste parce que
J'ai connu ça qu'une fois, moi et ça m'a fait mal,
Et j'ai eu peur
Et je suis terrorisé
Et mes jambes se dérobent
Mais cette fois, cette fois
Alice ne chute pas,
Alice est emportée par le temps
Course contre la montre
Alice
Course contre le blizzard
Alice
Course contre la dépression
Petite lueur d'espoir
Doutes
Égarement
Tu ne franchis pas la porte
Toujours pas
Soirée sans toi
Soirée avec toi dans mes pensées
Premières escapades
Un pull tout doux dans une salle de ciné
Des mains qui ont du mal à s'entremêler
Tiens, une cabane
On se protège de la pluie
Viens, on marque que le blizzard doit
Bien aller niquer sa mère
Oui, viens, on vit,
Viens on s'aime dans nos galères,
On entre par effraction ici,
On y pique des bières,
Et on s'enfuit dans la nuit,
On court sur les pavés,
On éclabousse de nos cris,
Je crois que je suis amoureux
Pour de bon cette fois
Oui, viens putain on gueule
Des paroles consciencieuses
Des paroles délicieuses
On se balance,
On se blottit l'un contre l'autre,
On regarde le ciel,
Hé on est niais,
Merde, je t'aime
Tellement
On fait l'amour et c'est beau
Bordel
Je suis vivant
Viens on se marie,
Viens on brave les interdits,
C'est des saphirs,
Décembre,
Janvier,
Soirée avec toi,
Soirée dans tes draps,
Soirée contre toi,
Et le kiosque illuminé,
Qu'est-ce que t'es belle, putain,
Je veux crier aux étoiles,
Ce soir oui,
Ce soir oui, je veux passer le restant
De ma misérable vie,
Chaque lendemain,
Chaque nuit aussi,
Sur ta peau, sur tes lèvres,
Elle est contre moi,
Paupières fermées,
Elle dort,
Elle est magnifique,
Et je la regarde dormir comme ça,
Pendant de longues minutes et je me dis,
Qu'une éternité c'est pas suffisant, c'est pas suffisant,
Que la petite lueur, est maintenant,
Aussi grande qu'Aldébaran,
Tu te rends compte...
Les étoiles brillent ce soir,
Et je ne veux plus,
Pas avant d'avoir fini mon séjour ici,
Du moins,
Les rejoindre,
Promis.
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Pensées Bancales (RB)
AléatoireRecueil d'écrits en désordre, emmêlés dans tous les sens, pensées furtives, angoissantes, heureuses ou futiles. Juste un fourre-tout de ce qui me passe par la tête, moyen de faire le tri dans ce bordel là-haut.
