de la chance

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J'ai de la chance oui,
Oui je m'en rends compte.
Beaucoup de chance d'être debout, d'être sorti de la tempête.
Et ce ciel ce matin, qui se lève. Regarde comme il est neuf, comme il est différent de tous ceux que tu as connu jusqu'ici. C'est la première fois, que je me sens voler tout en gardant les pieds fermement ancrés dans la terre et que, en fermant les yeux, je m'imagine ayant pris de l'âge, au volant d'une voiture, roulant dans la nuit scintillante, regardant les étoiles. Paisible.

Il y a des rechutes c'est vrai, des moments où, les branches qui griffent se font trop pénétrantes et assaillantes sur ma peau mais, plus jamais, non, elles ne laisseront de cicatrices. Car je sais que, derrière chaque buisson de ronces il y aura une nouvelle éclaircie. Comme ce matin de Mars, où en ouvrant la porte de la maison, je ne vois plus une once d'obscurité. Il fait jour. L'hiver sera bientôt fini. Hiver, saison affreuse des souvenirs douloureux et du froid glacial, des couteaux et des larmes.

J'ai de la chance oui, de pouvoir assister une quinzième fois au Printemps, à l'éveil endormi des nouveaux espoirs. Une renaissance oui.

3 mois. 3 mois pour vivre. Enfin vivre. Avant de se séparer. Se séparer, mais jamais pour toujours. Promis ? Juré. Sur nos existences si instables. Jcrois qu'on s'est retrouvés dans nos failles, on a comblé les lambeaux de chacun, on a pansé nos plaies, on a fait des rondes. Et j'ai de la chance oui, de vous avoir croisés au détour d'une rue, dans un grand hall, dans une salle de théâtre où on jouait nos peines, sur nos lèvres où on jouait nos vies.

Et j'ai de la chance putain, qu'est-ce que j'ai de la chance. De pouvoir admirer celui que je suis, celui qui t'aime, celui qui fuit, le malheur, les ombres et guette les épiphanies. Et tu m'as dit, peut-être sous les vapeurs d'alcool, que plus rien ne comptait à part nous. Et c'est en quoi je crois, en quoi je m'accroche, en quoi j'espère.

Puisque encore une fois aujourd'hui tu as réussi à m'arracher tous les sourires que je retenais, que je ne pouvais plus offrir, depuis des mois, depuis des années, que j'étais fatigué de donner. Ces sourires que maintenant je n'arrive plus à cacher ni à stopper. Ou peut-être que je ne veux pas interrompre cette sensation de chaleur à mes joues, de feu aux tempes, d'émulsion dans le ventre, de douceur aux lèvres.

J'ai de la chance, qu'est-ce que j'ai de la chance, oui. J'embarque en voiture et contemple les aurores. Je suis en retard comme chaque matin, mais c'est pas grave,  je sprinte, et j'aime cette sensation  d'incendie dans mes poumons. Putain je cours, putain, je respire, putain je suis en vie. Et comme chaque matin, depuis quelques semaines déjà, tu es là, et tu souris, tu fais semblant de me reprendre parce que je suis à la bourre, et on continue de courir. Comme tous les matins.

Mais aujourd'hui, c'est spécial. Aujourd'hui il fait beau. Le soleil réchauffe mes joues. Et je pense tout ça, je m'agace de pas pouvoir le dire, haut et fort, de pas pouvoir l'écrire sur tous les bords.

-Hé, on a dla chance de s'être trouvés. Parce que moi, tu vois. J'aime les jours où il pleut, les temps à rester à l'intérieur, enroulée dans un plaid, ou un truc comme ça. Devant une série. Mais toi, t'aimes les jours de soleil et tu détestes être seul. Je le sais. Donc tu n'auras qu'à venir, quand il fera moche dehors, juste près de moi. Dans mes bras.

Et j'ai compris. J'ai compris que j'avais de la chance. De la chance de savoir que toutes les prochaines averses, me rendront probablement aussi heureux que ce petit matin de début de Printemps.

Pensées Bancales (RB)Des histoires addictives. Découvrez maintenant