5. Confidences

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Quelques jours plus tard, en fin de journée, les quatre étudiants se prélassent autour d'un verre dans leur bar préféré du campus.

— Alors, vous en êtes où de vos révisions pour les partiels ? demande Airelle.

Iris fait la moue. Ses entrainements lui prennent du temps, aussi son corps et son esprit sont bien occupés avec ses histoires de supers-pouvoirs. Peut-être un peu trop pour continuer sereinement ses études.

— Je crois que je vais encore avoir besoin de ton aide, Airelle...

La jeune étudiante repositionne ses lunettes sur son nez.

— Quand tu veux ma belle !

— Merci.

Iris se redresse, s'étire de tous ses membres et dit :

— Pour l'instant, j'aurais besoin de me défouler un peu.

Aloès saute sur l'occasion.

— Une partie de basket, ça vous tente ? demande-t-il.

Airelle, qui n'est pas du genre très athlétique, préfère stagner dans son fauteuil. Anthémis, assez renfermé depuis quelque temps, décide de rester avec Airelle.

— Comme vous voudrez ! dit Aloès en embarquant Iris.

Airelle observe les deux amis qui s'éloignent, puis jette un œil à Anthémis. Celui-ci regarde silencieusement le bout de ses chaussures.

— Tu n'as pas l'air très bien, lui dit-elle. Quelque chose ne va pas ?

Le garçon ne répond pas. Toujours tête baissée, il demande sur un ton neutre:

— Tu aimes bien mes chaussures ?

Airelle, surprise par la question, répond :

— Elles sont... classes. Ça change des chaussures en toile qu'on a l'habitude de voir. Pourquoi me demandes-tu ça ?

Anthémis relève la tête et dit :

— Oh...Aloès semble intéressé... Il faut que je te parle. Mais pas ici. Viens.

Airelle, intriguée, suit Anthémis jusque dans le parc. Ils s'assoient tous les deux sur un banc. Airelle attend que le jeune homme parle. Elle se demande si elle doit lui tirer les vers du nez. Mais Anthémis se décide enfin, et dit :

— Je ne sais pas trop par où commencer...

— Dis les choses comme elles viennent.

Alors, dans une sorte de flux continu de paroles monocordes, Anthémis lui raconte qu'il est un Aldrov, et que son grand-père est bien le général du même nom, mais que lui n'a rien à voir avec les affaires militaires de son aïeul et qu'il ne veut même pas en entendre parler. Il parle d'Iris, d'Aloès, et de ce qu'il a entendu dans les bois.

Airelle n'est pas étonnée des origines d'Anthémis – ni, du coup, de la qualité de ses chaussures... Elle est en revanche plus surprise de ces histoires de Clairvoyants concernant Aloès et Iris. Son amie ne lui fait-elle pas suffisamment confiance pour ce genre de confidences ? Et elle est encore plus étonnée d'entendre parler de ce Sigü.

Airelle regarde les édifices formant l'université de Bioclimat. Tout, ou presque, est subventionné ou fabriqué par Sigü ici. Ce sont ses entreprises qui fabriquent le matériel et les appareils scientifiques. Il n'y a peut-être que la machine à café du hall principal qui ne soit pas estampillée « Sigü ». Et encore, elle n'en est pas si sûre. Il a l'air de représenter un danger pour Iris et Aloès. C'est vrai qu'à bien y penser, un tel monopole a de quoi inquiéter.

IRISOù les histoires vivent. Découvrez maintenant