VI

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Cinq jours plus tard

  La vie au « Terrier » n'a rien à voir avec celle que j'ai pu connaitre au Wiltshire. Si mes parents tiennent à l'ordre et aux luxueux mobiliers, ici, chez les Weasley, la curiosité et les imprévus sont la marche à suivre. Il y a d'abord le miroir au-dessus de la cheminée, dans la cuisine. Notre dernière entrée après le Quidditch, avec les jumeaux, s'est soldée sur un cri du miroir s'exclamant « Allez vous lavez, bande de petits trolls ! ». Il y a aussi la goule logeant dans le grenier, qui se plait à hurler et à jouer avec les tuyaux de la plomberie, à chaque fois que la maison parait trop calme.
  Mais s'il n'y avait que cela ! Le plus insolite est cette façon dont Mrs Weasley a de toujours s'inquiéter à mon sujet ; constamment désireuse de me voir prendre du poids, elle espère à chaque repas me voir reprendre cinq fois du plat. Ou encore, lorsque j'ai le dos tourné, laisse fondre un mélange d'huile et de beurre dans mes épinards. Pas de chance, mon estomac ne retient pas autant de nourriture !
  Percy, lui, se comporte en fouine, prêt à tout pour « dévoiler mon vrai visage de trouble-fête ».

- Oh, Percy, voyons, Mélody est un ange tombé du ciel ! s'agace-t-elle.

  C'est lorsqu'elle retourne à ses occupations que j'adresse un magnifique sourire à son fils aîné. Percy m'en adresser un terrible regard assassin !
  Mr Weasley également, réduit à néant les espionnages de Percy pour complimenter mes dessins inspirés des objets Moldus gardés dans son garage. Tu verrais tout ce qu'il possède ! Comment ne pas en être inspiré ?

- Et qu'est-ce que c'est, ce truc, vous dites ?

- Les Moldus appellent ça « chargeur », dit Mr Weasley, sous le charme. Quelle merveille, ce dessin ! C'est fou, Mélody, c'est fou !

  Bon, autant dire que j'ai plus appris sur les Moldus en cinq jours, qu'en douze ans de vie.
  Ginny, pour sa part, a épuisé mon stock d'informations sur Harry. Et si elle n'était pas aussi amoureuse de lui, j'aurai parié que son cœur appartiendrait à James Joyce, le joueur de Baveboulles du village voisin. Je ne l'ai entraperçu qu'une fois, lors d'une dispute entre lui et Fred pour savoir la maison de prédilection de Ginny - Joyce est en dernière année à Poudlard, mais la Weasley semble avoir un faible pour sa crinière dorée. Mise à part, on a aussi essayé mutuellement toutes les coiffures imaginables, passant d'un chignon en apesanteur à une tresse à marguerites.

- Han, ça y est, c'est la bonne ! s'extasie Ginny.

- En plus, ça se tient bien pour le Quidditch ! dis-je, tout sourire. Tu vas bientôt pouvoir voltiger avec nous, ma vieille !

- Pff, pour ça, il faudrait que Maman accepte de doubler mon temps de jeu...

  Car de son jeune âge, Ginny semble avoir besoin d'une régulation de temps de Quidditch... mais surtout d'une hauteur. Arf, la pauvre !
  Une explosion résonne au-dessus de nos têtes. Les jumeaux s'exclaffent de rire et en un seul regard échangé, nous faisons de même. Si je ne passe pas mon temps avec Ginny, j'accompagne les jumeaux dans leurs « expériences » ; d'ailleurs, si à Poudlard on s'amusait énormément, en vacances, c'est le double du programme habituel. Accompagnant cela, nous avons conçu l'inventaire d'idées pour leurs Farces et Attrapes. La dernière en date : des plumes ensorcelées, qui n'auraient pas besoin d'être trempée à nouveau dans l'encre.
  Une branche manquant de peu mon oreille me fait sursauter.
  Concentration !
  Je secoue la tête et fronce les sourcils, m'accrochant au manche de mon balai pour aller encore plus vite.
  Actuellement sur la grande colline, dans le long pré que les Weasley possède, nous sommes cachés à la vue de tous par d'immenses arbres. Pratique, nous n'en faisons que nous entraîner davantage ; les jumeaux, sur leurs balais, moi ayant emprunté celui qui servait à Mr Weasley dans sa jeunesse. Et comme seule condition d'utilisation, celle de ne pas voler trop haut.
  Dans notre dos, Fred et Ron lancent des encouragements un poil excessif !
  Tête baissée, je zigzague entre les arbres. Le vent ébouriffe mes cheveux blancs serrés en une longue tresse collée. Je fends les airs au-dessus du petit marais, au bas de la colline.
  Après un œil au-dessus de mon épaule, j'aperçois George à seulement quelques mètres de moi.

Elementum {Tome 2}Des histoires addictives. Découvrez maintenant