VIII

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  Troisième soupir.

- Sais-tu qu'il est déjà presque onze heures ?

- N'en rajoute pas, je me tâte à passer la barrière.

  Abraham pouffe de rire et d'une main légère, s'amuse avec une applique murale ; comment sait-on qu'elle va durer encore longtemps avant de disjoncter, cela reste un mystère. En revanche, ce qui n'est pas anodin, c'est ce retard dont les Weasley et Harry sont affublés.
  Tantine me l'a fait promettre ; attendre la famille nombreuse à l'entrée de la gare pour ne risquer aucune friction si je tarde à croiser Père ou Drago sur la voie 9¾.
  Là-dessus, elle a eu raison. Seulement, prévoyait-elle à ce que je manque le train ? Pas vraiment...

- Et dire qu'elle est partie comme une roublarde !

  Je lève les yeux au ciel.

- Elle a été appelée en urgence, rappelé-je, exaspérée.

- Ou alors, elle allait pleurer si elle restait te saluer.

- N'en rajoute pas, Abraham.

  Je feuillette le quatrième livre de Gilderoy Lockhart, pas peu déprimée de tant de narcissisme en un seul ouvrage. Cependant... a-t-il vraiment vécu tout cela ou se prétend-il une vie dont il a eu trait d'imaginer chaque scène et combat ?
  Un crissement de pneus à quelques mètres me fait sursauter. Au loin, la Ford Anglia des Weasley freine brusquement et la famille au complet y descend. À sa tête, la maman semble particulièrement énervée. Loin de moi cette étonnance, il est onze heures moins dix !

- Vous en avez mis du temps, argué-je aux jumeaux alors que Mr Weasley se précipite pour aller chercher des chariots à bagages. Que s'est-il passé ?

- J'avais oublié ma boite de pétards du Dr Flibuste, Fred, son balais volant, et Ginny, son journal intime, m'explique George.

- L'importance de préparer ses valises à l'avance avec une liste complète des choses qu'on doit emmener, dis-je avec amusement.

- Trêve de discussion, dépêchons-nous ! s'exclame Mrs Weasley alors que je salue Ron et Harry d'un hall-five.

  Nous nous hâtons d'entrer dans la gare à grands pas, . En dernière file, j'observe à la dérobée tous les Moldus nous entourant ; tête baissée, tous sont plongés dans la lecture de leurs journaux médiatiques.
  C'est une fillette désireuse d'attention qui me pince le cœur. Elle s'accroche désespérément au bras de son père, dans l'espoir d'un esquimeau à la fraise. Il ne lève aucun regard vers elle, quel imbécile ! Il y a aussi cette Maman, à seulement un mètre de moi, sur la droite, qui peine à calmer son bébé dans la poussette. Ce même bébé en proie à un torrent de larmes, et qui s'amuse sûrement à tester la patience de sa mère.
  Passant juste à côté de celle-ci avec mon chariot à bagages, je me dévisse le cou pour regarder l'enfant, qui, croisant mon regard, se calme dans la foulée et me fait un grand sourire, les yeux pétillants. Sa mère se redresse et fronce les sourcils en ma direction ; mais je me suis déjà carapatée vers George. Me vient alors une interrogation : qu'est-ce que doit être la vie sans magie ? Les pauvres, ils doivent s'ennuyer à mourir !

- Dix heures cinquante-huit, dépêchons, dépêchons !

  Entendre cela de Mr Weasley me fait revenir à la réalité. Je comble mon début de retard en trottinant derrière eux.

- Le train part dans deux minutes, s'empresse Mrs Weasley.

- Fred, George, Percy, en premier !

   Percy et Fred s'avance d'un pas décidé et disparaissent. George me lance un dernier regard avant de les suivre également avec Ginny, suivit par Mrs et Mr Weasley.

Elementum {Tome 2}Des histoires addictives. Découvrez maintenant