- On a fait connaissance dans la pénombre.
- Ma soeur si tu te respecte pas toi même, c'est pas nous qui allons l'faire.. Chaque bout de peau que tu laisse à l'air est sali par le regard de ces vipères. Te laisse pas faire, t'es une princesse de la misère, de la galère. T'as bravé beaucoup plus dur, garde la tête haute devant ces ordures. -
De la fumée, de la fumée de partout. Des mecs, des meufs, de mon âge, des grands.. J'ai jamais vu autant de seins et autant de cul en si peu de temps, au même endroit, au même moment. Y'a pas de mots pour décrire ça. J'ai jamais vu d'habits aussi courts et serrés de ma vie. Faut arrêter, les robes ras la chnek faut arrêter ça. J'sais qu'en disant ça j'révolutionnerait pas le monde, mais putain c'est pas des meufs comme ça qu'on cherche pour plus tard. J'ai l'impression d'avoir des actrices pornos en face de moi. Quelle horreur, si ça c'est pas la Géhenne, vu c'que j'vois et vu la chaleur, expliquez moi.
On a rejoint deux gars du foot Hakim et Farid et on parlait tranquille de tout et de rien. Ils étaient fier parce qu'ils savaient faire des beaux ronds avec la fumée.. Parlez pas d'moi j'arrivais à peine à la sortir tranquillement sans tousser. Rien qu'ils s'fouttaient d'ma gueule d'ailleurs. C'est vraiment des enculés, mes potes sont des putains de bâtards c'est grave. Au départ j'avoue j'étais pas tranquille, puis c'est devenu bon délire, alors j'me suis laissé allé. Puis des meufs sont arrivées, quatre exactement, personnellement j'en connaissait aucune. Elles avaient un beau visage, des habits pas trop court mais bien serré, ça laissait voir ce qu'on devait pas forcément voir. Moi qui au départ refusait catégoriquement d'avoir une meuf à nos côté ce soir là, j'me suis même décalé pour leur faire une place..
Une des quatre a commencé à discuter avec moi du style t'es mignon et j'en passe, je saurais même pas vous dire pourquoi on a fini par se galoche tout est allé tellement vite. Pour une meuf elle avait les mains vachement baladeuse et franchement sur le moment c'était pas pour me déplaire. J'étais comme ensorcelé, dès qu'elle s'est levé en me tenant par la main je l'ai suivi sans broncher, comme un pauvre type. J'savais très bien que c'était mal, mais c'était trop tard, j'avais envie d'elle. On a fait des choses que jamais de ma vie j'me serais vu faire dans un endroit pareil.
J'ai couché avec une meuf que je connais à peine, dans les toilettes d'une chicha, mais qu'est-ce qu'il se passe dans ma tête bordel de merde ? J'sais même pas comment elle s'appelle. J'ai baisé une inconnue.
J'avoue j'ai apprécié sur le coup. J'ai pas d'excuse, juste que quand t'as bientôt 17 ans pour un garçon t'as les sens en feu. Et quand une fille avec un bon corps te chauffe t'as du mal à l'éteindre ce feu c'est sûr. Pour autant, j'me suis jamais senti aussi sale de toute ma vie. Même quand j'me pissais dessus étant petit j'me sentais moins honteux et sale qu'en ce moment même.. C'est trop chelou et ça me donne envie de m'enterrer vivant.
« Farid : Aieee il s'est mis bien l'frelon.
Adel : Alors dar ou pas ?
Hakim : Le mec avait bien dit qu'il ne voulait personne à sa table !
Moi : Pire que des meufs vous c'est grave ça mdr.
F : Déclare la meuf au moins parce que vous avez durer hein ptit coquin !
A : Mdrr la vie.
H : J'avoue !
M : Mdrrrr mais est ce que j'sais moi y'avait pas son nom sur elle.
Eux : Mdrrr. »
J'laissais paraître que j'étais fier que c'était marrant alors que c'était tout l'inverse, j'me dégoûtait. Limite si j'voulais pas rentrer chez moi tout de suite.
J'me sentais mal, sale.
Rien que d'penser que j'ai salis la sœur de quelqu'un, que j'ai touché une meuf que j'connais même pas, que j'ai touché une femme qu'est pas la mienne.. J'me sentais crade rien qu'en pensant à ça. J'avais envie de m'laver au carchere. J'étais pas bien.
*vibreur* nouveau message :
> Adel : Tu vx rentrer ?
Ouais j'veux rentrer gros. J'réalisais c'que j'venais de faire, vraiment j'en revenais pas que ce soit moi, Abdel qui ai fait ça. C'était impossible, ça m'ressemble tellement pas de faire le con. Ou alors c'est vrai c'que les meufs disent ? Tous les hommes sont pareils ? Non, non, non. C'est impossible. J'suis pas comme mon père, j'serais jamais comme lui.
Message à Adel : » oe stp
*vibreur* nouveau message :
> Adel : Azi on bouge alr
On s'est levé tcheker les gars et on est partis. J'me suis moi même déçu sérieusement. Sur le chemin le silence était pesant, j'avais l'impression que tous ceux qui croisaient mon chemin savaient c'que j'avais fait. Alors qu'en réalité pas du tout, c'est juste la paranoïa et les remords qui me rattrapaient..
« A : Ça t'met mal à ce point ?
M : Hein ?
A : J'le vois que t'es pas bien Abdel.
M : J'sais pas j'suis.. Mal. C'est pas moi d'faire des trucs comme ça.
A : T'es trop pur comme gars la vie d'moi.
M : J'me sent dégueu la vie en plus j'sais même pas c'était qui.
A : C'était Rhym.
M : Oh bordel.
A : ..
M ..
A&M : Vas-y j'vais rentrer moi..
A : Mdrr.
M : Mdrrr vas-y on s'capte tarplu. »
En rentrant chez moi j'ai foncé sous la douche, impossible que j'reste dans cet état. Une fois en pyjama j'appelle mon frère pour savoir ce qu'il fait.
« A : Allô ?
M : Ouais t'es où ?
- Quoi j'suis où, j'suis dans mon lit fils de fou, toi t'es où ?
- Bah dans mon lit aussi mongole va, azi j'arrive.
- Amène des chips.
- Ouais et j'ramène ton père aussi ?
- *rires* Pauvre con. »
J'me suis levé et j'suis allé dans sa chambre, il était allongé comme un gros cassos, j'vous décrit même pas wAllah c'était n'importe quoi. Il venait d'envoyer valser une lettre sous son lit.. Je sais c'que c'est, pas la peine de cacher. C'est la lettre de l'hôpital. J'attends qu'il m'en parle, Ayoub c'est pas un gamin, il sait ce qu'il fait. Il veut surement pas nous inquiéter mais je sais que c'est pas rien ce qu'il a.
« M : Jsais qt'es malade Ayoub.
Ayb : ..
- Tu sais, tu peux m'le dire. Nan c'est même pas tu peux, tu dois, comme ça nous deux on dit un truc. Et tu seras énervé et moi aussi tu vois ? Parce que faut que j'te dise un truc.
- À toi l'honneur ptit con.
- J'ai baisé une meuf à la chicha. J'ai pas fait l'amour, nan vraiment j'ai baisé. J'devrais être content sûrement mais nan, j'suis pas bien. La meuf j'savais pas son nom, j'me sens tout dégueulasse j'te jure je comprends pas. Y'en a ils sont tout content tout fier et moi j'ai envie d'me laver à la javel. Depuis un moment les meufs elles viennent en masse alors qu'avant limite elles m'crachaient dessus.. Je comprends plus rien.
- Abdel t'as quoi t'as vingt.. Eh mais t'as quel âge bâtard ?
- T'es sérieux enfoiré ? J'ai 17 ans !
- Ouais bref, t'as 17 ans, t'es pas comme les autres gars, t'as pas la même conception d'la vie qu'eux.. Tu peux pas.. Tu peux pas faire comme eux si dans ta tête t'es pas comme eux tu vois cque j'veux dire ? Les meufs c'est des casses-têtes mais y'a une chose de sûr frère, la plupart pense qu'au physique. T'sais t'es beau gosse maintenant t'es plus l'petit gros du bloc C alors t'auras toujours des chiennes aux pieds c'est comme ça.
- Tu m'nique pas ma race ?
- T'allais pas rester puceau toute ta vie, tu regrettes assez j'vais pas en rajouter. C'était bien ?
- Ouais ça va, c'est pas désagréable. Elle gueulait beaucoup j'trouve.
- Ptdrrr j'suis cuit c'est quelle meuf ça ?
- Mdrrr vas-y ta gueule t'es gênant ! Bref j't'écoute.
- C'est bidon t'inquiète.. Demain j'ai rdv là bas, tu viens ?
- En attendant j'te marave à fifa.
- Arrête d'aboyer envoie la manette. »
Ça m'a fait du bien d'avoir parlé avec mon frère. Quand j'me dit qu'un jour nos proches nous quitteront j'ai le cœur qui rétrécit. Si Ayoub doit mourir et que c'est encore la faute du "destin" j'sais pas c'que j'vais faire.. C'est lui mon repère. J'préfère mourir avant lui, pour pas connaître la pure et dure souffrance. Dans quelle monde va grandir ma soeur ? Faut plus qu'elle vive de décès. Plus de départ non plus. Putain si j'pouvais je l'enverrais bien chez Blanche-Neige et ses nains.
J'préfère carrément la voir dans un monde magique et féerique, que de la voir souffrir ici dans ce monde dramatique et tragique..
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Lourd est mon parcours.
Teen FictionTout est toujours question de chiffres, l'argent, le poids.. Du jour au lendemain la donne peut s'inverser, d'un jour à l'autre tout peut changer, tout peut basculer.. On y est pour rien, c'est Dieu qui donne. L'histoire de ma vie, que j'ai vécu, qu...
