Adrien se tenait debout devant la grille du manoir Agreste. Son cœur martelait sa poitrine avec insistance. Il respira longuement pour se calmer.
— Ça va aller, Adrien ? demanda Plagg en soulevant le tissu de sa chemise, sentant le cœur de son porteur battre à une vitesse anormale.
— Non, ça n'ira pas. Ça ne pourrait jamais aller bien. Mais je dois le faire. Je n'ai pas le choix...
— On pourrait aller vivre chez ta copine à la place ? Je suis sûr que Ladybug a son frigo rempli de camembert.
Adrien sentit le rouge lui monter aux joues en entendant le mot « copine ». Il avait encore du mal à réaliser que ce n'était pas un rêve. Mais la confrontation avec son père allait bien vite lui rappeler qu'il s'agissait du monde réel.
— Qu'est-ce qui te fait penser qu'elle a du camembert chez elle ? Elle sent si bon !
— Beurk ! Tout compte fait, oublie ce que j'ai dit et appuie sur cette sonnette. Je ne veux plus t'entendre dire des trucs niais !
Le kwami disparut sous ses vêtements. Adrien inspira encore une fois, avant de se lancer. Autant en finir.
Il sonna à l'interphone. Une caméra se déploya, et à peine le fixa-t-elle qu'elle se replia aussitôt. Les portes de la grille ainsi que de la maison s'ouvrirent. Le gorille en sortit et agrippa le garçon par l'épaule pour le pousser à l'intérieur de la bâtisse.
Le bruit sourd des portes se refermant derrière lui sonna à ses oreilles comme la fin de sa liberté.
Nathalie l'attendait dans le hall. Elle accourut à sa rencontre et posa ses mains sur ses épaules en l'observant attentivement.
— Adrien ! Vous êtes sain et sauf ! Je craignais que quelque chose ne vous soit arrivé !
Le jeune homme fut surpris de ces mots gentils. Il s'attendait à tout sauf à des paroles emphatiques. Et le visage tendre et soulagé de Nathalie l'interpela d'autant plus. Il était si rare de ne pas la voir froide et sévère.
— Que vous est-il arrivé ?
Adrien réfléchit à sa réponse. Il avait déjà préparé son excuse, mais sortir son mensonge était plus difficile qu'il ne l'aurait imaginé.
— Hum... Je...
Un grand fracas le coupa dans son élan. Gabriel venait d'ouvrir avec force la porte de son bureau. Nathalie s'empressa de reculer, laissant la place à son supérieur.
L'homme dévisagea son fils sans montrer la moindre émotion. Un silence pesant s'installa.
Adrien devait faire le premier pas. Il devait être courageux.
Il allait ouvrir la bouche lorsque son père ordonna :
— Dans mon bureau, tout de suite.
Il tourna les talons sur ces mots. Adrien le suivit, et Nathalie referma la porte derrière eux.
Dès qu'ils furent coupés des deux autres, Adrien se retrouva emprisonné dans les bras de son père. Il mit un instant à réaliser ce qui se passait. Il n'avait tellement pas l'habitude de ce genre de manifestations d'amour de la part de son géniteur.
Hésitant, il déposa ses mains derrière son dos, osant à peine le toucher. Il se permit d'appuyer sa tête contre son épaule, savourant ce contact qu'il souhaiterait ne pas être exceptionnel. C'était quand même triste de devoir vivre de tels évènements pour pouvoir enfin avoir droit à un peu d'affection...
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Notre seule identité
FanfictionDifficile d'avoir une vie civile tout en étant super-héros. Alors que Marinette s'épuise à mener ces deux aspects de front, Adrien, lui, en vient à souhaiter que Chat Noir devienne sa seule identité. Mais parfois, mieux vaut se méfier des vœux que l...
