21. Exposé et soirée

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Il n'y eu aucun autre incident notable jusqu'au soir -elle était arrivée en milieu d'après-midi-, et l'homme ne tenta rien d'autre.

Cependant, Nastia restait méfiante, craignant que ce ne soit que le calme avant la tempête.

Le soir, ils partirent tous les uns après les autres, mais pas Nastia, qui resta à travailler sur ses calculs jusqu'à tard dans la nuit.

Elle dormit toute la journée du lendemain, rattrapant enfin toutes ces mauvaises nuits, et rien ne la réveilla avant le lundi matin.

Elle fut réveiller par quelqu'un lui secouant l'épaule, ce qui la réveilla. Elle s'était endormie sur ses bras sur son bureau et avait bavé sur son bras gauche. Celui qui l'avait réveillé n'était autre que le roux qui était assis à sa gauche.

Nastia mit du temps à situer où elle était et ne reconnaissant rien, paniqua et fit une clé de bras au jeune homme sur son bureau, avant de se souvenir où elle était et de le relâcher en s'excusant, confuse.

Le jeune homme -qui avait l'air d'avoir la vingtaine et d'être lui aussi le petit nouveau qu'on bizute- lui certifia que ce n'était rien en se massant l'épaule et tendit devant lui un sac de petits pains en demandant si elle en voulait.

- Avec plaisir ! répondit-elle en souriant, car son dernier repas était constitué de crêpes et remontait pour elle au samedi matin précédent.

- Merci, fit-elle en mordant un petit pain. Hmm ! Krop bon ! ajouta-t-elle la bouche pleine.

- De rien ! Bon appétit.

Pendant qu'elle dégustait le petit pain comme si il s'était agi de haute gastronomie, le roux -qui s'appelait Arthur Hudson- lui expliqua qu'aujourd'hui, ils allaient mettre leur travail en commun, comme tout les derniers lundi du mois.

Ils se rendirent alors tous au bout de la salle et chacun fit une rapide présentation.

Nastia remarqua que les femmes n'avait pas leur mot à dire et qu'on ne leur demandait absolument pas leur avis, puisqu'elles se réunissait entre elle, parlant des dernières modes ou de leurs propres résultats. Elles étaient cependant tolérées à la porte, qui restait ouverte pour elles.

Nastia n'en eu cure et entra tout de même dans la salle de réunion de ces messieurs.

Lorsque l'homme à lunettes -Arthur lui avait appris qu'il s'appelait Bennett Jerry (sans comprendre pourquoi la brune avait alors éclaté de rire)- demanda si personne n'avait rien à ajouter, elle leva la main. Il l'ignora.

- Excusez-moi ? lança-t-elle pour attirer l'attention.

Là encore, "l'homme-pot-de-glace" (dixit Nastia) l'ignora. Qu'importe, elle enchaîna.

- Je sais que je ne suis arrivée qu'avant-hier, mais je pense que mes travaux valent la peine qu'on leur prête attention. Ça ne vous prendra que cinq minutes. C'est le temps d'un café. Vous n'êtes pas obligés de m'écouter, mais j'aimerai tout de même présenter mon travail.

Personne ne l'écouta alors elle monta sur la table et répéta son message. Impossible de l'ignorer cette fois.

Alors, après un soupir, on l'y autorisa et elle commença son exposé, toujours debout sur la table. Mais rares étaient ceux qui l'écoutaient. Alors, elle parla plus fort, avec des mots plus simples, attirant petit à petit l'attention des uns et des autres.

Et lorsqu'elle conclut la dernière phrase de sa présentation, elle remarqua que tout le monde -même Bennet et les trois femmes de l'équipe- l'écoutaient.

Elle ajouta alors qu'elle les laissait sur les présentations de ses collègues féminines, leur laissant la parole.

Leur exposé fut clair et concis, bien que moins précis que celui de Nastia et les hommes comprirent que ces dames avait aussi un cerveau fonctionnel qu'elles savait utiliser, tout comme eux.

Ça en choqua plus d'un.

À partir de ce jour, ils ne travaillèrent pas tous ensemble, mais les échanges entre les équipes masculines et féminines devinrent plus fréquents. C'était pas grand chose, mais déjà mieux que rien.

Ce midi là, ils déjeunèrent à la cafétéria en échangeant à propos des exposés du matin.

Le soir, Nastia se rendit à vélo jusque chez de vieilles amies de Bucky, espérant qu'elles voudrait bien l'héberger.

Cependant, elle ne pouvait pas arriver comme ça, sans raisons, aussi, elle ramassa un journal dans la rue et continua sa route.

Elle arriva devant une maison blanche de taille moyenne avec un toit en tuile rouge lorsque la nuit commençait à tomber.

L'adolescente s'engagea à pied dans l'allée commune, aux côtés de "son" vélo.

Elle monta les marches du perron et toqua à la porte noire de droite. Quelques instants plus tard, une femme aux cheveux blond devenant blancs âgée d'une soixantaine d'années vient ouvrir légèrement la porte, retenue par une chaîne.

- Oui ? demanda-t-elle par le mince espace laissé par la porte entrouverte.

- Bonsoir Madame. J'ai vu votre annonce pour les amis de Dorothée dans le journal et je viens pour la chambre.

- Nous n'avons passé aucune annonce, fit la femme, méfiante. Désolée, vous avez dû vous tromper d'adresse.

- Je ne suis pas chez les Ross ?

- Ah non, pas du tout. Veuillez partir de chez moi s'il vous plaît.

- Yeute lente ? demanda-t-elle, et soudain les yeux de la femme s'agrandirent. Elle avait comprit.

C'est à ce moment là que Nastia se félicita d'avoir écouté Bucky lui parler du Polari, cette langue codée utilisé entre les populations queer.

Elle lança tout haut, pour que les voisins qui écoutent aux haies -il y en a toujours- :

- Oui, excusez-moi madame, j'ai dû me tromper d'adresse, après tout, je n'ai pas accès à beaucoup d'école en temps que fille de couleur, alors je ne sais pas très bien lire. Au revoir madame, bonne soirée et encore désolée de vous avoir dérangé.

Elle fit demi-tour et repartit aux côté du vélo. Elle entendit la porte se fermer, avant de murmurer au vent : 

- Merci pour ce coup foireux Buck, vraiment.

Elle se demanda alors où elle allait dormir.

Elle aurait pu rentrer, mais elle s'y refusait. Pas tout de suite.

Où dormir donc ?

Dans un coin discret. Nastia roula en ville, sans trop savoir où allait et arriva jusqu'à un petit parc.

Elle posa pied à terre et décida de le traverser. La nuit était tombée et les lampadaires s'étaient allumés. Sur les bancs du parc, quelques SDFs dormaient, ou essayait de dormir, recouverts de papiers journal.

Nastia sortit du parc, mal à l'aise.

Elle arriva face à la banque, et s'engouffra dans une petite impasse près du parc et de la banque.

Elle se glissa derrière une poubelle, posa le vélo contre le mur, enfila sa combinaison blanche pour ne pas avoir froid et s'adossa au mur.

- Au travail, murmura-t-elle en s'asseyant par terre. Asimov ?

L'intelligence artificielle réagit à sa voix et Nastia enchaîna.

- Penses-tu que je puisses pirater une banque dans les années 70 ?

Asimov déclara que ce serait contraire aux lois.

- Je veux juste me créer un compte pour exister officiellement ici et pouvoir me nourrir, Asi'. Alors, c'est possible ou pas ?

Fais moi signe !Des histoires addictives. Découvrez maintenant