Chapitre 1.

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PDV Rania :

25 novembre 1942 :

Depuis le 1er septembre 1939, la Seconde Guerre mondiale fait rage. Mes parents et moi avons décidé de rejoindre la résistance. En 1940, ma famille est partie à Londres pour rejoindre le général Charles de Gaulle, tandis que de mon côté je suis restée en France pour devenir une espionne. Deux ans se sont écoulés, Jean Moulin, le chef de la résistance, m'a écrit pour que je le rejoigne en toute discrétion pour une mission importante. C'est la première fois que je vais le rencontrer. Plusieurs émotions se bousculent en moi : le stress et l'admiration, mais cette dernière l'emporte sur le reste. Je suis vêtue d'une jupe droite, une chemise et des escarpins noirs. Mes longs cheveux auburn sont soigneusement attachés en un chignon compliqué. Alors que j'approche de sa résidence, de mon poing, je cogne légèrement sur la porte cinq fois, conformément aux instructions qu'il m'a transmises par écrit. La porte s'entrouvre lentement, révélant cet homme qui a fondé notre mouvement. Il est vêtu, décontracté : une chemise blanche et un pantalon noir. Ses cheveux bruns, plaqués en arrière, contrastent avec son allure. Pourtant, cette tenue ne diminue en rien mon respect pour lui. Son regard perçant, balaie ma silhouette, puis, dans un soupçon de méfiance, m'interroge :

— Rania ?

— C'est effectivement mon nom, répondis-je dans un murmure.

— Y a-t-il quelqu'un qui vous a suivi ? demande-t-il, jetant un coup d'œil au-dessus de mon épaule.

— Pas à ma connaissance.

Il hoche la tête et m'invite à entrer. En pénétrant chez lui, je constate que son intérieur est plutôt épuré, ne comportant pas beaucoup d'éléments. Cependant, je suis rempli d'admiration en me trouvant en présence du chef de la résistance, une personne que j'ai toujours voulu rencontrer. Avec une lente détermination, je m'installe confortablement sur le canapé pendant qu'il prend place sur une chaise en chêne. Après avoir longuement inspiré, il recouvre son visage de ses mains, semblant chercher à retrouver ses esprits, avant de finalement lâcher :

— Pardonnez-moi si je suis suspicieux, Rania, mais vous devez savoir que la Gestapo1 ne me quitte pas des yeux. Je suis surveillé. Il me semble même être suivi. Alors que j'observe attentivement mon interlocuteur, je hoche positivement la tête, manifestant ma compréhension. Mon regard se baisse, remarquant soudain qu'il dépose devant moi une feuille soigneusement pliée. Sans attendre, je saisis cette dernière avec intérêt et demande, intriguée :

— Qu'est-ce que c'est ?

— Ce sont des instructions pour votre mission, répond-il d'une voix grave.

Je hoche la tête une dernière fois. Je range le précieux document dans la poche de mon chemisier, le salue rapidement et part. Comme nous sommes en novembre, les journées sont fraîches et humides. Pour me protéger de la pluie, je revêts mon manteau et coiffe ma capuche sur ma tête. Je me faufile dans les rues de la ville, jetant régulièrement des regards autour de moi, mais toujours avec prudence, afin d'éviter de susciter les suspicions des SS2. La guerre a instillé une peur constante et parfois de la paranoïa. Tandis que je me promène sur le trottoir, je vois des membres de la SS apposer une affiche sur les murs de la ville.

L'affiche présente un slogan en lettres noires et rouges, disposées en haut : « Populations abandonnées », et en bas : « Faites confiance au soldat allemand ! » Une illustration accompagne le texte, montrant un soldat allemand vêtu de son uniforme de la Wehrmacht en compagnie de trois enfants français. Il est grand et solide, avec des cheveux clairs et un sourire chaleureux et bienveillant. Il tient dans ses bras un garçonnet qui déguste une tartine au chocolat, tandis que deux fillettes timides et rassurées regardent la scène avec envie. En observant tout cela, je me rends compte que, plus le temps passe, plus je me dis que, si on continue sur cette voie, on finira comme les soldats allemands, endoctrinés au point de perdre notre identité. Je soupire profondément et détourne mon regard des affiches placardées sur les murs.

A  Travers le temps. Tome 1. L'âge Des Pharaons. CorrigerDes histoires addictives. Découvrez maintenant