Chapitre 6.

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PDV : Ramsès

Le temps est passé, et ma chère mère, Touy, a quitté ce monde pour aller dans l'éternité. Pour lui rendre hommage, j'ai pris la décision de faire ériger un gigantesque colosse au cœur de Pi-Ramsès, afin que nous nous rappelions tous qu'elle est celle qui m'a permis d'en arriver là. Mais aujourd'hui, je suis près du lac Nasser, celui-ci est situé à quelques mètres du Nil. J'ai ordonné à mes meilleurs architectes de débuter la construction d'un temple dédié à la triade, Amon-Râ12, Harmakhis13 et Ptah14. Ma volonté est d'élever ma majesté au fil des âges. Ce lieu doit être l'un des plus beaux et impressionnants de tous les sanctuaires jamais bâtis. Il est creusé directement dans le granit de la montagne, et j'aperçois déjà, les sculptures gigantesques de moi-même ornant sa façade. Le Grand Vizir, rempli d'admiration, contemple les édifices majestueux ordonnés, exprimant son émerveillement par une exclamation enthousiaste :

— Votre Majesté, j'ai l'obligation d'avouer que votre temple sera le plus grandiose de tous !

Je me retourne vers mon conseiller et j'entrecroise mes avant-bras sur ma poitrine, affirmant d'une voix ferme :

— En tant que pharaon, j'ai la responsabilité de marquer durablement l'histoire future, de manière à ce que ma dynastie ne soit jamais oubliée ou effacée.

— Effectivement, vous avez tout à fait raison, majesté. Cependant, soyez informé qu'être considéré comme le pharaon le plus éminent ne se résume pas uniquement à édifier des sanctuaires en l'honneur des divinités. Persiste, mon vizir, avec gravité, en regardant le temple.

— Oui, je suis conscient de cela, Imhotep. Je hoche la tête en signe d'acceptation. Je dois aussi me battre contre les adversaires de l'Égypte, tout en maintenant l'équilibre et l'harmonie de la Ma'at15. Je tourne la tête vers mon conseiller et m'enquiers, curieux. Pourquoi me dire cela ?

Le vieil érudit, respire lourdement avant de me faire part d'une nouvelle qui semble le peiner. Il relève ensuite la tête vers moi, son masque impassible trahissant une pointe de mélancolie dans son regard :

— Messire, il ne s'agit pas seulement du maintien de là Ma'at et de l'édification des sanctuaires. Il faut aussi que vous vous remariez.

Je fronce les sourcils et lui lance un regard courroucé. En gardant les bras croisés sur ma poitrine, mes doigts se serrant de rage, je gronde furieusement :

— Hors de question !

Imhotep se fige sur place, le visage empreint d'inquiétude, de perplexité, comme s'il cherchait ses mots. Il balbutie :

— Majesté, depuis toutes ces années...

Mais mon courroux éclate, et, dans un flot de fureur, je l'interromps :

— Ne mentionnez pas son nom ! Il éprouve une vive appréhension face à mon comportement.

Ses sourcils froncés, des perles de transpiration coulant le long de son front, et ses pupilles dilatées témoignent de son inquiétude grandissante. Cependant, celle-ci finit par laisser place à une gêne palpable. Son expression trahit manifestement sa confusion, accompagnée d'un balbutiement hésitant :

— Majesté, je dois attirer votre attention sur un aspect crucial. Il est absolument nécessaire que notre pays trouve une nouvelle reine...

Je serre les mâchoires, exaspéré par son affirmation. Impassible, Imhotep persiste dans ses arguments, ajoutant :

— Mon souverain, vous savez bien que je dis vrai. En outre, j'ai découvert une alliance idéale pour votre futur mariage.

Mes paupières froncent sous son assurance subite, pourtant, je choisis de rester attentif, hochant simplement la tête. Il me regarde, reconnaissant mon intérêt persistant, et continue :

A  Travers le temps. Tome 1. L'âge Des Pharaons. CorrigerDes histoires addictives. Découvrez maintenant