PDV : Rania
Cela fait quelques heures que nous roulons, j'ai toujours mon révolver sur la tempe de Josef Mengele. Il se tient raide de frayeur, les yeux rivés sur un point insaisissable, comme si toute son attention est tournée vers l'objectif de ne pas céder face à moi. Tandis que je me tourne pour regarder la route, Mengele en profite pour frapper ma main avec mon arme, en levant ma main vers le ciel. Je suis prise au dépourvu par cette action inattendue, alors j'appuie instinctivement sur la gâchette, entraînant un coup de feu. La jeune fille, apeurée, recouvre immédiatement ses oreilles de ses mains et se plie en une boule, tandis qu'elle pousse des cris d'épouvante. Typon, assis au volant, sursaute sous l'effet de la peur, avant de pencher sa tête pour éviter une éventuelle nouvelle décharge. Cependant, Mengele intervient et, après avoir ouvert la porte, il saute hors du véhicule. Alors que Typon se retourne, il aperçoit que le médecin vient de quitter son véhicule. Il active ensuite sur la pédale de frein, arrêtant nettement l'automobile. Sans hésitation, il se jette sur sa fille, l'enlaçant étroitement, cherchant à la réconforter. Puis, d'un geste rapide, je m'extirpe de la voiture en poussant un cri strident :
- Accompagnez votre fille à l'arrière, je prends le volant !
— Mais, il risque de prévenir les soldats SS ! Il s'exclame avec inquiétude en observant Mengele s'enfuir.
— Peu importe ! Il est trop tard, notre priorité est de nous mettre en sécurité ! Tranchais-je.
Sans dire un mot, il s'approche de sa fille, la soutient pour qu'elle descende du véhicule et s'assoit ensuite sur la banquette arrière avec elle, continuant de la tenir étroitement. En ce qui me concerne, je m'installe au volant, passe la première et démarre aussitôt. Après quelques heures de conduite, je jette un coup d'œil dans mon rétroviseur pour apercevoir Typon et sa fille. Inquiète, je demande :
— Vous n'êtes pas blessé ?
— Pas du tout, assure Typon, hochant la tête et serrant un peu plus fort sa fille, contre-lui pour la rassurer. Cependant, je dois avouer que j'aimerais connaître notre destination.
— Nous devons nous rendre au Portugal, à Lisbonne, pour être exact. Énonçait-je avec calme, gardant les yeux sur la route.
— Pourquoi faut-il aller là-bas ? Demande Typon, intrigué.
— Autour de nous, seul le Portugal n'est pas sous le contrôle de l'Axe. Lui expliquai-je naturellement. Il constitue également un allié fiable de l'Angleterre.
— Et pourquoi nous devons partir à la capitale ?
— Nous devons nous diriger au port et voyager à Londres.
— À Londres ? Pourquoi l'Angleterre ? Sollicite Typon rapidement.
— Le quartier général principal de la résistance se trouve là-bas. Réponds-je simplement.
Le périple dure des mois, nous avons trouvé des provisions dans le coffre de la voiture. La quantité étant limitée, alors nous nous sommes contentés de petites portions par jour. Pour ce qui est de l'eau, nous en buvions seulement deux gorgées. Malgré notre fuite au camp, nos ennemis n'ont toujours pas envoyé d' ordres pour nous rechercher, ou ce n'est qu'une question de temps. Mais nous sommes tout de même parvenus à Lisbonne. À notre arrivée au port, nous sortons tous les trois du véhicule. Typon porte sa fille dans ses bras, tandis qu'elle entoure son cou de ses petits bras. De nombreux portugais nous regardent avec suspicion, et je ne peux que les comprendre, compte tenu de notre arrivée dans un véhicule allemand et de notre apparence misérable.
Je suis toujours vêtue de mes vêtements à rayures noir et blanches, qui sont dix fois trop moindres pour moi, malgré que mes cheveux aient poussé. Ils ne ressemblent à rien, et mes chaussures me faisaient tellement mal que j'ai décidé de les abandonner durant notre trajet. La jeune fille porte toujours son pyjama. Ils lui descendent constamment sur le corps. Du côté de Typon, il est accoutré en chemise blanche et en pantalon noir. Rapidement, la gendarmerie portugaise nous appréhende et un homme se place devant nous, nous faisant signe de nous stopper de la main, puis il commence à parler sévèrement. Typon et moi, nous ne comprenions pas ce qu'il essaie de nous dire, je communique en anglais. Je lui explique que nous ne sommes pas allemands et que nous cherchons un bateau pour nous emmener en Angleterre. Le policier nous observe sceptique de ma révélation. L'un de ses partenaires s'approche de nous, il a l'air plus calme que celui qui nous aborde et lui demande ce qui se passe. Son collègue lui précise brièvement dans leur langue. L'individu récemment arrivé m'examine minutieusement du regard, puis s'avance vers moi avec assurance, prêt à s'exprimer :
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A Travers le temps. Tome 1. L'âge Des Pharaons. Corriger
Romance1942 : Le conflit mondiale est à son paroxysme. Le Troisième Reich aspire à dominer le monde, tandis que héros s'engagent pour défendre la liberté de leurs nations. Rania Delacourt, espionne au sein de la résistance française, vit cette période tumu...
