PDV : Rania
Alors que ma mère s'efforce de persuader mon père, je reste assise sur mon lit, fixant le plancher, espérant qu'elle parvienne à modifier sa décision. La durée de l'attente semble sans fin. J'appuie délicatement mes avant-bras sur mes cuisses et pose mon front sur mes paumes. Après un certain temps, la porte s'entrouvre légèrement. Je lève doucement mon visage vers l'entrée et aperçois avec surprise que c'est ma mère qui est revenue. Je reprends peu à peu mes esprits, et me dirige vers elle. Alors que je vois l'expression sérieuse de ma mère, j'hésite à lui poser la question. Elle ferme ensuite ses yeux pendant quelques instants, puis les rouvre et me regarde droit dans les yeux, d'un ton assuré :
— J'ai réussi à convaincre ton père.
Un immense soupir de soulagement s'échappe de ma bouche, mais je constate que l'expression de ma mère n'a pas changé. Elle continue, la voix beaucoup plus ferme :
— Nous avons eu l'opportunité de nous entretenir avec le général de Gaulle, qui a consenti à ne pas engager de procédures judiciaires contre lui, mais à condition qu'il respecte certains critères.
Cette agréable surprise laisse place à une appréhension grandissante. Je fronce les sourcils, tandis que mon anxiété atteint son comble :
— Quels sont les termes de l'accord ?
— Ton ami devra divulguer l'ensemble des appellations des praticiens du camp d'Auschwitz, insiste ma mère avec détermination, en serrant les avant-bras contre sa poitrine. Cela inclut également les éminents gradés qui y sont affectés, ainsi que tous les dossiers confidentiels.
— Et sa fille ? demandai-je, inquiète.
Ma mère adoucit légèrement son expression, mais maintient une tonalité décidée :
— La jeune Misha restera chez nous. Elle aura la possibilité de voir son père tous les jours.
— Et si, après tout son labeur, il venait à échouer ? demandai-je, laissant transparaître mon inquiétude.
— Il subira le châtiment mérité pour ses actes répréhensibles, déclare sévèrement ma mère. Il comparaîtra en justice puis sera exécuté. Cependant, s'il parvient à nous fournir toutes les preuves nécessaires, il sera blanchi.
Je baisse timidement les yeux, entrelaçant mes bras sur ma poitrine, tandis que des frissons me parcourent. Ensuite, je relève mon regard vers le sien, d'une voix ralentie et chuchote :
— Toi, qu'en penses-tu ? Es-tu favorable ou opposée à sa mise à mort ?
Ma mère me regarde intensément, puis dépose ses mains sur ses hanches en inclinant légèrement son corps vers moi et dans un souffle, elle articule :
— Franchement, je suis dans l'incertitude. Bien sûr, je ne souhaite pas que cet homme perde la vie, il a tenté de défendre sa fille du mieux qu'il pouvait. Cependant, je crois également qu'il doit être tenu responsable de ses actes envers ces innocents qui n'ont rien demandé.
— Mais il a été contraint de le faire, dis-je en grommelant avec amertume.
— Cela ne justifie en aucun cas ses actions, Rania ! s'exclame plus fort ma mère. Que penses-tu que les conséquences seraient si les gens apprenaient que ton ami est responsable du meurtre de leur famille ?
Mon cœur est à nouveau empli d'appréhension, mes yeux trahissent mon anxiété, et dans un murmure tremblant, j'ose demandée :
— Qu'est-ce que tu essayes de me dire ?
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A Travers le temps. Tome 1. L'âge Des Pharaons. Corriger
Romance1942 : Le conflit mondiale est à son paroxysme. Le Troisième Reich aspire à dominer le monde, tandis que héros s'engagent pour défendre la liberté de leurs nations. Rania Delacourt, espionne au sein de la résistance française, vit cette période tumu...
