Prologue.

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PDV : Ramsès :

Installé sur mon trône, les avant-bras appuyés sur les accoudoirs ornés, je fixe mon vizir, Imhotep, qui est agenouillé et dont le front touche le sol :

— Grand pharaon, mon illustre monarque, fils du roi Séthi Ier et petit-fils du souverain Ramsès I...

— Cessez toutes vos louanges, Imhotep. Je lève mon bras en interrompant son discours. Pourquoi êtes-vous ici ?

Imhotep lève les yeux vers moi et se redresse humblement sur ses deux jambes. Sur son visage se lit une expression solennelle :

— Mon roi, je vous apporte des nouvelles sur l'état de votre mère, la reine Tiyi...

Mon cœur bat la chamade à l'idée de ce que va me révéler l'homme qui se tient face à moi, affichant une expression grave sur son visage. Bien que mon titre ne me le permette pas, je me retiens de laisser paraître ma peur. Je garde mon calme, malgré l'appréhension qui m'envahit. D'un geste sec de la main, je l'invite à continuer :

— Les médecins m'ont informé que l'état de Sa Majesté se détériore chaque jour.

Nos regards se rencontrent, s'attardent, puis il baisse les yeux et chuchote, la voix tremblante :

— Ils sont convaincus qu'elle va bientôt rencontrer Osiris, le dieu de la mort.

Je gonfle mes poumons d'air, me retenant de crier de rage, en repensant à tout ce qu'elle a accompli pour mon accession au trône. Je dois rester calme pour elle :

— N'ont-ils trouvé aucun remède à sa maladie ?

— Je crains que non, mon pharaon. Nos guérisseurs ont tout tenté pour la soigner. Ils estiment que son heure est arrivée pour elle de rejoindre l'au-delà...

Je retiens mes larmes, serre les dents et les poings. Je ferme les yeux, réfléchissant un moment. Un profond silence s'installe entre nous. Je rouvre les yeux et fixe le visage pâle de mon vizir :

— Combien de temps lui reste-t-il ?

— Euh... Il hésite.

— Vizir, Je vous ai posé une question...

— Mon seigneur, répond-il, inclinant respectueusement la tête. Les praticiens sont incertains.

Je relève la tête. Descendant lentement les marches en marbre blanc, je déambule avec dignité dans cette vaste salle ornée de fresques éclatantes, teintées de rouge, de bleu et de blanc, et de me diriger vers la chambre de ma mère. Devant le rideau fermé, mon cœur s'emballe. Je prends une profonde inspiration par le nez, puis expire longuement par la bouche. Posant ma main contre cette barrière qui nous sépare, l'écarte doucement sur le côté, entrant ainsi dans la pièce. L'air embaumé par la maladie me donne des frissons.

Approchant avec précaution, mes yeux rivés sur ce grand lit où repose ma mère, recouverte d'une large toile de lin blanche pour éviter qu'elle n'attrape froid. Ma poitrine se serre à la vue de son visage fatigué. Ses yeux se tournent vers moi, et, d'une voix faible, elle murmure :

— Bonjour, mon cher fils.

Je me procure un siège, m'assois près d'elle et capture sa main glacée, cherchant à l'adoucir avec ma propre chaleur. Elle me serre faiblement, mais me sourit malgré tout. Je lui rends son sourire :

— Vous semblez abattu, mon fils. Pourtant, il n'y a aucune raison de l'être. Je vais bientôt rejoindre Séthi 1er... votre père.

Je souris légèrement et répond :

— Je sais, mais vous voir ainsi me peine.

— Ne vous inquiétez pas pour ma santé, Ramsès. Tout est déjà prêt. J'ai même vu les prêtres qui ont terminé de concevoir mon sarcophage.

Ces paroles me fendent le cœur. Percevant ma détresse, elle retire sa main de la mienne et la pose doucement sur mon visage :

— Mon fils bien-aimé... Soyez assuré que je vous garderai toujours dans mon cœur, en vous contemplant d'un endroit au-delà de ce monde. De la même manière que les divinités observent leurs fidèles... ce n'est pas la fin, mais plutôt le début d'une nouvelle aventure.

Je fixe ma mère, les yeux remplis de larmes. Bien que je sois un dirigeant, devant elle, je suis incapable de dissimuler mes émotions. Touché, je ne peux que hocher la tête en signe d'approbation. Elle me sourit affectueusement et poursuit d'une voix feutrée :

— Écoutez-moi avec attention, car je vais vous dire une chose importante. Bien qu'il y ait des moments où vous doutez de vos capacités à régner, sachez que, en vérité, vous allez devenir le plus grand des pharaons, surpassant même votre père et votre grand-père. Vous êtes Ramsès II, le roi d'Égypte, n'oubliez pas cela.

Mon cœur se serre à la vue de sa vie qui s'éteint, mais je reste impassible et dis d'une voix tremblante :

— Je jure de ne jamais vous oublier, ma chère mère.

Un sourire éclaire son visage tandis qu'elle expire son dernier soupir, et rejoint paisiblement nos ancêtres et dieux.

A  Travers le temps. Tome 1. L'âge Des Pharaons. CorrigerDes histoires addictives. Découvrez maintenant