Mercredi 28 Novembre :
14h27 : Je suis actuellement dans ma voiture en train d'écrire dans mon journal en cachette. Garée à proximité de chez mon manager, je devrais descendre de ma voiture et commencer à parcourir les centaines de mètres qui me séparent de son appartement. Mais je ne peux pas. Je viens de laisser Solal à la salle d'escalade et j'ai vraiment peur qu'il lui arrive quelque chose. Je suis à deux doigts d'appeler mon manager pour lui dire que je suis malade et qu'on annule le rendez-vous et puis de faire demi-tour et d'aller chercher mon fils. Mais vu comme il semblait heureux ce matin d'aller essayer un nouveau sport, je sais qu'il m'en voudrait si je l'en empêchais. Alors je n'ai plus qu'à poser mon stylo et mon carnet et à courir jusque chez mon manager pour éviter d'être en retard.
16h04 : À chaque fois que mon téléphone vibre, j'ai peur que ce soit Anthony pour me prévenir qu'il y a eu un problème avec mon fils. J'espère qu'il ne va pas aimer l'escalade et que je n'aurais plus besoin de stresser pour ça. J'ai dû m'enfermer dans les toilettes pour souffler un peu. Je suis ridicule.
21h34 : Je viens juste de coucher Solal alors là il fallait que j'écrive ma fin de journée. J'ai fini de travailler à 18h30. Soit, plus d'une heure et demie après la fin du cours d'escalade. J'ai donc couru jusqu'à ma voiture en priant pour que Solal ait appelé ma mère pour qu'elle le garde en attendant mon retour. Il n'a que 10 ans et je ne veux pas qu'il reste seul. C'est finalement après une heure dans les embouteillages que j'ai réussi à rejoindre mon appartement. J'ai couru aussi vite que je l'ai pu jusqu'à ma porte d'entrée et je l'ai ouverte brutalement. Solal a tourné la tête vers moi en riant.
- Tu as couru un marathon ? m'a-t-il demandé.
- Tu es tout seul ?
C'est là qu'Anthony est sorti de la cuisine avec un tablier sur lui.
- Salut Jen, m'a-t-il souri.
- Euh... Salut...
- Je n'ai pas voulu laisser Solal tout seul alors je suis resté avec lui en attendant que tu rentres. J'espère que ça ne te dérange pas. Comme il n'a que 10 ans, je ne savais pas vraiment s'il restait souvent seul ou pas alors je n'ai pas voulu prendre de risque.
- Merci beaucoup, c'est gentil. Et ça ne me dérange absolument pas. Mais Solal, tu aurais pu appeler mamie pour qu'elle vienne. Ça aurait évité à Anthony de perdre son temps.
- Je n'y ai pas pensé, a souri mon fils.
- Et je n'ai pas perdu mon temps. Ça ne m'a absolument pas dérangé, a ajouté Anthony.
- Merci alors, ai-je souri. Et je suis désolée de rentrer si tard. J'ai vraiment fait au plus vite mais entre mon manager qui ne cesse de parler et les embouteillages...
- Ne t'inquiète pas, je comprends. J'avoue que j'ai commencé à m'inquiéter en ne te voyant pas revenir mais ton fils m'a dit que c'était normal. Alors je ne t'ai pas appelée pour savoir si tout allait bien.
- Oh, oui, non c'est normal. Il ne fallait pas t'inquiéter pour ça.
- Ça s'est bien passé avec ton équipe ?
- Oui, enfin... je crois. Et vous ? L'escalade ? Solal a été sage ?
- Très, a souri Anthony.
- J'ai adoré ! s'est exclamé mon fils en sautant partout.
- Tant mieux alors, ai-je soupiré.
- On passe à table ? a proposé Solal.
- Euh... C'est-à-dire que rien n'est prêt et...
- On a fait à manger ! m'a coupée mon fils. On a pensé que tu serais fatiguée en rentrant alors on a tout préparé avec Antho.
- Oh... Euh... D'accord, ai-je souri un peu surprise.
- Du coup je l'ai invité à manger. Comme il a cuisiné, il peut bien rester avec nous ce soir.
- Ce n'est pas pour ça que j'ai fait à manger Solal, a souri Anthony gêné.
- Non mais il a raison, reste manger avec nous, ai-je dit.
Il a eu l'air content de ma proposition puisqu'il a acquiescé en souriant. Mon fils a alors tiré une chaise dans la salle à manger et il m'a poussée vers la table.
- Allez maman, assieds-toi, on arrive avec le repas, d'accord ?
- Je vais peut-être vous aider à mettre la table déjà, ai-je ri.
- Non ! C'est nous qui nous occupons de tout ce soir ! a lancé mon fils plein d'enthousiasme.
J'ai alors ri et me suis installée à table. Je n'ai pas attendu longtemps avant qu'ils ne reviennent dans la salle à manger avec les assiettes. Rapidement, j'ai senti la présence d'Anthony dans mon dos et ses bras ont frôlé mes épaules pour déposer la vaisselle propre devant moi. J'ai alors penché la tête en arrière pour le remercier et il a caressé doucement les pointes de mes cheveux en souriant. J'avoue avoir été déçue quand il s'est éloigné. Mais s'il était resté un peu plus longtemps, j'aurais fini par craquer et je me serais jetée dans ses bras. Et je ne suis pas certaine que ce soit le genre de chose à faire devant mon fils. Alors, il a peut-être bien fait de s'éloigner un peu. Même si la chaleur qui émanait de son corps me manquait déjà beaucoup. Heureusement, il n'est pas parti bien loin puisque, sous les ordres de mon fils, il a pris place sur la chaise juste à côté de moi.
- Devine ce qu'on a cuisiné maman ! a souri Solal.
- Euh... Je ne sais pas du tout...
- On a fait des lasagnes ! s'est exclamé mon fils.
- C'est vrai ? ai-je demandé en me tournant vers Anthony. J'avais tout acheté pour en faire et finalement, je n'ai pas trouvé la motivation.
- Oui, c'est ton f... a commencé Anthony.
- Il est trop fort Antho ! Il doit lire dans tes pensées, l'a coupé Solal.
Je me suis alors tournée vers Anthony pour lui sourire et il me l'a rendu avant de prendre mon assiette pour me servir. Il a ensuite rempli l'assiette de mon fils, puis la sienne, et nous avons commencé à manger.
- C'est excellent, ai-je souri. Vous êtes doués.
- C'est surtout Antho. Moi je l'ai regardé, a ri Solal.
- Non, tu m'as bien aidé aussi.
- En tous cas, c'est vraiment bon, ai-je dit.
- Il faudra qu'Antho vienne plus souvent, comme ça on te fera pleins de plats différents.
- Je ne dis pas non, ai-je ri.
- Toi aussi maman il faudra que tu nous fasses à manger. Tu cuisines trop bien.
- Merci.
- Il parait que tu fais des crêpes meilleures que les meilleures crêpes du monde alors, j'avoue que j'aimerais bien goûter, a souri Anthony.
- Solal exagère toujours, ai-je ri.
- Moi je le crois. C'est toi qui n'es pas objective envers toi-même.
- Si... Je suis très objective.
- Ah oui ? Alors si tu es objective, tu dois pouvoir me citer tes qualités, a souri Anthony.
- Euh...
- Attends, je vais les dire à sa place parce qu'elle ne va pas répondre, m'a coupée Solal. Alors, déjà elle est gentille, elle est drôle, elle est belle, elle cuisine super bien et aussi c'est la meilleure des mamans. Tu vois Antho, ma mère, c'est la femme parfaite.
Anthony a souri mais moi j'ai rougi. Il va finir par croire que j'utilise mon fils pour parvenir à mes fins. Alors, ne sachant plus vraiment où me mettre, j'ai terminé mon assiette en les écoutant parler et Anthony est parti assez rapidement après le repas puisqu'il travaille demain et que Solal devait aller au lit. D'ailleurs, quand je suis allée lui dire bonne nuit, il m'a dit qu'Anthony était vraiment super.
22h08 : En y réfléchissant, je me demande si Solal n'essaie pas de me caser avec Anthony. Il ne cesse de nous complimenter l'un à l'autre. Si ça se trouve il a compris que ce n'était pas juste un ami comme ça, mais plutôt un homme qui me plait.
22h16 : Je viens d'envoyer un message à Anthony qui disait : « Merci beaucoup d'avoir gardé mon fils cet après-midi. Et pour le repas aussi. J'étais contente que tu manges avec nous. ». Il m'a répondu quasiment instantanément : « Merci à toi de m'avoir fait confiance pour Solal, il est vraiment super ton fils. Et merci de m'avoir accepté à votre table. Je passe toujours de très bons moments à tes côtés. ».
22h33 : Je crois qu'il me manque.
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Paradis Secret - Fiction courte [Terminée]
FanficImaginez... Vous marchez tranquillement dans la rue, les yeux rivés sur vos baskets. Devant vous, une petite brune semble bien pressée. Munie de ses lunettes de soleil et de sa casquette, elle accélère un peu plus sa cadence. Mais vous la reconnaiss...
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