Chapitre 4

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« Monsieur Parker, Monsieur Osborn : excellent travail, comme d'habitude, les félicita le professeur Warren, une fois leur présentation achevée. Poursuivez ainsi et vous obtiendrez très certainement votre bourse ! »
Toute la classe applaudit le binôme, qui se souriaient l'un l'autre. Après quelques secondes d'hésitation, Harry s'approcha et serra son camarade dans ses bras. Même si Peter n'en avait pas parlé, tout le monde était au courant. L'émotion était palpable. Les deux amis inspirèrent un bon coup avant de retourner s'asseoir. Un autre groupe se leva à son tour pour présenter leur projet trimestriel.
« C'est génial Pete, exultait Harry. Quand mon père va voir la note... Et puis imagine tout ce qu'on va pouvoir faire avec nos traceurs ! On pourrait...
-On ne va pas les utiliser, refusa Peter.
-Quoi, mais pourquoi ? Tout ce travail pour rien !
-Qu'est-ce qu'on en ferait ? On espionnerait les gens à la sortie des cours ?
-Qu'est-ce qu'on va en faire alors ?
-Je ne sais pas, on peut toujours les laisser à Monsieur Warren. Tu viens travailler chez moi ce soir ?
-Désolé Pete, pas ce soir. J'ai un rencard avec Liz Allen. »
La voilà, la grande différence entre Harry et Peter. Bien que les deux adolescents aient toujours été comme les deux doigts de la main, Harry lui était d'un naturel avenant, très extraverti et bon sportif. Rien à voir avec Peter, qui passait pour un geek à lunettes avec son air introverti et timide. Vu de l'extérieur, on pourrait se demander comment les deux avaient pu devenir amis, et pourtant, l'un n'hésiterait pas à donner sa vie pour l'autre. Seulement, en grandissant, Harry découvrait un monde qui était encore inconnu à Peter, ce qui ne faisait que creuser le fossé qui les séparait déjà.
« Ah, soupira Peter. Super ! Amuse-toi bien.
-Merci, sourit Harry. Tu me raccompagnes chez moi au moins ? »
Les deux amis quittèrent le lycée et se baladèrent une demi-heure dans Manhattan, discutant de tout et de rien ; surtout de rien. Alors qu'ils se trouvaient à quelques rues seulement du domicile de Harry, une limousine noire les arrêta.
« Monsieur Osborn ? les apostropha un vieil homme au volant du véhicule.
-Bernard, soupira Harry. Je vous ai déjà dit que je ne voulais pas que l'on soit vus ensemble en ville.
-J'ai bien compris que vous tenez à vous détacher de l'image de votre père jeune homme, mais c'est lui-même qui m'a chargé de venir vous chercher. La tour Oscorp subit une attaque terroriste en ce moment même. Votre père est dans son bureau, il tient à ce que votre sécurité soit assurée.
-Oh mon Dieu, gémit Harry. Pete, je te retrouve de... Peter ? »
Disparu.

*

Le soleil déclinait, la tour Oscorp était encerclée par une vingtaine de voitures de police, presque le double de fourgons blindés ainsi que trois hélicoptères qui décrivaient de grands cercles dans les airs. Le siège de l'une des plus grandes industries du pays était pris en otage et aucune revendication n'avait encore été formulée. Les forces de police attendaient les ordres, aux aguets. Pour l'instant, aucune activité. Silence radio. Les derniers coups de feu avaient résonné il y a presque une heure maintenant. Soudain, un camion de livraison sortit de la tour en trombe.
« Plus vite, plus vite ! hurla l'un des fuyards à l'intérieur.
-Arrêtez-les ! hurla le sergent. Ne les laissez pas partir !
« Schultz ! aboya l'homme au volant. Vous en avez récupéré combien?
-Ils n'avaient qu'un seul échantillon, c'est tout ce qu'on a!
-Merde... prends-en soin ! S'il lui arrive quoi que ce soit, c'est toi le responsable !
-Toc toc ! les interrompit une voix à l'extérieur du véhicule. Vous me faites entrer ?
-Bordel, c'est quoi ça ? »
Un homme en combinaison rouge, affublé d'une cagoule et d'un sweat à capuche bleu était accroché au véhicule. Le conducteur serra à gauche, puis à droite, essayant de faire lâcher prise au gêneur.
« C'était quoi, ça ? s'inquiéta Hermann Schultz à l'arrière.
-Quelqu'un s'est accroché au fourgon. Ouvrez l'œil ! Au moindre signe de vie, vous le descendez ! »
Les deux complices à l'arrière ramassèrent leurs armes et se préparèrent à tirer. Au début, rien. Puis, un bruit de pas se fit entendre sur le toit du véhicule.
« Ouvrez le feu ! hurla le conducteur. Butez-le ! »
Ses deux complices vidèrent leur chargeur dans la direction du bruit pendant une bonne minute sans interruption.
« Vous l'avez eu ?
-Je pense, Gargan. Dépêche-toi de nous ramener ! »
Un bruit métallique se fit entendre, puis l'une des portes du fourgon fut arrachée. L'individu masqué entra dans le fourgon.
« Sympa vos armes, vous me laissez les essayer ? »
L'homme tendit le bras, et une toile d'araignée en jaillit et s'accrocha aux armes des braqueurs. D'un coup de poignet, les armes leurs furent arrachées des mains.
« Comment t'as fait ça ?
-Ça te plaît ? Je l'ai fabriquée moi-même, j'en suis plutôt fier !
-Merde ! » paniqua Hermann. Il ouvrit une mallette, en sortit un gantelet métallique et l'enfila. Avant que l'individu masqué ait eu le temps de réagir, il lui asséna un violent coup de poing qui libéra une puissante onde de choc et le projeta hors du camion. Aussitôt, il tissa une nouvelle toile pour s'accrocher au camion.
« Gargan ! hurla Hermann. Tourne à droite, maintenant ! Myers, enfile ton équipement !
-Protégez le sérum ! se contenta de répondre Gargan. On ne peut pas se permettre de revenir sans !
-Vous parlez de ça ? »
L'individu s'était agrippé au camion et, d'un jet de toile, s'empara de la fiole au liquide vert que Schultz tenait dans sa main valide
« Non! Rends-moi ça! »
Il se pencha hors du camion pour reprendre l'objet volé. Avant d'avoir pu faire quoi que ce soit, il fut attrapé par le gant, puis un jet de toile le propulsa contre un immeuble. Schultz était attaché la tête en bas par une toile d'araignée.
« Très bien, grogna Mac Gargan. Myers, prends le volant !
-À qui le tour ? plaisanta l'individu masqué, à nouveau dans le fourgon.
-Toi ! Dégage de là ! »
Un bras robotique vint frapper le justicier dans le thorax. Sonné par le coup, celui-ci tomba au sol. Il tenta péniblement de se relever, mais le bras, ou plutôt la queue, s'enroula autour de son poignet, et resserra son étreinte jusqu'à ce que la douleur lui fasse lâcher le sérum.
« Le patron nous payera une sacrée somme pour le sérum Oz, sourit Mac Gargan. Quant à toi, le justicier en survêtement, ne t'avise plus jamais de te mettre en travers de notre chemin. Myers ! Sors du camion, maintenant ! »
Les deux criminels sautèrent du véhicule et s'enfuirent sans demander leur reste. Le justicier voulut les rattraper mais le camion ne s'arrêtait pas. À quelques mètres de là, la route avait été barrée pour rénovations. Plusieurs ouvriers travaillaient sur le chantier. Et le camion fonçait droit sur eux.
« Non... non, non ! »
Le justicier grimpa sur le toit du camion et sauta aussi loin qu'il le put devant le fourgon. Il plaça ses mains devant lui, et se prit le camion de plein fouet. Serrant les dents, il souleva le véhicule jusqu'à ce que toute son énergie cinétique soit dissipée. Épuisé par l'effort, il lâcha le camion et poussa un soupir de soulagement, avant de se laisser tomber sur le sol.
« Vous... murmura l'un des ouvriers. Vous êtes pas humain ! Ce camion, vous l'avez arrêté à mains nues ! Qui êtes-vous ?"
Peter se releva non sans mal et grogna une seconde avant de répondre :
« Je suis votre sympathique voisin, Spider-Man ! Maintenant excusez-moi, poursuivit-il alors que les forces de police se rapprochaient, je ferais mieux d'y aller.» Sur ces mots, il tissa une toile et s'envola dans les airs.

*

« ...après le braquage de la tour Oscorp survenu il y a maintenant une heure. Aucun mort n'est à déplorer, mais les voleurs se sont enfuis avec le prototype de la toute dernière invention des laboratoires Oscorp : le sérum Oz. Ce genre d'événements semble se multiplier depuis l'apparition des premiers êtres augmentés cet été. »
« Ce n'est pas possible... pestait Norman Osborn, seul devant son poste de télévision. Cette affaire va nous coûter des millions ! »
Furieux, l'homme d'affaire fracassa son poing contre la table et envoya valser la pile de paperasse qui s'y était entassée.
« Trois ouvriers ont failli trouver la mort dans la course-poursuite.
-Il nous a sauvé la vie, expliqua l'un des ouvriers. Il s'est placé devant le camion et l'a arrêté à mains nues. Et après ça, il s'est envolé au bout d'une toile d'araignée !
-Vous a-t-il dit quelque chose avant de partir ?
-Seulement son nom : Spider-Man ! »
Un souvenir refit alors surface dans l'esprit de Norman. Celui d'un accident, quelques semaines plus tôt avec l'une de ses araignées de laboratoire.
« Parker ? »

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