Je ne sais pas quoi dire.
Je ne sais pas quoi écrire.
Pour commencer, on ne va pas dire que tout ce qui va suivre sera une éloge. Non. Je ne te déteste pas. Ce n'est pas pour autant que je vais être tendre. Après tout, c'est toi qui dit que je suis une personne pouvant être froide, irritable et au langage de cité. Malgré ça, tu t'es tuée à dire que je savais bien écrire et que j'avais meilleur temps de devenir journaliste. Je vais alors me positionner comme journaliste et faire le rôle de ce dernier : dire la vérité.
Très chère mère, n'oublie pas qu'il n'y a que la vérité qui blesse.
Commençons par une anecdote qui me broie les entrailles.
Te souviens tu d'Alyssa ? Non, bien sur tu ne l'as pas connu. Tu ne la connaitras jamais d'ailleurs. Pourquoi ? Et bien ! Tu le sais voyons ! Ah oui c'est vrai... Tes médicaments agissent sur ta mémoire ! Quelle idiote je suis. Mais... Je me demande comment tu peux oublier pourquoi ta fille a chialé, pourquoi elle cherchait du réconfort à ce moment là. Ce jour là tu m'as parlé. Heureusement. Mais tes mots ont eut l'effet de milliers de rasoirs qui m'ont tranchées la langue, la gorge et l'estomac. Si j'avais pu choisir quand j'allais mourir, j'aurai choisi ce jour là.
Sympa l'anecdote n'est ce pas ?
Non, je ne veux pas de tes excuses soi-disant sincères. Je ne veux pas non plus que tu m'enlaces. Tu aurais du le faire ce jour-là, quand cela était possible.
Je sais, je commence rudement, mais après tout je suis une personne froide, c'est toi même qui l'a dit. Je préfère te dire que ce n'est que le début.
La suite remonte à bien plus longtemps. Toi. Tout le monde doit savoir que tu souffres. Tout le monde ! Par contre, quand il s'agit des autres, ton attention devient optionnelle.
Aaaaah ! Oups ! J'oublie ton cancer et ta récidive... C'est vrai que cela dispense de beaucoup de chose. Comme de porter attention aux autres et de les écouter. Ton seul argument face à ça est "je t'ai écouté pour ton choix d'étude". Je te répondrai "C'est normal. Tu es ma mère.". Après... Est ce que le fait que le prêt soit à mon nom n'aide pas un peu ? Sais tu comment je le surnomme ce prêt ? Le prêt de la honte.
Ne t'effondre pas en larme maintenant... Je n'ai pas fini.
Et si on parlait un peu de cette hypocrisie dans laquelle tu vies et plonges les gens ? Tu sais... Vivre dans la peur d'une personne et par la suite de "m'utiliser" pour atteindre cette personne... Il n'y a qu'à toi qu'il faut t'en vouloir. Tu as attiré le rapace sur toi. Tu t'es faite déchiqueter. Rien de bien compliqué vois tu ?
Alors, ne viens pas pleurer sur ce qu'il t'arrive. Ne viens pas me voir à nouveau pour m'hurler tes malheurs. Plus tu m'en parles, plus ils sont insignifiants pour moi. Je pourrai donner l'image des malheurs de Sophie, cette pauvre gamine qui a perdu sa mère, puis son père. Qui a été frappé par sa belle-mère, qui a vécu dans une peur continue. Et bien... On aurait tout pour la plaindre. Pourtant, on sait que l'histoire de Sophie se finit bien. Elle a grandi, elle a une place importe dans le monde. C'est pour cela qu'on ne la pleure pas. Toi. Tu es vivante ! Alors, comme pour Sophie, je n'irai pas pleurer tes malheurs.
Après tout, on lamente vraiment les gens que quand ils sont six pieds sous terre. Non. Je n'attends pas ta mort, loin de là. Je souhaite juste te faire comprendre ce que j'ai dans la tête. Oui. J'ai des choses horribles en tête. Oui. Comme toi je vis dans cette hypocrisie. Mais je ne m'en cache pas. Beaucoup savent que ce ne sont que des habits, contrairement à toi où c'est ton parfum, ton maquillage, voir même ton moulage !
Je vais t'avouer une autre chose. Je sais que tu as pris mon identité. Oui, oui ! Je le sais. Juste un conseil, la prochaine fois que tu feras ce genre de chose : ferme la porte. Tu dois être provoquée, je me trompe ? Et si la question te passe par la tête... Oui, j'ai pensé à porter plainte. Mais je ne l'ai pas fait, pas que je n'avais pas la volonté. Je trouvais juste le gout de la vengeance personnelle plus appropriée.
Mon choix n'est pas égoïste, crois moi ! Je sais que tu adores les petits secrets familiaux. Sincèrement, je pense que même toi tu n'aurai pas eu l'esprit assez tordu pour penser à celui là ! Non. Toi, tu vas juste te taire jusqu'à ce que une personne le perce à jour ! Je serai heureuse de voir ton visage le jour où tu t'apercevra que, oui, j'ai parlé. Oui j'ai raconté ce que tu as fait. Oui tout le monde le sait. Ils savent tout, enfin presque... Il ne reste plus que leur le montant totale du prêt pour que cela soit vrai.
Croit le ou non, mais je ne vais pas me venter de ce que j'écris là. C'est l'un des pires écris jamais composé. Un écrit cruel qui est là pour te dire ce qui me ronge, ce qui me bouffe ! Mais pas que, cet écrit est aussi là pour dire que oui, des parents divorcent et que oui, même après ce divorce ils s'entretuent. Et dans ce massacre beaucoup d'entre eux emportent leurs enfants. Je pense que le fait d'être aspirer par ce tourbillon fait que l'enfant ne peut plus être enfant. Il devient adulte sans même le savoir.
Je pense que le pire dans tout ça, c'est que certains parents se rendent compte de leurs erreurs mais même avec la plus belle des volontés, peu d'enfants arrivent à leurs pardonner. Souvent parce que la réclamation du pardon est fait maladroitement, ou mal interprétée.
Il y a aussi le cas des enfants silencieux. Ceux qui pensent que tout est normal car on leur fait croire que ça l'est.
Pour moi, mon cas familiale était normal, car on me disait que beaucoup de parents divorcés de nos jours. Mais maintenant je dis que non. Ce n'est pas normal. Je n'aurai jamais du prendre mon enfance comme une normalité. Personne ne devrait prendre une enfance comme celle-ci comme normale. Un enfant le pensant sera excusé, il n'y peut rien. En revanche, les personnes adultes disant que tout est normal, seront les seuls blâmés.
Au final, je ne savais pas quoi écrire, je ne savais pas quoi dire. Mais je l'ai quand même fait. Après, à toi de voir si tu arriveras à lire entre les lignes.
Coral.
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Les petits mots
PoetryIci, j'écris des poèmes de tout genre et des textes relativement court. Pour toute précision, les mots que vous lirez sortent de ma tête. Dénoncer, prononcer, crier, hurler. Quotidien, amour, vérité, mensonge. "Verba volant, scripta manent" Horac...
