Quand je ferme les yeux, je revois cette scène. Je revois ma pire peur. Je revois mon pire cauchemar.
Ce jour là, mon père était au volant, moi, j'étais derrière, je jouais à ma DS et je devais avoir six ans. Je ne faisais pas attention à la route, je ne regardais même pas le paysage de ma ville natale, j'étais concentrée à jouer sur Mario Kart. Je tuais juste le temps. Nous avions dans le coffre de la voiture le pique-nique, je me souviens que j'avais hâte d'arriver là où nous devions manger. Je savais qu'une amie de mon père nous y attendait avec sa fille qui était un tout petit peu plus jeune que moi.
Je me souviens qu'il faisait très beau ce jour-là, le temps était vraiment magnifique. Le soleil brillait, les montagnes étaient recouvertes de feuilles vertes et le lac, n'avait jamais été aussi clair.
Alors que je commençais à me lacer de mon jeu vidéo, que je venais de ranger ma DS dans sa pochette, ma tête frappa contre le carreau de la fenêtre arrière de la voiture. Et c'est là que mon cauchemar commence. J'étais ballotée dans cette voiture dans tout les sens, nous butions contre les panneaux de signalisations, contre les trottoirs, nous n'allions pas très vite, mais je n'ai jamais eu autant peur de ma vie. La voiture à finis ses mouvements de "zigzag" face à un panneau, bloquant la route à une voiture.
Je me souviens bien de cette voiture, c'était un fourgon noir conduit par une femme, elle a insulté mon père, qui, lui n'a pu que lever les bras. La femme n'est pas descendu pour voir ce qui se passait, elle nous a passé devant. Et je venais de comprendre ce que voulait dire "au moindre problème, prends mon téléphone, compose le 112 et dit à la personne qui te reçoit que je suis diabétique.".
J'avais alors cherché le téléphone de mon père, mais je ne l'avais pas trouvé alors, en espérant que quelqu'un vienne j'ai tapé sur la vitre en criant, en hurlant, en appelant à l'aide. J'étais tellement terrifiée de m'éloigner de mon père, que je n'étais même pas sortie du véhicule.
Je me souviens, quand je criais à pleins poumons et que je pleurais, les passants me regardés et après se détournaient. Je me souviens aussi d'une petite fille, elle avait la peau noire, elle était bien coiffée et elle m'a pointée du doigt, son père était juste à coté et il a tourné la tête, il a regardé la voiture et est parti. Je pense que c'est la pire chose qui soit dans cette histoire, se sentir abandonné par tout le monde.
Et puis, un homme était venu, il avait ouvert la porte et m'avait fait sortir, il m'avait demandé ce qu'il c'était passé et je lui avais tout simplement répondu que l'on devait appelé le 112 et que mon père était diabétique. Il avait alors commencé à fouiller ses poches, pour prendre son téléphone.
Ce jour là, je ne sais pas ce qu'il m'a prit, mais j'ai eu une réaction étrange, je suis à nouveau rentrée dans la voiture et j'ai pris sur le siège passager le gilet jaune et je l'ai enfilé. J'avais six ans et je venais de faire la chose la plus logique pour un adulte et la chose à la plus inutile pour un enfant.
Comme l'homme ne trouvait pas son téléphone, nous sommes allés chercher des personnes et c'était des femmes en roller qui ont appelé les pompiers. Je ne me souviens plus de l'attente, je me souviens juste de l'arrivée des gendarmes et du fourgon des pompiers.
Ils ont mis mon père sur un brancard et un pompier m'a dit que j'avais été très maligne et m'a demandé "A combien roulé ton père?", je lui ai répondu que je ne savais pas et il m'a installée dans le fourgon. Je me suis assise sur un siège dépliable rouge et les pompiers ont rentrés mon père dans le camion.
Dans ce souvenir, une chose m'a terrorisé, c'était certes le fait d'avoir été laissé dans la voiture, mais aussi d'avoir entendu la voix de mon père m'appeler. Sa voix était comme endormit et souffrante aussi. Il voulait savoir où j'étais, je pense que j'ai été paralysé par cette voix et c'est une femme qui a répondu que j'étais juste derrière et que j'allais bien puis, mon père n'a plus rien dit et j'ai rallumé ma DS.
C'était ma grand-mère qui était venu me chercher à l'hôpital, je me souviens qu'elle m'a prise dans ses bras et qu' elle était allée remercier les pompiers qui étaient encore là.
Par la suite, toute mes années de primaires ont été bercé par cet événement. Je n'arrêtais pas d'imaginer que dans chaque catastrophe, mon père était dedans, seul. Que personne n'allait l'aider.
Aujourd'hui, je sais parfaitement que ce n'est pas lui, mais chaque fois que je vois un camion de pompier, je m'éloigne le plus vite possible, car j'ai peur que ce cauchemar réapparaisse durant mon sommeil. Et je n'ai pas tort d'avoir peur de ça, car chaque fois que je commence une nuit d'insomnie, que je ferme les yeux, je me revois dans cette voiture. Je revois toute les personnes que j'ai décrit dans ce texte. Et c'est juste : horrible.
Harybo chan.
NDA :
Merci, d'avoir lu une partie de ma vie, j'espère que le fait de l'avoir écrit va me permettre d'arrêter de penser à ce jour où nous devions passer une bonne journée. J'aimerai remercier cet homme qui est venu m'aider, non... NOUS aider. Je le fais par écrit, car je ne l'ai plus jamais revu. Mais j'aimerai le revoir pour lui dire que grâce à lui, mon père est toujours là. Je ne déteste pas les gens qui nous ont regardé et laissé, je suis juste en colère contre eux et contre leur comportement.
Merci encore.
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Les petits mots
PuisiIci, j'écris des poèmes de tout genre et des textes relativement court. Pour toute précision, les mots que vous lirez sortent de ma tête. Dénoncer, prononcer, crier, hurler. Quotidien, amour, vérité, mensonge. "Verba volant, scripta manent" Horac...
