Combattantes et Combattants

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Angoisse, c'est ce qu'elle est. Peur, c'est ce qui l'entoure, ce qui l'étouffe.

Hier, tout l'immeuble a entendu gueuler en Turque et claquer une porte dans l'appartement du dernier étage. Personne ne veut savoir ce qu'il se passe.

La vie en HLM, la vie en cité, c'est d'ignorer les problèmes pour s'en créer de plus gros.

Depuis le hall d'en bas on entend cette femme. Personne ne fait rien. Personne ne sort. 

Ignorance. Négligence. 

Lois de cette cité stupide.



Le Week end, seuls les mineures sont dans l'immeuble. 

Non ! J'en oublie l'ivrogne de l'avant dernier étage. Mais qui va se soucier de celui qui crie "sales Arabes" ? A part la petite lycéenne de l'immeuble qui regarde par l'œil de Judas ? Téléphone en main. Prêt à appeler le numéros d'urgence. Mais jamais elle ne le fera. C'est une perte de temps. 

Le commissariat et la gendarmerie ne pourront que lui dire "attendez, nous envoyons une voiture". Vingt minutes plus tard. Personnes. Vingt minutes plus tard, une porte probablement enfoncée. 

Seule. Isolée. Impuissante. Elle ne peut pas parler. Pourquoi ? N'oubliez pas, si l'on se soucie d'un ivrogne, il faudra se soucier de cette femme qui crie et pleure dans le hall d'escalier entre le dernier et avant dernier étage. Et qui viendrait l'épauler ? L'aider face à un homme ivre ?

Ignorance. Négligence.

Lois de cette cité stupide.

 Seul. Isolé. Impuissant.

Condition de vie des mineurs en HLM.



Stresse, c'est ce qui le consume. Fragilité, c'est ce qu'il est. Papa a dit "T'es pas pédé mon fils". 

C'est le garçon du rez-de-chaussée, jeune adulte sans problème, sans alcool ou presque, sans drogue mais avec la chemise imprégné de l'odeur de la cigarette.

Bon étudiant, il est dans une école privée dans le supérieur.  Il est doué et intelligent. Il a une belle carrière d'avocat devant lui, un véritable avenir. Un si bel avenir s'ouvrait à lui, s'il n'avait pas enfin avouer son homosexualité. 

Il c'est déchargé d'un poids plus lourd que l'enclume, pour finalement couler et se noyer. 

Ce sont les frères Abbas qui l'ont vu sur le palier de sa porte, valise en main. Les frères Abbas n'ont qu'entre cinq et dix ans. Ils sont innocent, ils sont gentils, souriants, serviables et pourtant, s'ils n'avaient pas vu cette scène, ils n'auraient pas insulter le garçon du HLM d'en face de pédé. Si le pépé du premier étage n'était pas que rester sur le palier de sa porte, peut être que le garçon du rez-de-chaussée aurais eut le courage d'affronter à nouveau son père et de ne rien foutre en l'air. Peut être que l'homophobe du rez-de-chaussée aurait enfin payé pour son homophobie. Peut être que les frères Abbas auraient comprit que "pédé" n'est pas qu'un simple mot.

Ignorance. Négligence.

Lois de cette stupide cité.

Seul. Isolé. Impuissant.

Condition de vie des mineurs en HLM.

Esprit fermé. Innocence. Témoins mués. Violence inconsciente.

Rythme de la vie en ses lieux. 


Ça dure. La situation dure et comme de l'eau stagnante, la situation pourri. Les petites cités s'inspirent des grandes, mais comme pour les grandes, rien ne change. Les personnes aux mentalités qui évoluent partent et ne laissent que du vent derrière eux, pour être rester dans le silence. 

En parlant de silence, certaines femmes, comme prit au-dessus en exemple dans cette fiction, ou des hommes hurlent et sont entendu, mais personne ne bouge. Tout le monde supposent, donnent des hypothèses mais attendent qu'il y est un mort pour dire "Oh ! Mais l'on ne savait pas". Cette ignorance est lamentable, mais personne ne veut prendre par à ses histoires. Ce délit s'appelle négligence à la personne en danger. 

En parlant d'ignorance, de négligence:  le racisme, le sexisme, l'homophobie et encore pleins d'autres, devraient être à bannir et expliquer. Ignorer ses trois piliers de persécution entraîne des choses plus ou moins grave : la copie des gestes.

Les frères Abbas, sont la représentation des conséquences. 

Les frères Abbas, sont certes gentils, serviables, innocents... Mais ils incarnent la négligence des autres et la négligence linguistique sans leurs consentements. Et oui, en France, nous pouvons admirer un écart de vocabulaire entre deux classes sociale, la classe populaire et la classe disons... Aisée. 

 Alain Bentolila en a fait son combat. Il le démontre. Il le prouve, les mineurs qui grandissent dans des milieux "défavorisés" ont moins de vocabulaires que les autres. Non, ils ne sont pas idiots et encore moins handicapés !

Ils sont défavorisés ! 


Et pourtant, vivre en cité offre une grande valeur : la mixité. Les cultures se mélangent, s'entremêlent, s'embrassent et se séparent. 

Celui et celle qui vit en cité connait plus de langues et de religions que n'importe qui. 

Faisons de ce qui nous dévalorise, une grande valeur, un pilier, un tremplin, pour briser ses lois, ses négligences, pour briser cette vie qui pourri dans la merde immonde des autres. 

Quand on se donne les moyens, on réussit, on survit, on vit et on aime.

Ce n'est pas à la vie de nous apprendre qui on est, c'est à nous de lui apprendre  qui nous sommes et qui nous allons devenir. 


Harybo chan.


ps: battez vous ! 








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