La gare appartient aux pianistes

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Dans cette gare, rempli de voyageurs, un pianiste joue une folle mélodie.

Dans ce hall, où les voyageurs attendent, leurs valises entre les jambes. 

Au rythme des notes et de ses doigts, le pianiste nous fait oublier le temps de cette gare, froide l'hiver et chaude l'été. Il nous entraine loin, très loin dans sa partition. Il nous fait voler haut, très haut avec ses notes fortes, puissantes et audacieuses, nous rappelant ainsi, cette musique déjà entendu, voir écouté... 

Le pianiste joue aussi fort qu'il le peut, maltraitant son jouet désaccordé et pourtant, sous ses doigts, sonnant juste.

Il s'approprie les lieux comme il le ferait avec une salle de concert, ne pouvant pas s'arrêter, ne pouvant pas souffler et ne pouvant pas penser, il semble être possédé par le piano.

Changeant de registre et de ton, attirant ainsi les enfants voyageurs trop curieux. Ils se mettent en ronde autour de lui et l'écoutent. Tentant d'approcher d'atteindre le jouet du musicien, tentant de le toucher, mais l'instrument est fidèle et semble amoureux des longs doigts du musicien.

Au rythme du far West, les voyageur se laisse transporter et la gare semble prendre vie. Les trains à la carrosserie grise et maussade, semble prendre de la couleur et de la gaité.

Au rythme du jazz, les enfants dansent, s'occupant comme ils peuvent avant d'embarquer dans les wagons. 

Soudains, la dernière note arrive. 

Le silence. 

La gare se rendort attendant l'arrivé d'un nouveau pianiste aux doigts ensorceleurs pour ce vieux piano désaccordé et à la mélodie envoutante pour le plus grand plaisir des voyageurs, patientant sur leurs sièges leur train. 

Les petits motsOù les histoires vivent. Découvrez maintenant