CHAPITRE 26 : la falaise bicolore
Vendredi 30 avril
Tenshi m'avait dit qu'il avait vu sur un panneau qu'il y avait des falaises avec la mer en dessous plus loin d'ici. Il m'avait fait remarquer que la vue devrait être superbe et qu'on serait peut-être mieux là-bas. Il m'avait proposé qu'on y aille et j'avais accepté, alors on a dû se diriger vers la gare car c'était quand même un peu trop loin à pied, et il fallait avouer qu'avec nos gros sacs sur le dos, on ne faisait pas long feu. On a couru jusqu'au wagon, les portes allaient bientôt se fermer et on avait vraiment la flemme d'attendre une heure comme des cons sur un banc. Il n'y avait aucune place de libre à l'intérieur, c'était blindé. Ça puait la sueur et la pisse, c'était tellement désagréable et heureusement qu'on avait pas beaucoup de temps de trajet. Je détestais prendre les transports en heure de pointe, et je pense que Tenshi partageait mon opinion vu comment il dévisageait les gens avec méfiance à sa droite.
Une vague d'adrénaline me parcoura, une main s'était posée sur mes fesses et me touchait très vulgairement. C'était un des vieux pédophiles des trains qui se collait à moi. Je baissai la tête, j'avais honte et je me sentais sale. Tenshi se trouvait face à moi, mais il devait y avoir tellement de monde qu'il ne devait même pas le voir, ni faire attention à ce qu'il se passait. La vieille main dégueulasse continuait avec insistance sur mon corps, mais j'étais paralysé par la peur. Car même si c'était pratiquement une habitude d'avoir des attouchements dans les transports, j'étais à chaque fois tétanisé par l'angoisse et j'étais totalement effrayé. Je sentis un truc dur se coller à ma cuisse et s'en était trop pour moi. Je posa ma tête sur l'épaule de Tenshi qui ne comprenait pas ce rapprochement soudain.
"Tenshi on peut aller un peu plus loin… S'il te plaît." Lui chuchotai-je simplement en tremblant comme une feuille.
Il eut quelques secondes de réflexion puis compris la situation. Il m'attrapa et échangea de place avec moi avant de me prendre dans ses bras. Cette fois-ci, je ne refusa pas son étreinte et me blottissai contre lui. Cette sensation de calme m'apaisa, je me sentais en sécurité contre lui. Il me caressa le dos pour que j'arrête de trembler et dès que la porte s'ouvrit, je m'élançai en dehors de la gare sans prêter attention ni aux passants que je bousculais, ni à Tenshi qui essayait de me rattraper. Je trouvai un coin dans une rue calme puis m'asseyai sur le trottoir avant de fondre en larmes. Quelques minutes s'écroulèrent avant qu'il ne me retrouve en panique, il s'agenouilla devant moi et posa sa main sur mon épaule pour me rassurer de sa présence.
"Ça va Eden ?
-Je peux plus respirer !"
Je posai ma main sur ma poitrine et respirai très rapidement, mais j'avais l'impression que cet acte n'avait aucun effet et que je suffoquais.
"Eden, calme toi…
-J'ai l'impression que je vais mourir !
-Ne t'inquiète pas ce n'est que passager d'accord ?"
Je détestais faire des crises de panique, surtout face à lui, je me sentais plus gêné et honteux qu'autre chose. J'avais l'impression d'être faible devant lui et de faire la tapette, je voulais qu'il me voit comme un homme, pas comme autre chose. Je détestais montrer mes sentiments aux autres. Il me regarda intensément en tapant du pied. Puis il ferma les yeux et leva la tête au ciel avant de jurer. Il se baissa finalement pour être à ma hauteur puis posa fermement sa main sur sa poitrine.
Je fixai ses yeux bleus glacés sans comprendre pourquoi il faisait ça et il fit de même avec un air extra concentré. Il étala la paume de sa main sur mon torse et exerça une légère pression. Une sensation capiteuse et agréable me prit soudainement le corps, ce fameux calme mais démultiplié, j'avais vraiment l'impression d'être shooté. Cette alacrité apaisait mon âme et adoucissait mes maux. J'arrêtai presque instantanément d'hyperventiler et je me sentais bien, trop bien. Je ne ressentais plus aucune douleur, juste les choses qui me procurait du plaisir. Le soleil sur ma peau, l'odeur salée du vent mélangée au parfum mellifluent de Tenshi qui sentait le jasmin, sa main sur mon cœur et son corps contre le mien.
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Qui sont les vivants ?
RomanceÊtre à l'apogée de son cancer et y survivre miraculeusement... N'est-ce pas trop beau pour être vrai... ? Un petit roman à première vue simple et sans importance mais qui cache au fond un réel secret. Eden, un jeune cancéreux de 17 ans survie miracu...
