TENSHI

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CHAPITRE 4 : Tenshi

Lundi 20 avril

"Eden prends tes médicaments."

Je regardai Anissa, elle était en train de vérifier si ma nouvelle chambre d'hôpital était bien adaptée, sachant que je n'avais pas trop aimé la salle de réanimation et le gilet de compression. Anissa était mon infirmière personnelle parmis quelques autres mais c'était celle qui s'occupait le plus de moi. Elle était belle malgré son âge, rousse avec les cheveux bouclés, légèrement ronde avec de grands yeux marrons. On aurait pu dire que c'était la réincarnation parfaite de la mendiante rousse de Baudelaire. C'était vraiment une crème, elle prenait soin de moi et prenait toujours le temps d'écouter mes histoires sempiternelles à dormir debout. Je fixai le cachet anti-coagulant et l'avalai rapidement avec un peu d'eau histoire de ne pas sentir le goût nauséabond du médicament. 

"Anissa… Fis-je d'une petite voix en secouant le reste d'eau au fond de mon gobelet.

-Oui ? 

-J'ai une question. Comment s'appelle le garçon avec les cheveux blancs ?" 

Cette question était restée en suspens dans ma tête depuis quelques jours et m'intriguait vraiment. Je ne l'avais pas revu depuis et j'avais étrangement eu une envie irrésistible de le revoir et de le connaître un peu plus. 

"Un garçon avec des cheveux blancs… Répéta-t-elle en touchant ses cheveux roux. Oh Tenshi ! Je ne lui ai pas beaucoup parlé mais il est adorable. 

-Qu'est ce qu'il a ? 

-Oh je ne sais pas trop, je ne lui ai pas demandé. Il traîne souvent à la salle de repos l'après-midi pour jouer avec les enfants ou discuter avec les personnes âgées. Tu n'as cas aller le voir, je suis sûr que vous allez bien vous entendre."

Tenshi… Alors il s'appelait comme ça. J'hochai la tête et après avoir fini mes contrôles quotidiens, mon infirmière repartit s'occuper d'autres patients. La pièce baignait dans un silence agaçant semblable à ceux des cimetières, ça m'irritait un peu et l'ennui me prit facilement. Je me levai et fixai ma chambre, une pièce carré avec d'affreux mur unicolore trop pâle, une fenêtre à gauche de mon lit avec une petite table de nuit en bois et métal à côté. Je me dirigeai difficilement vers la porte de la salle de bain et me contentai de dévisager mon teint blafard, j'avais encore quelques légères courbatures et la fatigue ne m'aidait pas. Mon torse continuait à me faire souffrir sous ce gros bandage malgré les médicaments servant à faire disparaître cette douleur. 

Il était quatorze heures passé, le soleil tapant dans ma vitre et mes tendances taciturnes coincés dans ma gorge. Avec un peu de chance ce fameux garçon serait là. Je sortis de ma chambre et traversai le long couloir. J'avais de la chance, ma chambre n'était pas loin de la salle de repos et les trajets étaient plus supportables à effectuer. Une petite fille chinoise aux cheveux au carrés et gris pâles me passa devant, me bousculant sur le chemin en rigolant et courant à toute vitesse. On aurait pû dire qu'elle était sœur avec ce garçon mais ça se voyait qu'ils n'étaient pas de la même famille. Elle avait quelques vieilles cicatrices aux visages le côté gauche et sur ses bras, sûrement survivante d'un accident de voiture qui doit bien remonter. 

"Ten-Ten ! Ten-Ten ! À l'aide ! Inès ne veut pas me laisser tranquille !"

Elle tourna à l'angle et je me rapprochai dans le silence. Je passai un œil, caché derrière le mur. J'étais vraiment ridicule dans cette position. Je le vis. La petite lui collait les jambes en se chamaillant avec une autre fille aux cheveux courts roux et blonds. Je remontai mon regard et vit son visage angélique, il avait l'air d'aimer les enfants. Tenshi riait de bon cœur et il replaça une mèche blanche qui recouvrait ses yeux cernés. Il était beaucoup trop mignon pour qu'il soit humain. Soudainement son regard se posa sur moi. Ses yeux bleus se plongèrent dans les miens et me dévisagèrent avec intrigue. Je mis deux trois secondes avant de me rendre compte qu'il m'avait vu l'espionner. Je me cachai subitement derrière le mur et plaquai ma main sur ma bouche, comme si ne pas faire de bruit changerait quelque chose, mais les battements de mon cœur tapaient si fort dans ma poitrine que tout l'hôpital pouvait sûrement m'entendre. 

Qui sont les vivants ?Des histoires addictives. Découvrez maintenant