chapitre cinq

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﹫ɪғʟᴍʏɴs ᴀɴᴅ ﹫ᴀᴇxʟɪᴢ ᴘᴀʀᴛ.



JISUNG ÉTAIT RESTÉ DEHORS toute la journée, se gambadant dans les rues de Séoul en remettant toute son existence en question. Fricandelle, Sacha, sa réincarnation en humain, le message qu'il avait reçu par sa « mère ». Tout lui revenait comme des flashbacks et lui provoquait des migraines qui lui donnait envie de s'éclater le crâne contre le bitume sous ses pieds.



               Chaque seconde semblait devenir plus longue que les précédentes. Il était seulement dix-sept heures quinze — s'il faisait confiance à ce qu'affichait son téléphone — et pourtant, il voulait simplement qu'il soit tard le soir, qu'il soit seul dans ces petites ruelles et qu'il puisse se concentrer uniquement sur ses pensées intérieures et non à ses voitures pour pas qu'il ne se fasse écraser, à ses gens à qui il devait répondre bonjour pour paraître poli, ou tous les autres détails qui le saoulaient déjà.



               Un énième soufflement sortit de sa bouche, alors qu'il se recroquevilla en voyant un petit fast-food où de nombreuses personnes, sans doute de son âge, squattaient en groupes.



               S'il y avait bien une chose qui avait changé chez lui en dehors de sa nouvelle apparence, c'était sa peur des gens. Depuis qu'il avait quitté le petit champ de fleurs pour se guider naturellement dans cette ville de Corée, l'ancien maïs avait une boule au ventre à chaque fois qu'il devait passer devant des groupes de personnes. Une peur qui ne sût définir. Qu'il ne savait pas contrôler. Un stress qu'il n'avait jamais connu dans sa vie antérieure.



               Cette angoisse qui tordait son ventre en deux commença à l'agacer, et avant même de passer devant ce petit squat, le jeune homme fit marche arrière, se dirigeant sans savoir. En fait, il priait juste pour que ses pieds l'emmènent dans un endroit calme, où personne n'était.



               Après plusieurs heures de marche qui lui parurent interminables, il s'installa sur un banc situé dans ce qui ressemblait fortement à un parc. Le ciel bleu laissa place à une couleur plus sombre, parsemée de petites étoiles qui recouvrait celui-ci. Seuls quelques lampadaires éclairaient les lieux, ce qui donna une ambiance assez réconfortante pour notre ami à l'apparence nouvellement humaine.




               Seul Dieu savait à quel point il se sentait seul à cet instant. Il était perdu, ne savait plus quoi faire désormais. Il n'avait plus aucun repère. Avait-il quelqu'un qui l'attendait quelque part ?



               Il n'arriva finalement plus à réfléchir et laissa ses questions sans réponses dans un coin de son cerveau. Il se sentit reposé jusqu'à ce qu'il entende un prénom qui lui rappelait étrangement quelque chose.



— Eh Jisung ! s'exclama un blond au visage d'ange, tout en se dirigeant vers sa personne.



               L'inconnu en question pris place à côté de lui, essoufflé par la course qu'il avais mené pour arriver jusqu'à son ami. Maïs, lui, était assez perplexe, le visage de cet individu lui rappelant étrangement quelque chose. Il alluma son nouvel appareil électronique, dont il avait encore du mal à l'utilisation, et regarda la photo affiché. Il constata que le jeune homme assis à côté de lui figurait sur la photo, et il fit le rapprochement. Il était sûrement ami avec lui et Jisung était donc bel et bien son nouveau prénom.



               Toujours affalé à ses côtés, le plus jeune attendait visiblement une réponse de sa part, mais dû au silence de l'autre, il reprit finalement la parole.



— Alors, qu'est-ce qui t'amène ici à te morfondre sur ce banc mon pote ? questionna donc le jeune homme rayonnant.



— Ah euh, je réfléchissais, le dénommé Jisung prit une pause, et par politesse, lui demanda. Et toi, qu'est-ce que tu fais ici ?



— Oh... j'étais chez Hyunjin, je viens de sortir de chez lui là, souffla le blond.



               Hyunjin ? Qui était donc cet individu ? Encore un mystère auquel Jisung devait trouver la réponse apparement.



— Quoi ? Pourquoi tu fais cette tête ? Eh va pas t'imaginer des choses ! Moi, Felix, jure n'avoir rien fais de compromettant ! Je t'en donne ma parole, se justifia-t-il.



               Il s'appelait donc Felix. Étrangement, ce nom lui était particulièrement familier, et il savait que le jeunot avait une place importante dans sa vie actuelle. Felix se leva et prit la main frêle de Jisung dans la sienne et l'incita à le suivre.



— Aller, on va chez moi. Mes parents ne sont pas là ce week-end, et il me semble que parler te fera un peu de bien. Tu sais Jisung, je serai toujours là pour toi, alors si t'as un truc à me dire, n'hésite pas mon reuf, se confia le doré.



— Je suis un légume, lâcha l'ancien maïs.



— Seigneur Jisung, je pense que les bons brownies de ton petit Lixou te feront le plus grand bien, lui répondit-il exaspéré.



               Nos deux protagonistes se dirigèrent donc vers le logis du plus jeune, traversant les ruelles sombres de Séoul, main dans la main, le sourire aux lèvres, dans un silence qui se voulait confortable.

MEMORIES, minsungOù les histoires vivent. Découvrez maintenant