chapitre treize

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﹫ ɪғʟᴍʏɴs ᴘᴀʀᴛ.



               CETTE MATINÉE DE VENDREDI était passée relativement vite pour Minho qui n'avait pas été très productif aujourd'hui. En fait, l'appel de Hyunjin avait pris le quart de sa journée. Celui-ci l'ayant réveillé à sept heures trente car son contrôle de mathématiques était trop difficile, il avait espéré recevoir l'aide de son aîné qui, à la plus grande surprise de certains, avait un joli seize de moyenne dans la matière. Alors pendant quatre heures, les deux avaient fait un appel vidéo — où Hyunjin tentait la discrétion absolue en montrant sa feuille à la caméra — qui avait plus été une partie ennuyante pour Minho qu'autre chose, mais passons.

               Une semaine après sa tentative, Minho pouvait dire qu'il avait eu le temps de se reposer, de penser à tout ça et surtout à se remettre en question. Car cette soirée-là, toutes ces émotions s'étaient accidentellement mélangés, et cela n'avait pas donné quelque chose de très jolie. Et d'après Felix, le problème du brun était qu'il ne se confiait pas assez. Être entouré de négatifs constamment et le garder pour soi devient très mauvais, et au bout d'un moment, le mental ne suit plus. C'était ce qui s'était passé ce soir-là. Son mental n'avait pas suivi et avait totalement dérapé. Un petit accident qui aurait pu lui coûter cher. Rien quand y pensant un peu, Minho revoyait les images en boucle, et ça lui donnait presque l'envie de vomir. Il avait vraiment eu peur quand cela s'était passé, quand sa vue s'était troublé et que ces doigts tremblaient trop pour qu'il puisse écrire un message lisible à Hyunjin. Heureusement encore qu'il avait eu le réflexe d'envoyer un simple emoji cœur, qui était un code très connu dans leurs groupes de potes : si quelqu'un est en danger, il envoie un emoji aléatoire et le premier qui voit le message devra directement venir chez lui. C'était un message qui avait été épinglé dans le groupe Discord, alors quand Minho l'avait vu, il l'avait pris très au sérieux et faisait attention au moindre message de ses amis, au cas où quelque chose se passe et qu'il puisse aller le plus vite aider cette personne — par message plutôt étant donné qu'il était trop éloigné des maisons de ses amis.



               Minho avait toujours adoré le fait d'écrire à ses amis pour les rassurer, pour leur rappeler que malgré tout, il sera toujours à leurs côtés et ne les abandonnera jamais. Il avait d'ailleurs amélioré sa plume grâce à ça, grâce à ces doux mots qu'il aimait aligner, exprimer les sentiments qu'il n'arrivait pas à expliquer oralement. Et le brun avait découvert de cette façon le métier de ces rêves, celui qui lui donnait la motivation de rester en vie. Être dans le milieu du cinéma était quelque chose qui l'avait toujours fasciné, parce que écrire ses propres scénarios était un véritable rêve qui allait au-delà de l'enfantin. Minho voulait faire ressentir au monde entier les émotions qu'il cachait et qu'il pouvait parvenir à transmettre dans son jeu ou dans ses écrits. Pour lui, c'était un moyen de forte décompression, ça le vidait. Il voulait toucher le public, le faire voyager dans l'univers émotionnel qu'était son rêve. Mais avant tout, il voulait marquer au feutre indélébile son public, que les gens se souviennent et se disent, avant d'aller dormir, que son travail était époustouflant. C'est pour ça qu'il se battait, il avait enfin trouvé sa voix, sa place, son monde et il le savait que ce métier dont il désirait tant n'était pas de passage, il en était certain. Ce n'était pas le genre d'envie qu'un enfant ressentait en disant qu'il serait pompier et puis deux semaines après astronaute. Minho lui le ressentait au fond de lui, qu'il était fait pour ça et il fera tout ce qui sera possible à l'avenir pour réaliser son rêve, même si tous ses espoirs s'écrouleront au fil des jours, parce qu'au fond il en était sûr, ça en valait la peine.



               Penser à son rêve lui avait dessiné un sourire sur ses lippes alors qu'il finissait d'écrire un petit texte sur l'une des feuilles qui trainaient dans sa chambre. En attendant que le temps passe, Minho en avait écrit pleins d'autres du même style, calant les prénoms des personnes les plus importants de sa vie, soufflant solitairement son trop-plein d'amour pour eux. Le brun les avait tous refermés sur eux-mêmes, dessinant un petit cœur rouge ainsi que le prénom de la personne à qui cela était dédié au dos, et les avait ensuite tous emballés dans une petite pochette, pochette qu'il avait posée sur son bureau.



MEMORIES, minsungOù les histoires vivent. Découvrez maintenant