chapitre quatre

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﹫ ɪғʟᴍʏɴs ᴘᴀʀᴛ.



— EH SEIGNEUR, C'EST QUOI CE BINKS ?



               L'ancien légume regarda autour de lui, reconnaissant la ville de Séoul sans grande difficulté. Son regard se redirigea aussitôt sur son corps qui, anciennement habillé par des graines, était couvert d'un gros pull rose. Il put même observer des choses dépassant et bougeantes de ces manches, d'une couleur crémeuse.



               Puis, sans même savoir pourquoi, il regarda à sa droite, là où son silencieux ami était occupé de toucher chaque nouvelle partie de son corps. Maïs grimaça en voyant le nouveau visage de son coéquipier.



— Mec, débuta Maïs, tu ressembles à rien. Tema ta tronche de lapin.



               L'ancien bâtonnet brunâtre fit un mouvement brusque de la tête pour croiser le regard de son admirateur secret, et fronça les sourcils.



Mais mon gars tu t'es vu ? Ta sale gueule d'hamster là.



— Ta sale gueule toi-même déjà. Je vais t'en mettre une pas deux, le menaça Maïs.



— Tema t'ouvres ta bouche tu t'envoles, montgolfière.



               Ce fut la phrase de trop pour Maïs qui sauta au cou du nouveau brunet. Malheureusement pour lui, il se ramassa la gamelle sur la pelouse, tandis que Fricandelle l'avait esquivé de justesse pour se lever et tapoter son derrière pour enlever les fleurs collées.



— Écoute mon gars, on se connaît pas, ok ? Je préfère qu'on en reste là et que tu fasses ta vie de ton côté. Flemme de me battre contre un hamster qui a la rage.



               Le nouveau blondinet leva les yeux du sol, relookant son « ancien » ami plus nettement maintenant qu'il était debout. C'était un brun à la peau d'une teinte similaire à la sienne. Il avait un regard sombre, un nez pointu et des lèvres arrondies, entrouvertes la plupart du temps. Le blond ne put se mentir, c'était un beau garçon en humain.



               Puis, arrêtant sa contemplation en baissant le regard, il se souvint des paroles du jeune homme face à lui. Il ne se souvenait définitivement pas de lui, malgré tout ça, malgré Sacha, et cela, ça blessa énormément le plus jeune.



— Comme tu veux.



               Ça avait été les seuls mots qui put articuler, alors que sa voix s'était cassé à la fin de sa phrase. Fricandelle ne se fit pas prier plus longtemps et, sans même le regarder d'un regard différent, se retourna, débutant son trajet jusqu'à la ville non loin d'eux.



               Maïs n'était pas du genre à être triste pour des gens à qui il était attaché. Après le décès de sa mère, il se dit que vivre pire était impossible, et cela avait fait qu'il ne ressentait plus grand-chose lorsque des personnes qu'il appréciait partait de sa vie. Mais là, c'était différent. Fricandelle était différent de toutes ses autres approches.



               C'était son meilleur ami, celui avec qui il avait partagé tous ses meilleurs souvenirs, avec qui il avait vécu une moitié de son adolescence, avec qui il avait débuté ces premières années d'âge adulte. En bref, c'était le garçon à qui il s'était le plus attaché. Et puis, cette sensation de papillon qu'il ressentait quand il le voyait arrivé, un grand sourire aux lèvres, déclarant qu'il devait lui parler de trucs importants qu'il ne pouvait confier qu'à lui, cette sensation-là était une chose que seul Fricandelle était capable de lui faire ressentir, et personne d'autre.



               Mais il le savait : lui et le bâtonnet brunet, ça ne sera jamais rien de plus que de l'amitié. Jamais plus. Car il n'aimait que les femmes, qu'il n'aimait pas les personnes qui aiment le même genre, et qu'il l'avait désormais délaissé, seul face à lui-même et ces problèmes.



               Rien qu'en y pensant, son cœur se brisa un peu plus. Maïs avait l'amère impression de revivre ce moment d'il y a 6 ans, quand sa mère était décédée sur son lit d'hôpital et qu'il n'avait rien fait à part pleurer son prénom, et attendre que les médecins ne le sortent de la pièce de force.



               Oui, perdre un être cher est dur, surtout quand cette personne était la seule présente pour vous. Mais parfois, le passé doit être oublié, et il faut apprendre à vivre avec.



               La larme qui avait commencé son parcours sur son visage se fit vite effacer par l'index du garçon, alors qu'il releva timidement le visage vers les fleurs présentes autour de lui. Il en prit un petit bouquet de couleur blanchâtre, puis tenta de les ranger dans sa poche. Mais quelque chose bloqua le chemin de sa main, et Maïs souffla avant d'enlever cette chose rectangulaire.



               Cette chose était étrange, et le nouveau blond sut que dans sa vie de légume, ce truc n'existait pas.



               Il appuya sur un bouton qu'il capta en caressant les côtés de cet objet, et fut surpris par la lumière que cela émettait.



               Il put y lire une date ainsi qu'une heure, et son regard s'installa immédiatement sur l'image qui ornait le décor de cet engin. Deux garçons et une fille : ils étaient tous les trois blonds. Ils semblaient bien s'entendre, vu les bras entrelacés l'un à l'autre. Et cette photo eut le don de mettre à l'aise Maïs, qui sourit sans même le savoir en la voyant.



               Il continua sa petite aventure, et cliqua un peu partout, à la recherche d'un certain truc qui pourrait l'aider. Puis, sans même savoir comment, il appuya sur un bouton qui afficha sa tête en gros plan, alors qu'il sursauta par réflexe. Il fronça les yeux, décala la caméra, s'admira pendant quelques secondes, et eut une impression de peur.



— Mais il avait raison ce fils de chien en disant hamster. Tema les joues, se chuchota-t-il à lui-même.



               Une petite vibration venant du téléphone attira ces yeux, alors qu'il vit une petite bulle blanche, où était écrit quelque chose.



De Maman : Tu rentres à quelle heure Jisung ? Nous t'attendons pour manger ce soir. Ne fais pas comme hier soir et ne rentre pas trop tard s'il-te-plaît.



Le dénommé Jisung déglutit et se gratta l'arrière de la tête. C'était quoi ce bordel encore ?

MEMORIES, minsungOù les histoires vivent. Découvrez maintenant