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Chapitre 7

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Bruce Wayne n'a qu'à bien se tenir

Gareth

Je la tire vers moi avec douceur, malgré la surprise qui semble la saisir. Eden ne se débat pas, ne crie pas, à croire que cette fille n'a aucun instinct de survie. Elle se laisse emmener dans un coin, les yeux tellement fermés qu'on pourrait croire qu'elle tente de se réveiller d'un mauvais rêve où j'en suis le méchant. Elle retient son souffle comme l'apnéiste qu'elle n'est pas, avant de souffler hyper fort d'un seul coup.

—    Je ne veux pas finir en tapis, s'il-vous-plaît.

Sa voix trop aiguë me fait lâcher prise, déconcerté. Qu'est-ce qu'elle fout ? Crispée, elle ne bouge pas d'un poil comme une chèvre qui fait la morte. Si elle pense pouvoir devenir invisible, elle se trompe. Avec toutes les couleurs de l'arc-en-ciel sur ses vêtements, elle pourrait être repérable à plusieurs kilomètres à la ronde.

—    Je ne suis pas non plus bonne à cuisiner, débite-t-elle rapidement. Et je tiens à ma peau, alors à la limite gardez moi en entier mais ne faites pas de lampe de chevet avec mes fesses.

—    Mais de quoi vous parlez ?

Elle se redresse un peu, avant que ses épaules s'affaissent et qu'elle n'ouvre un œil, suspicieuse. Ses iris verts me trouvent dans la nuit, brillants comme deux émeraudes dans la pénombre. Ses sourcils se froncent, son visage change du tout en tout. En une demi-seconde, sa paume de main s'éclate contre ma joue dans un bruit sourd qui me fait reculer. La douleur est instantanée, violente et surtout imprévue.

—    Espèce de connard ! J'ai cru qu'Ed Gein était revenu à la vie ! Je me voyais déjà dans le sol d'une grange à me faire découper ou violer, putain !

La moitié de ce qu'elle débite est en français, si bien que je ne comprends pas tout. Je pense qu'il n'y a rien de très joyeux et valorisant pour autant.

—    On ne kidnappe pas des femmes dans la rue à cette heure-ci, reprend-t-elle en anglais tout en passant une main dans ses cheveux, totalement hors d'elle. J'ai vu ma mort, merde ! Gareth ! Un peu de bon sens !

Je lui ai tant fait peur que ça ? Je ne pensais pas à mal mais, maintenant qu'elle le dit, je dois reconnaître que j'ai peut-être déconné. Quand je l'ai vu dans le club tout à l'heure, j'ai tellement été surpris que j'ai feint l'ignorance afin d'établir un check complet de mon état. S'il y a bien une personne que je n'imaginais pas dans un club de strip-tease, c'était elle.

Depuis son arrivée, on joue au chat et à la souris. Si ça m'agaçait profondément au début, j'ai commencé à m'y faire. Il faut croire que Sven avait un train d'avance sur mon ressenti, car plus les jours passent, plus elle m'intrigue. Je déteste le reconnaître, mais c'est le cas.

—    Bon, je l'ai peut-être mérité, reconnais-je en massant ma joue endolorie.

—    Peut-être ? Carrément même. Je viens de me faire emmerder par un vieux dégueulasse, j'ai cru qu'il venait se venger que Monsieur Muscles l'ai foutu dehors, explique-t-elle en baissant la tête.

Ses poings serrés ne m'échappent pas, me faisant culpabiliser de plus belle.

—    J'ai prié pour que Batman choisisse de me sauver plutôt que Gotham mais faut croire que l'univers a fait mieux.

—    Mieux ?

—    Tu ne vas pas me violer ? Me tuer ? Me séquestrer ?

—    Pas à ma connaissance.

—    Voilà.

Punaise, cette femme me donne des migraines monstres. Je tire une clope de ma poche, la cale entre mes lèvres pour l'allumer.

Agapi Mou -T1Des histoires addictives. Découvrez maintenant