Dans le temps qui s'est arrêté, un million de particules invisibles flottent au ralenti dans l'espace figé. Dans le reflet du miroir, les faisceaux de lumière se changent en pointes de sniper qui semblent le prendre pour cible, convergeant vers son corps agressé pour en dénoncer les blessures.
Le souffle interrompu, alors que l'air autour de lui se dissipe jusqu'à l'enfermer dans une terrifiante bulle de vide, Izuku ne sait même plus bouger, immobile et tétanisé devant le verre qui lui renvoie l'image de son décor.
Sa vision se trouble à mesure que ses pupilles s'enfoncent dans un interminable flou, ses oreilles se bouchent pour étouffer les sons en provenance de l'extérieur de la pièce, et l'effroi qui nait dans son ventre verrouille brutalement son corps.
Comme privé du contrôle de lui-même, il ne peut que rester impuissant face au déferlement d'angoisse qui s'impose dans chacune de ses veines.
Ses bras tremblent légèrement, sans qu'il ne puisse les bouger pour autant, et tout autour de lui devient opaque, comme enveloppé d'un épais voile blanc qui brouille sa perception de l'environnement.
A travers ce rideau de déni cognitif, ses yeux perçoivent la présence de Katsuki sans que son cerveau n'accepte l'information, créant une étrange sensation de distorsion dans sa tête qui ne fait qu'amplifier la puissance des vagues de panique qui le prennent en otage.
Il ne peut plus rien faire, piégé entre ses propres muscles paralysés, à peine conscient du torrent de larmes qui noient son visage sans qu'il ne les sente couler sur ses joues.
C'est comme si tout venait de s'arrêter, ou qu'il se retrouvait collé sur une image fixe dont il ne peut pas sortir.
_ I..zuku ?
Bien que lointaine et distordue, la voix de Katsuki transperce le voile opaque pour courir jusqu'à lui, tomber dans ses tympans, et déclencher un minuscule spasme de son épaule gauche comme un réflexe incontrôlable.
Ses paupières tressautent en même temps, chassant un peu plus d'eau encore, et le goût du sel sur sa bouche le raccroche partiellement à l'atroce réalité, celle qu'il se devait à tout prix d'éviter, celle que Katsuki n'aurait jamais dû voir.
Sous le chambranle, un étrange phénomène se produit alors que le visage de Katsuki se déforme devant les cicatrices et les hématomes.
Semblant surgir depuis l'autre côté du voile, ce dernier débloque brutalement son corps pétrifié pour s'avancer de deux larges pas, avant de claquer rapidement la porte derrière lui, s'enfermant avec Izuku dans cette salle de bain en moins d'une seconde.
Puis, paniqué et déboussolé, il regarde nerveusement à droite et à gauche avant de poser ses deux mains sur sa propre tête, visiblement incapable de réfléchir convenablement.
Quelques soient ses intentions, son geste fait exploser l'angoisse d'Izuku, et la panique dans ses veines explose soudainement comme un million de petites bulles éclatant les unes après les autres.
Tout son corps s'agite soudain d'un réflexe de survie contre lequel il ne peut rien.
Coupé de toute capacité de réflexion, son cerveau ne lui renvoie que des signaux de danger face à cette situation, Katsuki qui l'enferme avec lui dans la salle de bain, son corps à découvert et absolument vulnérable, ses membres à moitié morts qui ne lui répondent plus, et ce regard affolé qui court sur ses blessures.
Alors, par un automatisme qu'il ne peut pas contourner, Izuku se retourne brutalement avant de reculer autant que possible, fuyant en arrière jusqu'à heurter son dos contre un mur.
Terrifié et déconnecté de toute forme de conscience, ses bras se tendent en avant en même temps que ses genoux fléchissent pour l'assoir pitoyablement au sol, adoptant une posture de défense semblable à celle d'un enfant perdu.
Enfin, sa voix réapparait au travers d'un gémissement de terreur, semblant supplier Katsuki de ne pas lui faire de mal sans pouvoir verbaliser quoi que ce soit de concret.
Aussi, ses épaules tremblent à se briser, tandis que son cœur s'emballe si violemment qu'une affreuse douleur irradie dans toute sa poitrine, l'obligeant à ouvrir la bouche pour tenter de respirer assez d'oxygène pour survivre.
A travers le regard d'Izuku, la scène d'horreur semble durer plusieurs dizaines de minutes.
VOUS LISEZ
𝐋𝐞𝐬 𝐜𝐨𝐫𝐝𝐞𝐬 𝐚̀ 𝐭𝐞𝐬 𝐩𝐨𝐢𝐠𝐧𝐞𝐭𝐬
FanficIzuku est amoureux. Pas de Tomura, avec qui il partage sa vie depuis plus de deux ans. Non, pas de cet homme à la main trop lourde, et aux phalanges agressives qui frappent son visage à chaque dispute. Ce fiancé dont il dépend financièrement, mais...
