.Septième chapitre.

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Izuku n'a pas fermé l'oeil de la nuit. 
Couché sur le sol de la chambre, au pied du lit comme à son habitude ces derniers jours, ses yeux sont restés grands ouverts dans l'obscurité sans qu'il ne trouve jamais le sommeil. 
Pour cause, sûrement un brin d'agitation à l'idée de revoir enfin Katsuki et de sortir, pour quelques heures, de la prison de cet appartement. 
Mais surtout, la douleur infernale qui se diffuse à travers sa cage thoracique sans jamais s'estomper. Hurlante, sifflante, sourde et lancinante, elle ne s'arrête pas de pulser le long de ses côtes, si fort qu'il peine à bouger le haut de son corps. 
Impossible ne serait-ce que d'effleurer la zone du bout des doigts sans qu'une insupportable décharge ne lui torde les os. 

Aussi, déterminé à se rendre au Yagi's quoi qu'il arrive, il se voile férocement la face quant aux conséquences évidentes des violences de Tomura hier après-midi. 
Il ne fait aucun doute que ses os se sont brisés sous les coups et la pression, et l'inflammation engendrée gène jusqu'à son souffle, rendu douloureux à la première inspiration trop profonde. 
Mais Izuku ne passera pas une heure de plus dans cet appartement, même s'il doit ramper jusqu'en bas de l'immeuble, même s'il doit hurler de douleur à chaque mouvement, même s'il doit survivre avec des côtes cassées pendant quatre semaines. 
Alors, maintenant que le réveil numérique affiche à peine trois heures cinquante du matin, il se prépare à serrer les dents pour se relever de son tapis. 

Péniblement, il redresse d'abord son dos pour s'assoir au sol, et ses gestes le font tellement souffrir qu'il doit presser brutalement sa main sur sa bouche pour retenir un hoquet dans sa gorge, veillant à ne surtout pas réveiller son geôlier. 
Malhabile de douleur, il bouge lentement et sans précision pour réussir à passer sur ses genoux, puis sur ses jambes, supportant silencieusement la torture qui agresse sa poitrine et alourdit sa respiration. 
Puis, sans faire trainer ses pieds sur le sol, il s'empresse de récupérer le strict nécessaire pour s'habiller, décidé à partir le plus tôt possible, quitte à être très en avance au Yagi's. 
Dans le couloir, comme à son habitude, il ne presse pas l'interrupteur, restant dans le noir jusqu'à la salle de bain et, là-bas, il brosse ses dents en fermant les yeux sur ses cernes et en refusant de jeter un regard à son torse blessé. 

Il ne doit surtout pas trainer. 
Si Tomura se réveille et le voit dans cet état, il en profitera pour l'empêcher de sortir. 

Ainsi, il est à peine quatre heure dix quand il quitte l'appartement sans faire un bruit, descendant les marches lentement et une par une, agrippé à la rampe pour maintenir son équilibre en dépit de sa douleur. 
Il va lui falloir l'apprivoiser pour parvenir à la dissimuler une fois arrivé au Yagi's, alors, tout au long des escaliers, il s'applique progressivement à redresser sa posture et à se forcer à avancer le plus naturellement possible, s'habituant peu à peu à cacher les insupportables décharges qui rugissent entre ses côtes. 
Il refuse de se faire enfermer une nouvelle fois, il le refuse si fort qu'il se montre prêt à tout et à n'importe quoi. 

Quand il atteint sa voiture après avoir traversé le parking calme et presque vide, enveloppé par la nuit et couvert d'étoiles, il s'effondre sur son siège avant de fermer rapidement la portière. 
Un peu plus en sécurité dans l'habitacle, il se laisse enfin aller à une grimace accompagnée d'un long gémissement de douleur, une main plaquée sur son visage et l'autre contractée sur son volant. 
Puis, en abaissant le miroir de courtoisie, il s'autorise un coup d'oeil à son visage fatigué. 
Dans ses yeux humides et vitreux, il ne lit que son angoisse et sa souffrance, peintes comme des centaines de minuscules spectres gravés dans ses iris, et son cœur se serre subitement. 
Au dessus de son front, son bandeau noir retient ses cheveux en arrière, montrant clairement les quelques rides de malaise qui froisse son expression. 
Aussi, ses lèvres pincées malgré lui trahissent son état intérieur. 

𝐋𝐞𝐬 𝐜𝐨𝐫𝐝𝐞𝐬 𝐚̀ 𝐭𝐞𝐬 𝐩𝐨𝐢𝐠𝐧𝐞𝐭𝐬Où les histoires vivent. Découvrez maintenant