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La climatisation tournant à plein régime sur sa peau blessée, les sensations d'Izuku s'égarent encore entre deux états paradoxaux.
L'air frais, presque froid sur son cou et ses bras, lui donnent l'impression d'enfin respirer, libéré de l'insupportable chaleur qui le fait transpirer dans son pull depuis des heures, et son corps se détend instinctivement.
Mais, alors que son trajet touche à son terme, à moins d'un kilomètre de sa résidence, sa poitrine se tord et se serre, l'asphyxiant dans ses propres poumons, tandis qu'il se prépare à retrouver les horreurs de son quotidien.
Tomura l'attend à la maison ...
Désormais engouffré dans son quartier de la banlieue, sa voiture se faufile entre les véhicules luxueux, garés en bas des immeubles et tous financés à grands coups d'argent sale.
Sur le devants des portes de hall, quelques visages qu'il reconnait plus ou moins s'entassent ici et là, les mains dans les poches, prêts à dégainer un sachet de poudre au premier client qui se présentera.
Ceux-là ne sont ni plus ni moins que de la sous-traitance, du bétail sacrifiable pour ceux qui les embauchent, et ils trainent sur les trottoirs jour et nuit pour vendre une marchandise qui ne leur appartient pas.
Leurs "supérieurs", eux, profitent tranquillement du gain dans leurs appartements, sans risquer leur liberté dehors.
Comme Tomura.
Certains de ces types travaillent justement pour le petit ami d'Izuku, il lui arrive parfois de les croiser dans sa cuisine quand ils viennent remplir leurs poches des doses fraichement cuisinées, et quand ils ramènent le pognon engendré.
Tomura vit de cet argent dégueulasse depuis des années, sans qu'il n'ai jamais eu à s'en inquiéter.
De temps en temps, une paire de mains se fait embarquer à l'arrière d'un fourgon de police, mais puisque personne n'oserait jamais dénoncer les petits chefs de banlieue, il lui suffit d'en embaucher un autre et d'oublier l'affaire.
Pendant ce temps, Izuku vit là-dedans, dans un univers qui n'est pas le sien, entouré de mecs louches qui se foutent pas mal de son sort.
Pourtant ...
Quand Izuku a rencontré Tomura la première fois, il y a bientôt trois ans, il ne s'attendait certainement pas à finir ici.
Tous les deux, ils se sont trouvés par hasard aux alentours du Yagi's Hotel.
Après une journée de travail, sortant profiter d'un autre bar que celui de son établissement, Izuku vagabondait en solitaire dans les rues touristiques de la jolie ville.
Il aimait prendre le temps d'observer ce paysage, quelques fois mêmes, il s'autorisait un détour vers le temple ou au pied de la montagne.
Le décor qui entoure le Yagi's ne ressemble à aucun autre, et il ne se lasse jamais de l'observer.
C'est finalement aux abords d'un kiosque à souvenirs qu'il a croisé celui qui deviendra son petit ami, puis son bourreau.
La conversation était si naturelle à ce moment là, ils se sont abordés presque comme deux amis de toujours, et tout est allé si vite entre eux.
Tomura portait, à cette époque, une impressionnante chevelure colorée d'un bleu terne mais élégant, elle tombait en cascades sur sa nuque et ses tempes, débordant parfois aussi sur son front.
Aussi, ses iris aux nuances de terre brulée brillaient dans son regard perçant, soulignés par son large sourire qui ne s'estompait jamais.
Sa voix promenait des notes claires et profondes, presque comme un chant perpétuel, et Izuku est tombé sous son charme en un claquement de doigts.
Et puis ...
A peine quatre mois plus tard, il découvrait son vrai visage, son mode de vie et ses excès de colère trop réguliers. Il savait qu'il était temps de partir.
Mais la vie semblant vouloir le punir de quelque chose, c'est à cette même période que sa mère s'est écroulée un mardi matin, victime d'un accident vasculaire cérébral.
Elle s'est relevée privée de son autonomie et d'une grande partie de ses capacités motrices.
Une faille venait de s'ouvrir, et Tomura s'est jeté dedans.
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𝐋𝐞𝐬 𝐜𝐨𝐫𝐝𝐞𝐬 𝐚̀ 𝐭𝐞𝐬 𝐩𝐨𝐢𝐠𝐧𝐞𝐭𝐬
FanfictionIzuku est amoureux. Pas de Tomura, avec qui il partage sa vie depuis plus de deux ans. Non, pas de cet homme à la main trop lourde, et aux phalanges agressives qui frappent son visage à chaque dispute. Ce fiancé dont il dépend financièrement, mais...
