La petite sœur de Gakushû

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Pdv Miyû

Je déverrouillai mon téléphone. Le message venait d'un numéro inconnu, et était une simple question : ''C'est toi la petite-amie de Gakushû ?''.

Petite-amie...Je ne pensais pas qu'il me considérait encore comme telle. Une petite-amie n'abandonne pas son mec sur un coup de tête...

J'étais fatiguée, je n'en pouvais plus. Honnêtement, je n'avais plus rien, donc plus rien à perdre. Je répondis donc à la personne que oui, et lui demandai qui elle était.

Je reçus la réponse dans la minute. Nozomi. J'aurais dû m'en douter. Elle avait sûrement récupéré mon numéro dans le téléphone de son frère. Ça apprendra à celui-là de pas avoir de mot de passe.

Elle m'en voulait d'avoir failli la tuer ? Cette journée me semblait incroyablement lointaine, mais c'était seulement il y a deux semaines que ça s'était passé. Deux semaines. Waouh, on voit bien la fille qui n'a pas de notion du temps et qui ne supporte pas la solitude.

Je m'attendais à tout sauf à ce qu'elle m'envoya. Elle me suppliait littéralement d'aller voir Gakushû, juste une fois au moins. Je clignai des yeux rapidement. Pourquoi me suppliait-elle ? Je commençai à sentir une boule d'angoisse dans mon ventre.

Mon angoisse se décupla quand elle me dit qu'il avait besoin de moi. Je priai intérieurement pour que ce ne soit pas lui qui l'ai dit, sinon c'était grave. Très grave. J'avais peur, peur pour lui.

Je lui envoyai un milliard de questions. J'avais besoin de réponses. Je voulais savoir comment il allait. Je voulais qu'il aille bien. Je voulais qu'il soit heureux sans moi.

Mais Nozomi ne me répondit pas. Elle avait vu mes messages, pourtant elle refusait de me répondre. Je commençai à paniquer. J'avais mal aux jambes pourtant je fis les cent pas en m'appuyant contre le mur de ma chambre.

Une heure. Deux heures. Et toujours pas de réponses. C'était plus que la panique dans ma tête. Je m'arrachai la peau autour de mes ongles tout en gardant les yeux rivés sur mon téléphone. Je ne demandais pas grand-chose pour une chose. Je voulais juste qu'il sonne. Juste un message de Nozomi.

Le réveil de mon téléphone sonna, m'indiquant qu'il était sept heures. Je l'éteins machinalement et m'assis sur mon lit. Avec les jambes couvertes de bandages, je ne pouvais pas aller en cours. Et puis, j'avais encore plus mal aux jambes à cause de ma marche silencieuse. J'avais la tête qui tournait tellement j'étais fatiguée. Depuis quand je n'avais pas fait une vraie bonne nuit de sommeil ?

Ma tête bascula en arrière et se posa sur mon oreiller. Gakushû...Je fermai les yeux malgré moi. Je dois aller le voir...Je luttais pour rester éveillée. Je dois me lever...Mon corps ne me répondait pas, malgré tous mes efforts. Je dois...

-Miyû. Réveille-toi. Tu vas louper ton bus.

J'entrouvris les yeux. Karma me secouait doucement le bras pour que je me réveille. Il avait toujours cette expression inquiète.

-Tu crois que je peux aller en cours comme ça ? grognai-je à voix basse.

Il ne me répondit pas et sortit de ma chambre. Je m'assis tant bien que mal, l'esprit encore embué par mes restes de rêves.

Il me souriait. Il riait. Il me prenait dans ses bras. Je souriais. Je riais. J'étais heureuse comme je ne l'avais jamais été.

Pourquoi les rêves sont-ils si beaux par rapport à la réalité ? J'aurais aimé vivre dans ses mondes utopiques avec Gakushû. On n'aurait pas eu à souffrir. On aurait juste pu sourire sincèrement.

Gakushû. Je devais aller le voir. Mais...Depuis quand je l'appelais Gakushû ? Je ricanai. Etre loin de lui ne me réussissait vraiment pas.

Je me levai et m'habillai, avec des habits qui me permettaient de cacher entièrement mes jambes bandés. Je ne savais pas si Nozomi était chez elle, mais son frère y était. C'était sûr, pourquoi reviendrait-il en cours aujourd'hui ?

Je glissai mon téléphone dans ma poche, pris les clés de chez moi et sortis en fermant la porte à clé derrière moi. Je mis les clés dans ma poche en tremblant. J'avais envie de faire marche arrière, mais je ne pouvais pas. Gakushû n'allait pas bien, je ne pouvais pas rester sans rien faire.

Il n'habitait pas si loin de chez moi, mais c'était une vraie torture avec mes jambes blessés. Je profitais du trajet pour m'inventer des scénarios de ce qui allait se passer dans ma tête. Dans tous les scénarios, ça finissait mal, renforçant mon angoisse et la boule dans mon ventre. Ma tête tournait affreusement, mais je devais tenir bon.

Je restai bloquée devant la porte. Ma main se leva lentement pour que je toque, mais la porte s'ouvrit d'un coup.

-Tu es venue..., murmura Nozomi.

Ses cheveux roux étaient en bataille et ses yeux violets brillaient de larmes. Elle avait des cernes assez violettes sous les yeux. Elle se jeta sur moi et me prit dans ses bras en pleurant.

-Qu'est-ce qui se passe ? demandai-je, de plus en plus inquiète.

Elle me lâcha en reniflant, hésitante. Elle jeta un œil à l'intérieur de sa maison, comme si quelqu'un allait arriver.

-S'il ne te l'a pas dit, finit-elle par dire, c'est qu'il ne voulait pas que tu sois au courant.

J'hochai simplement la tête et la rousse me laissa entrer. Elle me guida jusqu'à à un escalier, dont le bout se fondait dans le noir.

Nozomi me dit quelque chose que je n'entendis pas. J'avais l'esprit ailleurs, trop stressée pour me concentrer sur ce qu'il se passait actuellement.

Je ne pouvais pas aller le voir. Il devait m'en vouloir, il devait me détester. Et puis, honnêtement, je ne lui apportai que des malheurs et de la tristesse. Et ça ne se faisait pas de retourner le voir comme si de rien n'était après deux semaines d'abandon !

Je fis un pas en arrière puis tournai le dos à la sœur de Gakushû. Elle me cria quelque chose mais, encore une fois, je ne compris pas ce qu'elle me disait. Je sortis par la porte encore ouverte. La fille m'attrapa le bras pour me retenir. Je tournai la tête vers elle et lui lançai un regard indifférent.

-Je ne suis jamais venue.

-Arrête Miyû, je suis sûre qu'il comprendra que tu ne veuilles pas lui parler tout de suite..., tenta-t-elle.

-Je ne suis jamais venue, répétai-je.

Sans m'en rendre compte, j'avais parlé d'un ton froid et hautain. La fille aux yeux violets me lâcha le bras, les yeux grands ouverts. Elle semblait perturbée par mes paroles.

Je l'attrapai par le poignet et le serrai. Elle ne réagit pas mais je voyais dans ses yeux qu'elle avait mal. Un petit sourire naquit sur mon visage.

-Tu as compris ? Je ne suis jamais venue.

Elle acquiesça lentement d'un signe de tête. Je souris encore plus et la lâchai. Je lui fis un petit signe de main pour lui dire aurevoir et partis.

J'aurais aimé lui expliquer les raisons de mon acte, mais à quoi bon ? J'avais pris ma décision, je devais l'assumer à présent. Mais le pire était que je ne regrettais rien. Je ne savais pas comment l'expliquer mais j'avais l'impression de ne pas m'être trahie. J'avais l'impression d'avoir enfin pu être celle que j'étais, et pas celle qu'on voulait que je sois.

Coincée dans le corps d'une Alpha (Asano x oc)Où les histoires vivent. Découvrez maintenant