J'ai couru. Couru. Couru jusqu'à n'en plus pouvoir. Couru si vite, que je ne savais plus où j'étais. Exténué, je n'ai même pas pris conscience que je m'endormais.
Quand je me suis réveillé, j'étais étendu sur le dos. Les rayons du soleil me caressaient le visage, comme si rien ne s'était jamais passé. Les oiseaux chantaient, les feuillages bruissaient. Tout cela était beaucoup trop irréel à mon goût. Ou plutôt, beaucoup trop normal. Jusqu'à ce qu'un ours gigantesque jaillisse d'entre les troncs dans un rugissement bestial.
Affolé, je mis du temps à me relever. Mais, il ne semblait pas s'intéresser à moi. Il paraissait... effrayé. Il fila droit devant lui sans me prêter attention. Pour plus de précautions, je grimpais à un arbre et attendis. J'eus à peine le temps de reprendre mon souffle avant de remarquer que la forêt s'était tue. C'était un silence pesant, angoissant, rompu seulement par ma respiration haletante... et par ces bruits de broussailles très peu discrets, non loin. À tâtons, j'attrapai la dague qui ne me quittait jamais, juste pour me rassurer. Cela ne me rassura pas du tout : elle n'était pas là. Sans doute avait-elle glissé pendant ma course, ou dans la rivière. Ou... quand j'étais grimpé dans l'arbre. Oui, c'était cela. Ma dague m'attendait innocemment entre les racines du tilleul. Hors de question de redescendre la chercher, surtout que les buissons venaient de s'ouvrir. J'eus un très court soupir de soulagement en jetant un premier coup d'œil aux deux paysans. Mais, au second, je remarquais que ç'avait dû être des paysans... avant.
En effet, les deux corps étaient en état de décomposition avancée. L'un s'approchait même plus de l'état de squelette que celui d'un simple cadavre. L'autre... on aurait dit un zombie. Je me tassais sur moi-même, essayant presque de disparaître. Les horreurs ne me virent pas, mais elles tournaient autour des quelques arbres des environs, comme désorientées. Au bout de dix longues minutes, exaspéré, j'attrapai une branche et la lançai sur le squelette. Ses os craquèrent et il se cabra en ouvrant la gueule dans un cri silencieux. Cherchant la chose qui l'avait ainsi attaqué, il tourna sur lui-même, tourna la tête vers l'autre, complètement déstabilisé. Je pris le risque de lui lancer une autre branche, mais elle le rata et alla se planter au pied du zombie. Cela eut pour seul effet de lancer ce dernier sur ma piste, lui aussi. Sans doute étais-je vraiment bien caché, ou bien, ils étaient idiots, car ils continuèrent de faire le tour du bosquet sans rien trouver d'autre que des feuilles mortes ou des brindilles.
Je me mis donc à les mitrailler de bouts de bois. Le squelette s'en prit un gros comme le bras dans la colonne vertébrale et s'écroula en grinçant et cliquetant. Le zombie ne broncha pas quand il reçut un bâton au bas du dos, mais quand un autre vint se cogner contre son crâne, il se retourna et fixa ses yeux globuleux droit sur moi. En poussant un grognement monstrueux, il se jeta contre le tronc de mon arbre. Commençant à manquer de munitions, je changeais de branche et lui relançai un rameau. Un peu trop feuillu, il fut ralenti dans sa chute, et je doutais qu'il fasse très mal quand il atterrit au sommet du crâne dégarni. La monstruosité se jetait contre le tronc, en vain : il ne réussissait pas à m'atteindre. Il me fallut encore sept lancers, dont un qui le manqua complètement et un dont le projectile resta coincé entre deux branches à quelques dizaines de centimètres de ma cible, avant qu'enfin le mort-vivant s'écroule, une branche plantée dans l'œil.
J'attendis que le sang arrête de battre à mes tempes et que mon taux d'adrénaline redescende avant de remettre pied à terre, de récupérer ma dague et de me remettre en route, dans la direction opposée à celle d'où étaient sorties les bêtes.
Du moins c'est ce que je crus. En effet, au bout de moins d'une heure, j'atteignis un village d'où partaient des cris terrifiés et terrifiants. Des morts-vivants par dizaines couraient dans les rues, tailladaient les gens et autres horreurs que je ne décrirai pas. Mais, ce qui me perturba le plus, ce fut la femme en lourd manteau noir des mains de laquelle émanait une lueur violette. La femme se penchait sur les corps inertes, faisait des gestes étranges avec des runes qui apparaissaient, puis le corps se relevait et, semblable à tous les autres zombies, il s'attaquait aux villageois en panique. Complètement affolé, mais, pourtant, étrangement calme, je m'enfonçai à nouveau dans la forêt et rejoins une route qui passait non loin. Je courus, courus à perdre haleine, jusqu'à atteindre un groupe de nains qui chantaient en marchant. Je les prévins du danger, et ils coururent avec moi jusqu'à rencontrer trois amis qui formaient un groupe quelque peu disparate : un elfe, un nain, et un halfelin. Ils étaient armés, et semblaient avoir vécu de nombreuses aventures. Après avoir écouté notre histoire, l'elfe nous dit d'une voix suave :
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Une erreur fatale - Marqué de remords (volume 1)
Fantasy/!\ HISTOIRE ABANDONNÉE /!\ Enfant, Daelam a commis une erreur. Un crime. Qui a détruit sa vie, et celles d'autres personnes. Alors il fuit son passé, essaie de changer. Il part à l'aventure avec trois compagnons, tente par tous les moyens de se rac...
