Une rosée humide m'éveilla, bien avant l'aube, trempant mes vêtements sales. Frigorifié, je m'étirai. Lavie et mamie Henriette dormaient l'une sur l'autre, recroquevillées sous une couverture grise mangée aux mites, devant le dessin de singe sur le mur.
Je fis quelques pas pour me dégourdir un peu les jambes. Tout d'un coup, mes sens s'éveillèrent. Je pris soudainement conscience de mes vêtements qui me collaient à la peau, du goût amer du matin sur ma langue, de l'odeur d'herbe mouillée, du léger brouillard qui floutait les contours de chaque chose... et surtout, du silence complet. Pas un seul bruit n'agitait la ville endormie.
Je sortis de la cour. Il faisait très froid, de ce froid qui avait commencé à disparaître avec la saison du renouveau et les nuits qui se raccourcissaient.
Je me mis à courir, de plus en plus grisé par ce silence, cette solitude que je n'avais pas vécue depuis longtemps.
Les souvenirs s'imposèrent à moi. Les chauds après-midi que je passais seul dans les arbres, escaladant les troncs, passant de branche en branche, les mains agrippées à l'écorce rugueuse. Les couchers de soleil sur la forêt de l'ouest, le ciel paré d'or et de feu. Les matins brumeux qui me voyaient explorer les sous-bois.
Je fermai les yeux, enivré par la beauté de l'instant. Des perles d'eau paraient mes cils, de la poudre de diamant parsemait mes cheveux crépus, des fils d'argent brodaient mes vêtements abîmés.
Transformé en prince du matin, j'avais l'impression de régner sur la ville plongée dans l'ombre. Mon père me répétait souvent : "le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt". Rarement le proverbe avait autant pris sens qu'en cet instant.
Le bruit étouffé de mes pas résonnait étrangement dans le brouillard.
Je vagabondai dans les rues désertes, ne croisant que deux lève-tôt avant que le brouillard gris ne blanchisse. Je retournai près de la fontaine, attendant calmement que le groupe commence à arriver.
Je reconnus plus de gens que la veille : Merya, suivie de près par Li ; Sorath, évidemment, qui se dirigea vers moi en souriant ; Kelly, qui fut rejointe peu après par Ashim, puis Naida ; et Lynn, très discrète.
Alors que la tieffeline s'asseyait à côté de moi sur la margelle d'un large puits, je me demandai pourquoi elle était venue vers moi. Faisait-elle du favoritisme ? À bien y réfléchir, ça ne m'étonnait pas tant que ça. D'ailleurs, je surpris le regard méprisant du groupe des ados sur moi, qui détournèrent rapidement les yeux.
« Ne fais pas attention à eux, me dit Sorath qui avait surpris l'échange. Ils sont juste ja... »
Un cri de terreur pure l'interrompit, attirant brusquement l'attention de tous les enfants.
Un instant plus tard, une jeune elfe jaillit comme une tornade d'une ruelle.
« Ils sont là ! hurlait-elle. Ils arrivent, Ils sont là ! »
Une panique s'empara immédiatement de tous. La place, déjà déserte de tout adulte, se vida rapidement de tout enfant.
Je ne comprenais rien. Sorath avait disparu en un clin d'œil. Je m'engouffrai dans une rue où j'avais vu partir Merya et Li. Plus loin, j'entendis des éclats de voix.
« Arrête ! Lâche-moi ! criait Merya. »
Je courus. Si quelqu'un voulait lui faire du mal, il aurait affaire à moi ! Quelle ne fut pas ma surprise quand je découvris que c'était Li qui retenait Merya, qui se débattait. Je me dissimulai dans le renfoncement d'un mur.
« Tais-toi, Merya, disait-il. Ils vont nous repérer !
- Et Daelam, alors ? Il est en danger !
- Mais qu'est-ce que tu as, avec lui ? Tu m'énerves à la fin ! »
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Une erreur fatale - Marqué de remords (volume 1)
Fantasy/!\ HISTOIRE ABANDONNÉE /!\ Enfant, Daelam a commis une erreur. Un crime. Qui a détruit sa vie, et celles d'autres personnes. Alors il fuit son passé, essaie de changer. Il part à l'aventure avec trois compagnons, tente par tous les moyens de se rac...
