Champ de bataille. Les corps tombent, les têtes roulent. Têtes d'orcs. Corps de Selerith. Je suis meurtri. Meurtrier.
Je me réveillai en sursaut. Crachant la bile qui m'envahissait la bouche, je sortis en vitesse de la cour. Dans leur coin, Lavie et mamie Henriette dormaient encore, la petite elfe dans les bras.
Sur le chemin, je réfléchis. Sorath allait-elle me demander les deux pièces d'or d'hier ? Devais-je voler encore aujourd'hui ? Devais-je prendre un peu d'avance, au cas où les affaires ne marcheraient pas un jour ?
Quand j'arrivai sur la place, Sorath était là. Elle était d'une humeur massacrante, et tous les enfants se tenaient à bonne distance d'elle, sauf les quatre plus grands, mais même eux semblaient mal à l'aise. Elle ne parla pas de la veille à quiconque, et dès qu'elle nous fit signe qu'elle n'avait rien d'important à nous dire, la place se vida très vite. Merya n'était pas revenue. N'ayant rien à faire, je vagabondai sans but, avant de me dire que je pourrais en profiter pour m'entraîner à l'escalade. Je marchai donc au sol et sur les toits, renonçant souvent devant des murs trop lisses ou trop hauts.
Ainsi, je commençais à savoir me repérer dans ces deux quartiers qui n'étaient pas les miens. Dans l'un, je connaissais les places où il y avait le plus de nourriture, les avenues des magasins d'armes et d'outils, quelques-unes des meilleures auberges. Dans l'autre, je savais où il était vraiment dangereux d'aller, là où les pires gangs traînaient, bien plus âgés ; je savais là où vivaient les sans-abris, parmi les maisons des plus pauvres, parce qu'ici personne ne venait les déranger.
Vers la sixième heure, alors que mon ventre commençait à réclamer à manger, il y eut du grabuge devant la taverne Du Loup Gourmand, que tenait l'homme qui nous donnait parfois de quoi se nourrir.
Je m'approchai. Une naine et un humain s'insultaient à grands cris. L'humain semblait complètement ivre, mais la naine devait avoir bu tout autant, même si elle paraissait un peu plus lucide que l'autre.
« Ah ouais ? faisait la naine, furieuse. Tu vas voir si j'arrive pas à te battre !
- Pfff, rétorqua l'humain en tanguant un peu sur ses appuis. La magie c'est m-mieux ! »
Il reçut un poing dans le ventre qui lui fit cracher quelque chose. Un cercle se créa autour des deux adversaires.
« T-tu vas me le p-p-payer ! hurla l'humain en brandissant un doigt vengeur. »
Il commença à psalmodier des paroles incompréhensibles, et la naine pâlit. Brusquement, elle se plia en deux et cracha du sang. Relevant la tête, elle sauta sur son adversaire et lui asséna plusieurs coups sur la tête. Sonné, l'autre la repoussa maladroitement et lança une autre formule magique. Un trait de foudre s'abattit sur la naine, relié au doigt du magicien. Pourtant, même si les cheveux de la naine dégagèrent une légère odeur de fumée, ce ne fut pas sur elle que se porta notre attention : l'humain, au moment où la foudre jaillissait de son doigt, s'était mis à briller si fort que de nombreuses personnes trop proches de lui reculèrent, éblouies. Oui, du mage entier émanait une lumière blanche, crue. Ce dernier, surpris, secoua sa main en jurant :
« Ah, merde ! C'est quoi, ça, encore ! Roh putain, ça me soule ! »
La naine voulut profiter de sa distraction pour lui porter un nouveau coup, mais elle était aveuglée. Elle s'éloigna pour recouvrer la vue.
C'est à ce moment-là que le tavernier, qui n'était finalement pas si vieux, attrapa la naine par le col et la souleva de terre comme si elle ne pesait rien.
« Stop, asséna-t-il d'une voix calme. Ça suffit. Pas de grabuge devant chez moi.
- Mais... c'est lui qu'a commencé ! geignit la naine d'une voix plaintive.
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Une erreur fatale - Marqué de remords (volume 1)
Fantasy/!\ HISTOIRE ABANDONNÉE /!\ Enfant, Daelam a commis une erreur. Un crime. Qui a détruit sa vie, et celles d'autres personnes. Alors il fuit son passé, essaie de changer. Il part à l'aventure avec trois compagnons, tente par tous les moyens de se rac...
