Chapitre 10 : Maé : Inquiétude

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Je me réveillai avec toujours cette douleur au crâne.

Mathias était toujours là, près du lit. Cela me fit sourire. Cette situation me semblait familière.

Il m'adressa un sourire timide.

- Hey, me dit-il

- Hey, lui répondis-je avec un sourire, ce qui me valût une nouvelle grimace de douleur.

- Je suis restée endormie combien de temps ?

- À peine quelques minutes.

Je faillis m'évanouir une seconde fois mais, cette fois de soulagement.

- Tu vas bien vouloir m'expliquer ce qui se passe maintenant s'il te plait ?, me demanda-t-il

- Cela faisait plusieurs jours que ma tête me faisait mal, c'est tout.

- Et tu ne t'es pas dit : À oui, c'est vrai, il faudra peu être que je demande à un médecin ? Ce qui ne manque pas ici en plus.

- Non mais ça m'arrivait déjà avant.

- À parce que tu avais déjà un traumatisme crânien avant ? Aller quoi, il faut dire les choses comme il faut maintenant, ce que tu as là, c'est un traumatisme crânien, ajouta-t-il en voyant ma grimace quand il prononça ces mots. Et Camille, il en pense quoi ?

- Euh... Ba, c'est-à-dire qu'il n'est pas au courant...

- Pardon ! s'écria-t-il, je vais le chercher tout de suite, ne bouge pas, je reviens dans un instant.

- Non ! S'il te plait, ne va pas le chercher.

Il s'assit sur une chaise près du lit, les sourcils froncés.

- Pourquoi, vous vous êtes disputé ?

- Non, c'est juste...

- Quoi, qu'est-ce qu'il y a ? insista-t-il

- Je n'ai pas envie qu'il s'inquiète, voila, c'est tout.

Des larmes coulèrent mes joues. Mathias me regarda avec un petit sourire et tend un mouchoir. Je l'acceptai avec un merci tout petit.

Jamais dans ma vie, je me suis senti si impuissante. Je ne me pouvais rien faire. Je ferme les yeux et m'endormis au bout de mes forces.

Quand j'ouvris les yeux, je vis la plus belle chose au monde, Camille, l'était là et me regarda avec une expression plus qu'inquiétante. Quand il me vit réveillé, il me prit dans ses bras.

Je le soupçonne d'avoir pleuré, car ses yeux étaient rouges et gonflés.

- Salut, me dit-il d'une voix chevrotante qui me fit de la peine rien qu'à l'entendre, le médecin arrive bientôt.

- Ça fait longtemps que tu es là ?

- Non, je viens d'arriver seulement.

- Et ton père, le questionnai-je

- Quoi mon père ? Tu rigoles, Mathias vient me voir en panique en murmurant ton nom entre deux souffles. Tu m'excuseras de m'inquiéter.

Je le fis taire en l'embrassant fermement. Ma tête allait littéralement exploser s'il ne s'arrêtait pas de parler. Un raclement de gorge nous replongea dans la vie réelle. Un monde injuste et douloureux.

- On avait dit quoi sur ça, pas quand je suis là s'il vous plait. J'aimerais bien garder ma part d'innocence et de paix intérieure.

Cam le fait taire en lui lançant un oreiller dans la figure. Nous nous séparâmes lentement et je lui souris. Je murmurai un léger « désolé » et d'un « merci » encore plus petit à l'adresse de Mathias. Je me recouche sur le matelas.

Une partie de ma conscience me laissa quand j'ai senti le contact de mon corps devenu lourd avec le doux matelas. Je m'efforçai de rester un minimum conscient.

Quand Camille me lâcha la main, plus rien ne me retenait au vrai monde. Je me laissai flotter entre le conscient et l'inconscient pendant que Cam rejoignit son ami sur le rebord de la fenêtre en murmurant des phrases incompréhensibles accompagnées de regards inquiets dans ma direction.

Au bout de plusieurs longues minutes qui ne furent que douleurs pour moi, un des deux garçons, je ne pus dire lequel, partit aux pas de courses dans le couloir. J'entendis quelqu'un s'assoir dans le fauteuil, situé au coin de la chambre, en poussant un long et puissant soupire. Je levai ma main pour saisir un oreiller, mais la seule chose que j'attrapai fut le vide. J'avais oublié, Cam l'avait jeté.

Cet oreiller en question me narguait, car il se trouvait pile en face de moi.

Déterminée, je me levai pour aller le chercher, la seule chose dont je ne souviens fut Camille qui se leva et se jeta vers moi en me criant quelque chose.

Trop tard, cette sensation que je commençais à trop connaitre me prit et je m'étalai sur le sol dur et froid, secouée, spasmes violents.


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