5. Son portrait craché

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« Just breathe, just relax it'll be okay »

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« Just breathe, just relax it'll be okay »

Electric Touch (Taylor's Version) – Taylor Swift



Mes entraînements se sont intensifiés cette semaine. Cette bourse m'est indispensable. Sans elle, impossible d'accéder à mon rêve olympique, ce qui serait un véritable désastre. Bien que j'ai ralenti la cadence depuis deux jours pour éviter une blessure, je ne tiens plus en place. L'idée de ces sélections est tellement stressante ! Incapable de lancer le moindre salto, je fais les cent pas sur la poutre. Même la coach Sofia remarque ma contrariété.

— Si tu ne te détends pas, tu vas vraiment finir par te blesser, lance-t-elle.

— J'y arrive pas. À chaque fois que je pense à ces sélections, je me vois chuter des agrès.

— Tu vas assurer demain, j'en suis sûre. Et arrête de faire les cent pas, tu vas user ma poutre, gronde-t-elle.

De toute façon, ça m'épuise de marcher sans but dessus. Je saute sur le tapis, attrape ma gourde sur le bord du praticable et me hâte vers les vestiaires. Je reste un long moment à cogiter sur les bancs en métal froid. Des fresques aux couleurs des Bruins de UCLA – bleu et doré – décorent les murs d'un blanc terne. Si je viens à rater mes sélections je pourrais toujours participer au championnat universitaire cette saison. Les recruteurs arpentent souvent les gradins pendant les compétitions, à la recherche de nouveaux talents. Certains athlètes de UCLA sont devenus de grands joueurs de NFL ou bien de NBA. Des gymnastes concourent même avec l'équipe nationale, c'est dire à quel point les Bruins de UCLA sont les meilleurs. J'abandonne mes pensées rêveuses pour rassembler mes affaires, puis rejoins Spencer sur le parking principal.

Pendant tout le trajet, je mords nerveusement ma lèvre inférieure, l'écorchant de ses petites peaux. Toutes mes routines affluent dans ma tête, ne demandant qu'à être exécutées. Le klaxon de la voiture qui me suit me ramène à la réalité. Sérieux, le feu vient à peine de passer au vert, c'est quoi le problème des gens ! J'appuie sur la pédale d'accélération – non pas sans râler – et nous presse vers la maison, tout en veillant à respecter les limitations de vitesse. Enfin, presque. La plupart du temps disons.

Sous la douche, je médite encore longtemps sous les gouttes d'eau chaude qui embaume la pièce d'une chaleur étouffante, répétant mes acrobaties dans ma tête. Ma concentration est telle que je peux entendre le grincement des barres comme si je me balançais dessus. Les coups de poing qui font trembler la porte de la salle de bain me font sursauter.

— ALERTE ROUGE ! ALERTE ROUGE ! hurle Spencer.

Je sors en trombe de la cabine de douche, manquant de glisser. Une serviette nouée à la hâte autour de mon corps, les cheveux encore dégoulinant, je déverrouille la porte à ma cousine. Elle se précipite sur le siège des toilettes avant de lâcher un long soupir de soulagement.

DaylightOù les histoires vivent. Découvrez maintenant