"Tout ce que je voulais, c'était être l'égale de ma mère"
Charlotte n'a qu'une ambition : devenir une grande gymnaste. Comme sa mère. Alors quand l'occasion se présente, elle n'hésite pas une seule seconde. Pourtant elle n'imagine pas le nombre d'ob...
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It's Nice To Have A Friend – Taylor Swift
Ça fait maintenant plusieurs jours que les tests ont eu lieu. Cinq pour être exacte.
Je suis toujours sans nouvelles, ce qui représente deux issues possibles : soit ils ne se sont pas décidés, et donc que le niveau est serré, soit que je ne suis pas retenue. Ces pensées occupent toute la place dans ma tête. Tellement de place que je lis la même page de mon manuel en boucle depuis trente-cinq minutes. Le mot « ligament » n'a plus aucun sens pour moi. Je soupire et ferme bruyamment le manuel ce qui m'attire les regards noirs d'une dizaine d'étudiants, avant de quitter la bibliothèque.
L'été n'est pas prêt à laisser sa place à l'automne sur cette partie du pays bien que le mois de Septembre arrive presque à son terme. La Californie semble posséder son propre climat. Alors que sur la côte Est les températures ont déjà rafraîchies, ici à Los Angeles les températures sont toujours aussi élevées et le ciel est toujours aussi bleu. Sauf peut-être aujourd'hui. On dirait qu'il va pleuvoir.
Et rien de mieux pour accompagner l'été indien que l'album 1989. Mon sac sur les épaules, mon casque sur les oreilles, je lance immédiatement la playlist en aléatoire. Je suis rapidement emportée par le rythme de la chanson au point que je ne fais pas seulement marcher mais je sautille, tourbillonne, danse tout en faisant du play-back. Des étudiants m'observent, je les gratifie d'un sourire sincère. Le regard des autres m'est égal. J'aime m'amuser, rire aux éclats, chanter à tue-tête. Personne ne vivra votre vie à votre place de toute façon, alors autant vivre sans se soucier des murmures et des regards.
Je décide de faire une halte par l'un des cafés du campus, alléchée par les effluves caféinés en passant tout près. Je prends place dans la queue et attend mon tour, parcourant la carte. J'ai goûté toutes leurs boissons, pourtant je suis toujours une grande indécise. J'énumère à voix haute le nom des boissons estivales une par une et laisse un blanc de trois secondes pour savoir laquelle d'entre elles paraît la plus rafraîchissante à boire.
— Tu sais ce qu'on disait des rousses à une certaine époque ? lance une voix derrière moi.
Je me retourne et tombe nez à nez avec Ezra.
— On les prenait pour des sorcières. Si tu te met à parler toute seule, ça craint.
— Très drôle, réponds-je avec une grimace.
Au même moment, le barista s'apprête à prendre ma commande mais Ezra parle à ma place.
— Deux limonades fraise-citron, s'il vous plaît. Tu me remerciera plus tard, ajoute-t-il à mon attention.
Le serveur s'active aussitôt derrière le comptoir et encaisse Ezra. Nous avançons vers l'extrémité du comptoir pour attendre nos boissons.