"Tout ce que je voulais, c'était être l'égale de ma mère"
Charlotte n'a qu'une ambition : devenir une grande gymnaste. Comme sa mère. Alors quand l'occasion se présente, elle n'hésite pas une seule seconde. Pourtant elle n'imagine pas le nombre d'ob...
Oups ! Cette image n'est pas conforme à nos directives de contenu. Afin de continuer la publication, veuillez la retirer ou mettre en ligne une autre image.
« Still tryna turn the time back, letting go is hard »
Wishes – Carter Ryan
J'ai réussi à parler de Lucy.
En dehors de mon meilleur ami, très peu de gens connaissent son existence. Elle est une partie de moi que je garde précieusement depuis l'accident. Peut-être un mécanisme de défense qui me permet de ne pas affronter la réalité. De la protéger encore un peu.
L'avoir dit à Charlotte m'a semblé naturel. De toute façon, elle aurait bien fini par savoir que je cachais une autre sœur à force de traîner avec Rachel et Jaxon. Mais ça m'a soulagé de le faire. Du peu que je connais Charlotte, elle a ce quelque chose qui, malgré tout, apporte un peu de lumière dans mes ténèbres.
Elle est le soleil tandis que je suis la pluie.
Son étreinte m'a clairement surprise mais bordel... elle a libéré tellement d'endorphines que j'ai l'impression d'avoir consommé de l'héroïne : une boule de chaleur s'est diffusé dans tout mon corps, m'a apaisé et détendu. Mais comme toute drogue, je sais que les effets les plus indésirables vont bientôt m'éclater en pleine face.
Je reste longtemps devant chez elle. Bien après qu'elle m'a adressé un dernier signe de main avant de refermer la porte. Je ne repars que lorsque je reçois un message de sa part :
Colibri :
Ma fenêtre donne sur la rue et je vois encore ta voiture. Arrête de me stalker ;)
Je ris avant de redémarrer, réalisant que je ressemble plus à un voyeur qu'à quelqu'un qui vient de raccompagner sa camarade chez elle.
J'ai vu son regard rempli de question. Elle a compris que cet accident m'a pris bien plus que ma capacité de marcher. Il m'a fallu du temps pour m'autoriser à prendre quelqu'un avec moi en voiture, ou ne serait-ce que toucher le volant. Après trois ans, je me sens toujours aussi coupable. C'est obsessionnel, j'ai le besoin irrépressible de m'assurer que ceux qui montent avec moi en voiture sont bien attachés. Comme si ce simple clic pouvait empêcher le passé de se reproduire.
En arrivant, je remarque ma jumelle, en pyjama devant la maison et me gare précipitamment dans l'allée. Rachel est assise sur le banc du porche, en larmes. Je me dépêche de sortir mon fauteuil et la rejoins, inquiet.
Les effets indésirables.
J'ai à peine le temps d'arriver devant elle que Rachel se jette sur moi et m'enlace. Ses sanglots, entrecoupés par ses appels d'air me déchirent le cœur.
— Je suis là, Rachel. Doucement, respire.
Je la serre davantage contre moi, ses larmes inondant alors mon t-shirt. J'attends qu'elle se calme, caressant son dos pour la réconforter.