Trois ans plus tôt

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Du verre. Il y a du verre partout.

Et du sang. Sur le tableau de bord, le long de ma joue. Absolument partout.

Le pare-brise a volé en éclat, mon airbag s'est déjà dégonflé. Bordel qu'est-ce qui s'est passé ? Il y a deux minutes, j'étais en train de rouler sur un axe désert, et là, la voiture n'est qu'un amas de métal froissé. Je papillonne des yeux pour me réorienter. Une douleur fulgurante me vrille le bas du dos et mes jambes sont engourdies. Je crois que la voiture a fait plusieurs tonneaux avant de revenir sur ses quatre roues.

Putain, ça pue le brûlé et l'essence.

— Lucy, ça va ? Faut qu'on sorte de la voiture, je parviens à articuler.

Pas de réponse.

— Lucy, tu m'entends ?

Je tourne difficilement la tête et constate que Lucy n'est plus sur le siège passager. Mon cœur rate un battement avant d'accélérer de façon brutale. Je jette un coup d'œil dans le rétroviseur intérieur mais elle n'est pas à l'arrière.

Le pare-brise a volé en éclat...

Mon regard se porte sur la route. Il fait nuit et les quelques lampadaires éclairent mal la rue. Un autre véhicule gît plus loin, le capot enfoncé dans un chêne, les warnings activés. J'analyse les alentours et repère Lucy, allongée à plat ventre sur la chaussée. Je n'arrive pas à voir si elle bouge.

— Non, non, non ! LUCY !

— EZ... EZRA !

La douleur dans mon dos m'arrache une plainte alors que je détache ma ceinture. Mon épaule droite me lance aussi. Je serre les dents et prends sur moi. Je me désincarcère de ma voiture devenue épave et m'écroule au sol, trop faible pour tenir sur mes jambes. Mais déjà, j'ai moins mal au dos.

Je rampe sur le goudron, au milieu des bris de verre et des morceaux de carrosseries qui jonchent le sol, s'enfonçant profondément dans ma peau, là où mes vêtements sont déchirés. Je parviens difficilement jusqu'à elle.

— Je suis là, je suis là, la rassuré-je.

— J'ai trop mal, Ezra, sanglote-t-elle.

Ses larmes s'échouent contre l'asphalte, son corps tremble et ses cris me déchirent de l'intérieur. Je hurle à plein poumons, à quiconque répondra à mon désespoir.

Je la retourne et découvre son visage et ses cheveux châtain ensanglantés.

Trop de sang. Beaucoup trop.

Ma main cherche la source de l'hémorragie pour la contrôler. Je ravale mon vomi en palpant le trou béant sur le côté de sa boîte crânienne et la matière visqueuse sous mes doigts.

— Ça va aller, ça va aller, répété-je comme une litanie.

Je vous en supplie, que quelqu'un m'entende.

Je crois que ça marche. Un riverain nous informe qu'il a appelé les secours.

— T'as entendu, sœurette ? Les secours arrivent, tiens bon !

Mais elle ne répond rien. Ses paupières sont closes et son corps est mou. Un filet de sang s'écoule par le coin de sa bouche. Je palpe son poignet puis son cou de ma main sanguinolente à la recherche de son pouls. Il est à peine perceptible et sa respiration est lente.

Je récupère mon sweat à côté d'elle et improvise un pansement avant de l'allonger comme je peux sur son flanc. Son téléphone a fini sa course à cinq mètres d'elle. Je rampe de nouveau pour le récupérer. L'écran est fracassé mais il s'allume encore. Il faut que je prévienne les parents... mais les sirènes des ambulances en approche m'en empêche. Au bout de la rue, des lumières d'un bleu vif illuminent le ciel noir. Les premiers secouristes descendent en trombe d'un camion et viennent à notre rencontre.

— Sauvez-la, murmuré-je.

Et jeperds connaissance.


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Hello vous ! J'espère que vous allez bien !

On se retrouve bien avec deux chapitres exceptionnellement, comme je n'ai pas posté la semaine dernière, je me suis dit que je pouvais vous mettre deux chapitres dont un totalement inédit (pour ceux qui ont déjà lus)

J'espère que tout va bien de votre côté, aussi bien les cours, que le travail etc malgré le froid qu'il y a eu (spoiler : je suis aigrie et je hais la neige, j'ai détesté cette expérience)

On se retrouve la semaine prochaine pour un nouveau chapitre ! 

Bises,

Sarah 🌷

DaylightOù les histoires vivent. Découvrez maintenant