Chad se leva brutalement effrayant la pauvre jeune femme qui se ratatina dans un coin. Il y fait à peine attention et déboula dans son coup de vent dans le hall en marbre blanc. Il s'arrêta devant les deux seules personnes qui étaient présentes. L'homme manqua de laisser éclater toute la rage couvant en lui depuis son enfance mais il se retint et se reprit à temps.— Mère. Père.
Le couple lui faisant face le dévisageait avec retrait comme si à tout moment il pouvait leur sauter à la gorge. Finalement, son père prit la parole d'une voix qu'il voulait calme et posée mais qui trahissait sa nervosité.
— Fils. Cela fait longtemps que nous nous sommes pas vus.
Chad laissa échapper un rire méprisant faisant frissonner ses deux parents. Ils étaient loin de connaître leur enfant. Jamais ils n'avaient pris cette peine et cela ne serait pas maintenant que cela allait arriver.
— Mon garçon, essaya sa mère qui semblait avoir au moins eu la décence d'être à peu près sobre.
Chad la coupa d'un geste sec de la main sans prononcer un mot. C'était pire que tout. Voir un enfant et lui parler même avec un ton froid était une chose mais que celui-ci ne daigne pas s'ouvrir la bouche en était une autre.
— Mariane vous conduira à votre chambre, se contenta-t-il de dire en tournant les talons sans jeter un regard en arrière.
L'heure du dîner arriva à grands pas. Chad voyait les minutes s'écouler bien trop vite. Bien entendu, la visite de ses parents avait fait la une des journaux people à son plus grand désespoir. Il avait tout fait pour ses parents ne se mêlent pas de sa carrière et de sa vie, se promettant de faire ses propres choix.
Aujourd'hui, ils arrivaient sans prévenir ce qui mettait l'homme d'affaires hors de lui. Pourtant, il garda toute sa rancune enfouie et se mit à faire les cents pas dans son bureau où il s'était réfugié. Fuir n'était pas une solution, il le savait parfaitement. Mais il avait besoin de remettre de l'ordre dans ses idées. La journée avait été plutôt bien chargée.
Quelques exercices de respiration plus tard, il sortit de son antre et tomba nez à nez avec les personnes qu'il souhaitait le moins croiser. Chad manqua d'effectuer un demi tour mais garda la tête haute et son air suffisant.
— Fils, ta mère et moi avons parlé, commença son père agacé.
Cela promettait pour la suite, railla intérieurement le concerné en s'asseyant sur une chaise recouverte de velours carmin en toisant ses parents, le regard méprisant.
— Il est inadmissible que notre propre enfant nous traite avec si peu de respect ! tonna le sexagénaire dont le rouge commençait à monter au visage. Nous t'avons élevé et...
L'homme se tut, coupé par un geste de Chad à ces mots.
— Vous m'avez conçu, nuance, le reprit-il en claquant sa langue contre son palet pour montrer son mécontentement face à cette méprise.
— Foutaises ! Nous avons participé à ton éducation...
— ... depuis l'autre bout de la planète, le coupa Chad en prenant un malin plaisir à jouer avec les nerfs de son père
qui semblait bouillir sur place.
— ... et ce genre de comportement ne peut être toléré avec nous ! Tu vas vite redescendre sur terre, mon garçon ! tempêta son paternel tandis qu'il le dévisageait un sourire narquois aux lèvres.
Chad posa les mains sur ses cuisses, plantant son sombre regard dans celui d'un bleu décoloré de son père furibond.
— C'est un peu tard pour être présent dans ma vie, remarqua calmement l'homme d'affaires en penchant la tête d'un côté puis de l'autre pour faire craquer sa nuque. J'ai trente-quatre ans et ma vie est toute tracée grâce à mes capacités et non à votre influence.
C'était la première fois qu'il parlait aussi longtemps avec ses parents. Ces derniers voulaient recréer des liens selon leurs dires mais il savait clairement que c'était pour une toute autre raison. Ils aimaient le pouvoir et bien qu'ils possèdent une grande influence, ils en voulaient encore et encore. Un souffle dédaigneux quitta les narines de l'homme dont les yeux menaçants n'avaient pas lâché ses parents. Ils détournèrent le regard pour son plus grand plaisir et se leva finalement d'un léger bon en les invitant à passer à table.
Le repas se passa sans mal après cette remise au point et fut interrompu par quelques phrases de convenance. Même en famille on se comportait comme si les plus grands politiciens étaient autour de la table, ce qui ce soir était le cas. En effet, Chad ne perdait pas de vue que ses parents étaient toujours aussi talentueux dans leur métier même si l'alcool emportait ce talent dans les bas fonds. Tout de même, Chad savait que dans cette pièce, il n'y avait qu'un seul maître, lui.
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Le Chant du Cygne
RomanceUn tueur Une captive Une mort inévitable. *** Parmi les grands tueurs des siècles passés tels Jack l'Éventreur, Donald Harvey ou Edmund Kemper, certains y ont trouvé une source d'inspiration avec pour ambition d...