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LUNA





LUNA





MAISON DES BROWN. NEW YORK.





Le lendemain, le chant des oiseaux me réveille. C'est l'un des seuls plaisirs de la vie que mes parents me laissent, en même temps je ne suis pas sûr qu'ils puissent y faire grande chose.

Je me tourne sur le dos pour analyser les douleurs que je suis censée avoir dès mon réveil. Mon corps est tellement habitué à souffrir que j'ai développé une grande résistance à la douleur, mais comme tout le monde j'ai des limites, simplement les miennes aiment trop jouer avec les limites de la mort.

Rien ne semble cassé ou douloureux plus que la normal, je m'étire encore dans mon lit et me lève tranquillement. Je passe dans ma salle de bain pour faire ma toilette du matin et être parfaite en toute circonstance. J'enfile déjà une tenue de sport en connaissant par cœur mon emploi du temps chronométré à la seconde près par mon père.

Il ne veut tellement pas que je sois vu pas ses hommes que je dois suivre son planning strictement et ne surtout pas être en retard. Il fait aussi ça pour que je les croise le moins possible. Pour mes parents je suis la pire tare du monde, ils ne voudraient pas s'écorcher leurs beaux yeux en me voyant de bon matin et je dois dire que maintenant je mis suis habitué.

Je pousse la porte de cette petite cuisine dédiée principalement à moi, elle est juste à côté de ma chambre pour encore une fois que personne ne me voit. Parfois ça leur prend de fermer ma cuisine à clé pendant des jours voir des semaines justes pour me punir. Je pensais sincèrement qu'elle serait fermée ce matin vu mon action d'hier.

Mes parents ont la gentillesse infinie de m'acheter ce que j'aime en nourriture, ce qui je dois dire me réchauffe au moins le cœur le temps que je mange.

Je sors rapidement ce que j'aime par-dessus tout. Le Nutella. Oui, mes parents s'en moquent un peu que je mange bien simplement parce que mon corps suit et vu les heures d'entraînement que je fais par jours ils n'ont rien à me dire sur ce sujet.

Je m'apprête à prendre la première bouchée de mon repas préféré quand mon père fait une nouvelle fois irruption dans mon champ de vision, je tape mon meilleur croc en le regardant.

— Dépêche-toi de manger et va t'entraîner.

— Oui papa, dis-je la bouche pleine, mais je lui fais tout de même mon plus beau sourire, hypocrite bien sûr.

Mon père a commencé à m'entraîner à mes sept ans pour qu'un jour, je reprenne son gang puisque je suis sa seule héritière. Au début il m'entraînait mais comme je suis une femme tout était plus compliqué selon lui et surtout il ne supportait pas de passer trop de temps avec moi. Il a donc décidé que je devais m'entraîner seule. Enfin je ne sortirais sûrement jamais d'ici, donc j'ignore à quoi me servent tous ses entraînements mais ça me vide l'esprit et parfois c'est simplement ce dont j'ai besoin.

Depuis que je suis petite, je fais tout mon possible pour être la meilleure dans tout ce que je fais. Je veux que mes parents voient à quel point je me démène pour eux mais ils ne me regardent jamais, ils sont beaucoup trop dans leur monde pour s'intéresser à une petite fille qui les empêche d'avancer dans leurs vies.

LUNAOù les histoires vivent. Découvrez maintenant