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LUNA





LUNA





Mes yeux clignent doucement.

Une forte douleur prend toute ma tête sans que j'arrive à comprendre d'où elle vient vraiment. Tout mon corps paraît lourd, trop lourd comparé à d'habitude.

Je sens que mes mains sont attachées, mes yeux peinent à s'ouvrir en comprenant où je suis. Tous les détails me reviennent en tête donc je sais que je suis dans un lieu sinistre avec sac à merde.

J'essaie de les ouvrir mais sûrement qu'une partie de moi ne veut pas vraiment voir ou je suis alors j'écoute.

J'entends une goutte d'eau tomber à des secondes presque parfaitement régulières. J'entends un ventilateur tourner mais il ne fait pas froid, peut-être un chauffage. Je sens la lumière forte s'écraser sur mon visage, donc il y a sûrement des personnes avec moi dans cette pièce. L'odeur d'humidité est omniprésente dans la pièce, mon odorat est très aiguisé pour faire oublier à mon cerveau l'odeur qui est progressivement en train de m'imprégner.

— Bienvenue en enfer salope.

— Il... Va vraiment falloir arrêter de... Toujours m'insulter.

— Ce n'est pas une insulte, tu es vraiment une salope qui se fait passer dessus par tout le monde et tu ne récupères pas d'argent. Je crois que c'est même la définition parfaite du mot salope.

J'ouvre mes yeux, la lumière m'agresse directement mais ce qui me répugne c'est l'homme qui est assis en face de moi.

Je reconnais facilement Nathan l'homme qui nous a parlé et qui nous a amenés ici. Il est assis sur une chaise devant la porte de sortie, nous sommes que tous les deux dans cette pièce à nous regarder dans le blanc des yeux.

— C'est ta mère la salope.

Un sourire se dessine sur ses lèvres, il porte encore sa cagoule, signe de sa grande confiance en lui. S'il veut me tuer, il montrerait son visage, en réalité c'est un grand manque de confiance en lui, il sait que je vais sortir.

Je regarde la pièce simplement avec mes yeux, mes mains sont menottées derrière le dos de ma chaise, mes jambes sont accrochées avec des cordes pas très épaisses. Aucune fenêtre, un grand poteau à ma droite et une porte de sortie devant mes yeux.

Je tourne ma tête derrière moi. Lukas est dans la même position que moi mais il est encore inconscient.

Sur un malentendu, son cerveau pense que c'est une nuit donc il n'est pas près de se réveiller le gars.

Je bouge mes doigts pour sentir les siens, en les tirant le plus possible j'arrive à le toucher. Mes frissons viennent directement en comprenant que je ne suis pas séparée de lui pendant ce moment que je qualifierais de merdique.

Son dos se lève avec ses respirations, il respire.

Le voir dans cet état me brise, je ne sais pas pourquoi je ressens ce sentiment pour lui mais en temps normal c'est lui le plus fort, jamais il ne devrait être attaché à une chaise comme ça.

LUNAOù les histoires vivent. Découvrez maintenant