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LUNA







LUNA







MIAMI, 31 JUILLET 12H43.







Je lis et relis une toute dernière fois.

Si je ne le fais pas, lui ne le fera pas.

Il a peur ? J'ai peur !

Un de nous deux doit prendre son courage à deux mains et faire le premier pas.

Pour une fois, ça va être moi la courageuse.

Mon index tremble, pas de drogue, pas d'alcool, mais de peur.

Notre histoire n'aurait jamais pu finir dans le calme et la tendresse. Je le déteste comme je n'ai jamais détesté de ma vie. Je le hais du plus profond de mon cœur.

Mais...

Pour détester une personne, il faut avoir de l'amour.

Je le hais de me faire l'aimer aussi fort.

J'appuie.

Mail envoyé.

Je suis sortie de l'hôpital depuis quelques jours, je me suis réveillée après deux jours de sommeil intense, mais ils voulaient me garder en observation comme les deux autres fois. À mon réveil, j'allais mieux, je n'ai pas fait de cauchemar, j'ai l'impression d'avoir récupéré tout mon sommeil en retard. Horia est restée avec moi ces deux jours, elle a veillé sur moi, dormie avec moi.

J'ai rêvé de lui, j'ai rêvé qu'il était avec moi, qu'on dormait dans le même lit, lui qui me protège de ses bras et moi je dormais paisiblement en sachant que rien ne pouvait m'arriver avec lui pour me protéger.

Comment vous dire que le réveil a été très dur, y avait qu'Horia pour moi, elle n'a pas compris pourquoi dès mon réveil je pleurais toutes mes larmes, mais comme depuis quelque temps, elle ne m'a pas posé de questions.

J'aurais aimé que ce ne soit pas un simple rêve, qu'il soit vraiment avec moi.

Je le déteste, mais en même temps je l'aime, ce fichu mec m'a complètement détruite. Quand je pleure de son manque, je me rappelle qu'il est avec Maria et tout de suite une haine prend le dessus sur mon esprit.

Quel tocard de sortir avec cette salope de merde que je hais elle aussi.

Elle a dû lui sauter dessus dès la première seconde cette grosse salope.

Allez, Luna, on souffle. On prend de l'air, on la fait entrer dans ses poumons et on la sort doucement !  

— Tu fais du yoga toi maintenant ?

J'ouvre mon œil droit pour la regarder, sans m'en rendre compte j'avais pincé mes deux pouces avec mes index.

— Je dois le faire pour ne pas aller tuer una putain !

— Tu parles italien, ce n'est pas bon pour elle, rigole-t-elle.

Je ne parle qu'italien quand je suis énervée, c'est quelque chose de nouveau chez moi, mais je le prends bien, enfin je l'accepte quoi. Cette langue a été la mienne pendant un an, on va dire qu'il m'a laissé ça aussi comme souvenir. Mal parlé, mais dans sa langue.

Je la parle aussi quand on me drague, comme ça ils se sentent cons et moi je fais la fille stupide comme mon père me la apprit. Oui, je ne suis pas prête, mais alors vraiment pas à de nouveau essayer une relation, si j'envoie les papiers c'est simplement pour le libérer, pour qu'il soit libre d'épouser sa salope de service, et on souffle...

LUNAOù les histoires vivent. Découvrez maintenant