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LUNA





LUKAS





Je me réveille en sursaut.

La voix de ma femme me parvient comme une décharge électrique dans tout mon corps et mon esprit.

Cette voix enfantine que j'aurais dû connaitre par cœur.

Que j'aurais dû protéger et sauver de ses enfers.

J'essaie de comprendre ou je me trouve pendant que sa voix rentre dans mon crâne pour y laisser des traces invisibles mais indélébile.

Sa petite voix fine et terrifiée me retourne le crâne comme personne n'aurait pu le faire.

Elle ne semble pas apeurée, presque habituée à cette torture ce qui me terrifie complètement.

Je n'arrive pas à lui donner un âge mais elle porte une petite voix faible et féminine.

Aujourd'hui sa voix est remplie de rage et de ressentiment pour le monde entier.

Je torture aussi avec des enregistrements.

On m'a déjà torturé avec.

Mais, entendre sa femme hurler de douleur parce qu'elle subit un viol, c'est quand même un autre niveau.

Un niveau que personne ne devrait connaître.

Vous me direz que je suis un fils de pute de m'être endormi.

Je dirais que je suis intelligent.

Ma femme a déjà été violée, elle voudra que je sois en forme pour ce qui nous attend.

Je n'ai pas la notion du temps.

Je ne sais pas depuis combien de temps je suis ici.

Ni depuis combien de temps j'entends ma femme.

Mais assez de temps pour que la grande tache de sang soit entièrement imbibée dans la moquette crème de cette chambre.

Je n'ai plus de garde en face de moi ce qui me confirme que j'ai vraiment bien dormi.

— Relève ton bassin, râle l'homme.

Les froissements des draps m'indiquent qu'elle obéit au lieu de lui arracher la bite ou le cœur.

J'entends les gémissements de l'homme qui viole ma femme, encore et encore.

Lui qui me disait qu'il n'avait pas le choix, prenait sans surprise autant de bonheur que pendant une vraie relation consentie avec une adulte.

Sans une putain de pause j'entends ses souffles.

J'ai envie de m'arracher les oreilles, le cerveau, le cœur pour ne plus jamais entendre ses souffles de pédophile sur mon cœur.

J'avais les grosses lignes de ses viols mais là j'en ai une image plus que claire, une image que je ne voulais pas lui voler.

Je ne veux pas lui dire ce que j'entends.

LUNAOù les histoires vivent. Découvrez maintenant