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LUNA





LUNA





Ça fait déjà trois jours que je suis arrivée dans cette prison de merde. Mes journées se résument à manger, dormir et prendre ma douche devant deux hommes que je ne connais pas.

Je m'attendais tout de même à ce que les gardiens soient plus agressifs, voire violents, mais ils sont assez respectueux, pour être honnête.

Je ne connais toujours pas le nom de celui avec le tatouage, mais je m'en fous toujours autant. Depuis que je suis rentrée, c'est Tomas qui vient me chercher en cellule et c'est aussi lui qui me fait les fouilles.

Je n'ai pas parlé depuis que je suis arrivée dans cet enfer. Je suis un robot, comme la société le voudrait, alors personne ne vient me faire chier.

Je pense à Lukas, je m'étais dit qu'il viendrait me chercher mais depuis trois jours je l'attends avec une angoisse qui me prend tout le corps.

Je suis allongée dans mon lit depuis le début de la journée. Mon dos est tellement habitué à dormir sur un balcon dur que finalement, ce matelas n'est pas si mal.

Je pensais craquer à un moment et pleurer comme la fillette que je suis, mais rien du tout. Je suis tellement dans mon rôle de fantôme que même mes émotions sont parties, et c'est le mieux que je pouvais espérer, finalement.

Ma porte s'ouvre, c'est donc l'heure de la promenade.

Pendant cette promenade, toutes les femmes sont réunies, ce qui réunit énormément de monde. Je me lève de mon lit, je mets mes mains dans mes poches de jogging et je suis le mouvement des autres détenues.

Certaines viennent me parler pour savoir qui je suis et la raison de mon incarcération, mais encore une fois, je fixe un point en face de moi et j'oublie leur présence. Plus les jours avancent et moins de femmes viennent me parler. Certaines se sont énervées de me voir aussi peu respectueuse en leurs présences, mais je m'en fous complètement.

Une a tellement mal pris que je ne réagissais pas qu'elle a essayé de me mettre une droite. C'était hier. J'ai été plus rapide, alors je lui ai tordu le coude pour contrer son attaque même avec ma main droite dans un bandage pour mon entorse. Résultat, elle est à l'infirmerie et quand elle va revenir, je vais devoir être encore plus sur mes gardes. Ses copines m'ont menacé de mort tellement de fois que j'ai arrêté de compter.

Nous traversons le couloir pour enfin sortir dehors. Il fait beau et chaud, et heureusement parce que je ne suis pas prête à passer l'hiver ici personnellement.

La cour des hommes et des femmes est juste en face l'une de l'autre. Elles sont séparées par un long chemin que nous devons prendre pour aller dans la nôtre. Nous sommes complètement enfermés par des grilles et du barbelé.

Je marche en regardant le sol.

Les hommes sont déjà dans leur cour, vu les bruits d'animaux que j'entends. Certaines femmes, pour ne pas dire pratiquement toutes, gloussent en les entendant. Je trouve ça humiliant de se comporter comme des chiens en rut.

Je rentre dans ma cour et me mets à ma place qui se trouve au fond, en face de celle des hommes. Plus je suis éloignée d'eux et mieux je me porterai.

LUNAOù les histoires vivent. Découvrez maintenant